Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a annoncé, dimanche à Alger, l’ouverture, dès septembre prochain, de plusieurs chantiers de réforme destinés à moderniser le dispositif national d’inspection du travail et à améliorer les conditions d’exercice de ses agents.
Cette annonce a été faite à l’occasion de l’ouverture de la rencontre nationale d’évaluation des services de l’Inspection générale du travail, organisée à la salle des conférences de Ben Aknoun. La rencontre s’est déroulée en présence des cadres de l’administration centrale et des inspecteurs régionaux du travail. Les inspecteurs du travail des différentes wilayas ont également participé aux travaux par visioconférence. Dans son intervention, le ministre a salué les efforts déployés sur le terrain par les inspecteurs du travail, estimant que le bilan enregistré témoignait d’une dynamique importante au sein de ce dispositif. Les services de l’Inspection du travail ont réalisé 231 296 visites de contrôle en 2025 et 125 839 autres au cours du premier semestre de 2026, soit un total de 357 135 interventions en 18 mois. Les opérations effectuées en 2025 ont concerné plus de quatre millions de travailleurs dans les différents secteurs économiques. Celles menées durant les six premiers mois de 2026 ont touché plus de 1,9 million de salariés. Pour le ministre, ce bilan traduit la volonté des services concernés de veiller à l’application de la législation du travail, tout en assurant un accompagnement régulier des entreprises économiques. Il a également relevé que le recul du nombre d’infractions et l’amélioration du niveau de conformité aux lois et aux réglementations en vigueur confirmaient les résultats obtenus grâce aux actions de contrôle, de sensibilisation et d’accompagnement. M. Saihi a souligné que l’inspecteur du travail ne devait pas être perçu uniquement comme un agent chargé du contrôle et de la répression des infractions. Il constitue également un partenaire et un accompagnateur de l’entreprise économique, assumant un rôle essentiel dans l’orientation, le conseil et l’explication des dispositions légales et réglementaires. Cette mission doit reposer sur le principe de la bonne foi, afin d’améliorer le niveau de conformité à la législation et de surmonter les difficultés rencontrées par les entreprises dans la compréhension ou l’application des textes juridiques. Le ministre a insisté sur la place centrale de la santé et de la sécurité professionnelles dans l’activité de l’Inspection du travail. Il a appelé à instaurer une véritable culture de la prévention au sein des entreprises afin de réduire les accidents du travail. Près de 80 % de l’activité des inspecteurs du travail devrait ainsi être orientée vers l’information, l’accompagnement et la sensibilisation en matière de prévention, de santé et de sécurité professionnelles, avant le recours aux procédures répressives. M. Saihi a relevé que la dynamique économique enregistrée par l’Algérie, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des travaux publics et de l’industrie, imposait l’adoption d’une nouvelle approche fondée sur l’accompagnement et l’orientation. Cette démarche doit également accorder une place importante à l’explication des dispositions légales et réglementaires, afin de garantir à la fois la protection des droits des travailleurs et l’accompagnement des entreprises économiques. Le ministre a appelé à mettre en place des tableaux de bord et des indicateurs de performance précis pour mesurer l’efficacité des interventions des inspecteurs du travail. Les programmes menés sur le terrain devront être associés à des objectifs clairs, mesurables et évaluables, de manière à améliorer les performances des services de l’inspection et à atteindre les résultats attendus. Concernant les conditions d’exercice de la profession, M. Saihi a indiqué que le ministère œuvrait au renforcement des moyens mis à la disposition des inspecteurs du travail. Cette démarche prévoit la généralisation de la numérisation, l’adoption d’une politique de formation continue davantage axée sur les aspects pratiques et l’amélioration des conditions de travail. Elle comprend aussi la mise à la disposition des inspecteurs des équipements de prévention et de protection nécessaires à l’accomplissement de leurs missions sur le terrain. Le ministre a annoncé, dans ce cadre, l’ouverture de chantiers de réforme à partir de septembre prochain. Ceux-ci porteront notamment sur la révision du cadre réglementaire applicable aux inspecteurs régionaux du travail. Cette révision devra consacrer les principes d’équité et d’égalité des chances. Elle sera accompagnée d’une révision du statut particulier des inspecteurs du travail, afin de l’adapter aux exigences actuelles et de contribuer à l’amélioration du service public. M. Saihi a, par ailleurs, expliqué que les transformations économiques enregistrées dans le pays exigeaient une actualisation permanente des connaissances et des compétences des inspecteurs du travail. Un programme national intensif de formation sera ainsi élaboré en coordination avec les établissements relevant du secteur, notamment l’École supérieure de la Sécurité sociale et l’Institut national du travail. Ce programme doit permettre de renforcer les connaissances pratiques des inspecteurs, de favoriser les échanges d’expertises et de promouvoir l’ouverture sur les expériences nationales et internationales. Dans le cadre du renforcement de la coopération internationale, le ministre a également annoncé le lancement, à partir du 15 septembre 2026, d’un programme de formation destiné aux inspecteurs du travail de la République fédérale du Nigeria. Cette initiative vise à valoriser l’expérience algérienne dans le domaine de l’inspection du travail et à renforcer la coopération avec les pays partenaires. Le ministre a demandé que le programme pédagogique de cette formation soit élaboré dans les meilleurs délais. Les enseignements pourront être dispensés en présentiel ou à distance par visioconférence. À l’issue de son intervention, M. Saihi a affirmé que la prochaine étape devait être marquée par la poursuite de la dynamique engagée au sein de l’Inspection du travail et par le renforcement de son rôle dans l’accompagnement des entreprises économiques. Il a également insisté sur l’amélioration des conditions de travail, la promotion de la prévention et la contribution de l’inspection au développement économique et social du pays. Lors de cette rencontre, l’inspecteur général du travail a présenté le bilan d’activité de l’Inspection générale du travail pour l’année 2025 et le premier semestre de 2026. L’exposé a porté sur les différents indicateurs relatifs aux opérations de contrôle, à l’application de la législation du travail, à la promotion de la santé et de la sécurité professionnelles ainsi qu’aux activités d’information et de sensibilisation. Durant le premier semestre de 2026, les opérations de contrôle ont donné lieu à l’établissement de 23 366 procès-verbaux d’infraction. Les services de l’Inspection du travail ont également adressé 70 195 mises en demeure et enregistré 19 214 observations écrites pendant cette même période. Dans le domaine de la santé et de la sécurité professionnelle, 529 mises en demeure ont été adressées et 460 procès-verbaux d’infraction ont été établis durant l’année 2025. Au cours des cinq premiers mois de 2026, les services concernés ont adressé 294 mises en demeure et dressé 330 procès-verbaux d’infraction dans ce domaine. Le secteur du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale poursuit ainsi la mise en œuvre de son programme de modernisation du dispositif d’inspection du travail. Ce programme vise à renforcer le rôle de l’inspection dans l’accompagnement des entreprises économiques, la promotion de la prévention et l’amélioration des conditions de travail. Cette démarche traduit également la volonté de l’État de protéger les travailleurs, de développer les performances des entreprises et de valoriser la ressource humaine, considérée comme un pilier essentiel de la construction d’une économie forte et durable.
Yasmine Derbal






