Projet du minerai «Dasa»: L’Algérie sollicitée pour exporter l’uranium du Niger

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L’Algérie figure désormais parmi les options envisagées pour l’exportation d’uranium depuis le projet « Dasa » au Niger. Cette évolution survient parallèlement à l’approbation, par la Société américaine de financement du développement international (DFC), d’une facilité de crédit pouvant atteindre 414,2 millions de dollars au profit de la compagnie canadienne « Global Atomic ».

Une telle opportunité pourrait ouvrir à l’Algérie la possibilité de participer à la chaîne d’approvisionnement d’un minerai stratégique à travers des services de transit et de transport. Selon l’agence de presse britannique « Reuters », la société explore des itinéraires alternatifs pour exporter sa production, notamment une voie vers le nord traversant l’Algérie et le Sahara, en raison de l’augmentation des risques sur les corridors menant à la côte et de l’amélioration des relations algéro-nigériennes. Les informations publiées ne font toutefois état d’aucun accord de transit formel ni du choix d’un port algérien précis. L’intérêt de l’option algérienne réside dans le lien direct entre la chaîne logistique de transport et le déblocage effectif des financements. Selon les annonces de l’entreprise datées du 16 septembre, l’accès à cette facilité de crédit reste conditionné par plusieurs exigences : l’établissement d’un itinéraire viable pour l’exportation des concentrés d’uranium, la prolongation de la convention minière et du permis d’exploitation en adéquation avec la durée du prêt, ainsi que la finalisation des arrangements gouvernementaux et contractuels liés au crédit et à son remboursement. Ainsi, l’accord du conseil d’administration de l’institution américaine ne signifie pas un déboursement immédiat des fonds ni la clôture définitive du dossier de financement. Cette conditionnalité fait du corridor d’exportation un élément central de la bancabilité du projet, et non un simple service annexe post-production. Le prêteur exige un itinéraire sécurisé garantissant la livraison du minerai et la conversion des ventes en flux de trésorerie pour rembourser la dette, tandis que la compagnie doit évaluer les coûts de fret, d’assurance et les délais de livraison avant de finaliser ses accords commerciaux. Le gisement de « Dasa » est situé à 105 kilomètres au sud de la ville d’Arlit, au sein de la zone de permis « Adrar Emoles 3 ». Découvert en 2010, le projet a obtenu son permis d’exploitation minière en décembre 2020, avant le lancement des travaux de développement souterrain en novembre 2022, conformément au calendrier officiel de l’entreprise. Global Atomic vise un démarrage de la production commerciale au cours du second semestre 2028. Le PDG de la société, Stephen Roman, a précisé lors de l’annonce du financement que les accords d’enlèvement (offtake agreements) déjà signés couvrent environ 11 % du plan minier actuel, et que le développement souterrain a désormais atteint la zone minéralisée. Ces chiffres concernent la production future et ne représentent en aucun cas des exportations effectives à ce jour. Sur le plan opérationnel, les données relatives au premier semestre 2026 indiquent que les travaux de terrassement pour la première phase de l’usine de traitement ont dépassé un taux de réalisation de 95 %. L’entreprise avait auparavant emprunté un itinéraire acheminant les fournitures du projet depuis le port de Lomé au Togo via le Burkina Faso, ce qui illustre l’importance de la diversification des voies terrestres pour assurer la continuité des travaux d’aménagement et d’exploitation. Cet itinéraire concerne toutefois l’approvisionnement du chantier et ne préjuge pas du circuit qui sera retenu pour l’exportation future de l’uranium. Pour l’Algérie, l’opportunité économique potentielle réside dans la fourniture de prestations logistiques à un projet nécessitant un accès régulier vers l’extérieur. Si le parcours septentrional est définitivement retenu et formalisé, une demande pourra émerger dans les domaines du transport routier, de la manutention, des services portuaires et du transit international, selon la répartition des contrats entre les opérateurs.Amel Driss

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