Enfants: Ces boissons augmenteraient de 52% le risque d’hypertension

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Plus de 25 000 personnes suivies depuis l’enfance pendant près d’un quart de siècle : cette vaste étude révèle comment une habitude quotidienne apparemment anodine pourrait favoriser un trouble longtemps considéré comme une affaire d’adultes.

Les habitudes que votre enfant prend aujourd’hui pourraient-elles encore peser sur sa santé dans 20 ou 30 ans ? L’hypertension touche déjà 1,4 milliard d’adultes âgés de 30 à 79 ans, soit près d’une personne sur trois dans le monde, selon l’OMS. Une vaste étude publiée dans la revue Circulation met en lumière un comportement très courant pendant l’enfance qui pourrait augmenter le risque de développer ce trouble à l’âge adulte.

Une habitude quotidienne passée au crible pendant 25 ans

Les chercheurs ont analysé les données de 25 749 Américains, recrutés entre 9 et 16 ans, puis suivis pendant une durée pouvant atteindre 25 ans. Tous les un à quatre ans, les participants indiquaient notamment leur consommation de sodas, limonades, boissons énergétiques, jus de fruits et fruits entiers. Au terme du suivi, leur âge médian atteignait 36 ans et 1 625 participants avaient déclaré avoir reçu un diagnostic d’hypertension. Les habitudes observées depuis l’enfance semblent faire une nette différence. Les personnes consommant au moins deux portions de boissons sucrées par jour présentaient un risque d’hypertension 52 % plus élevé que celles qui en buvaient moins de trois par semaine. Une portion correspondait ici à une canette ou à un verre de 355 millilitres. Dans le détail, chaque portion quotidienne de soda était associée à une hausse du risque de 23 %. Pour les boissons énergétiques ou destinées aux sportifs, l’augmentation atteignait 36 %. « Les habitudes alimentaires prises tôt dans la vie peuvent avoir des conséquences durables sur la santé », souligne Vasanti Malik, auteure principale de l’étude.

Le jus de fruits n’est pas épargné

Plus surprenant, les jus de fruits ne paraissent pas aussi inoffensifs qu’on pourrait le croire. Les participants qui en consommaient au moins un verre et demi par jour affichaient un risque d’hypertension 35 % supérieur à ceux qui en buvaient moins d’un par semaine. Cette question est d’autant plus importante que l’hypertension ne concerne plus uniquement les adultes. Selon une vaste analyse internationale publiée dans The Lancet Child & Adolescent Health, sa prévalence chez les enfants et les adolescents aurait presque doublé en 20 ans, passant de 3,4 % en 2000 à 6,53 % en 2020 chez les garçons et de 3,02 % à 5,82 % chez les filles. Environ 114 millions de jeunes seraient aujourd’hui concernés dans le monde. Ces résultats rejoignent ceux d’une précédente méta-analyse publiée en 2020 dans le Journal of Translational Medicine : les enfants et adolescents qui consommaient le plus de boissons sucrées présentaient un risque d’hypertension accru de 36 % par rapport aux plus faibles consommateurs.

Croquer un fruit ferait toute la différence

Ce n’est donc pas la quantité totale de fructose qui semble la plus déterminante, mais l’aliment dans lequel il est consommé. Contrairement aux sodas et aux jus, les fruits entiers n’étaient pas associés à une hausse du risque.  Pour le Dr Amit Khera, expert de l’American Heart Association, ces résultats corrigent une double idée reçue : le fructose ne serait pas systématiquement mauvais, tandis que le jus de fruits ne serait pas nécessairement bénéfique. « Les boissons sucrées et les jus de fruits sont associés à un risque accru, contrairement aux fruits entiers », résume-t-il. Selon les simulations des chercheurs, remplacer chaque jour une boisson sucrée par un fruit entier était associé à un risque d’hypertension inférieur de 22 %. Remplacer un jus par un fruit entier réduisait ce risque de 19 %. Une différence qui pourrait notamment s’expliquer par les fibres du fruit, lesquelles ralentissent l’absorption des sucres et favorisent la satiété. Le message n’est donc pas d’interdire définitivement le jus, mais d’éviter d’en faire une boisson quotidienne à volonté. Même lorsqu’il est « 100 % pur jus », il devrait rester occasionnel et ne pas remplacer le fruit entier.

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