Il y a des matchs qui appartiennent à l’histoire, celui face à la Suisse prévu ce matin, (4h heure algérienne), pourrait en faire partie.
L’équipe nationale a déjà disputé un 1/8e de finale de la Coupe du monde en 2014 au Brésil, sous l’ancienne formule à 32 équipes. Avec 48 sélections, il faut à présent passer par la case des 1/16e de finale. Un match supplémentaire qu’il faudra bien négocier si on veut aller loin dans la compétition. Il est du coup essentiel de savoir la gérer par étape. Une fois la phase des poules franchie, c’est un nouveau tournoi qui s’ouvre plus décisif à élimination directe où le vaincu n’a pas le droit au rattrapage. Des illustres nations de football ont déjà quitté la scène, la tête basse, à l’image de l’Allemagne et des Pays-Bas, au moment où le Brésil a dû s’employer pour écarter le Japon de son chemin. Une victoire acquise lors des dernières minutes qui reflète bien le nivellement des valeurs. Il n’y a pas une hiérarchie établie dans la mesure où tout le monde peut battre tout le monde. Seule la France survole la compétition jusqu’à présent et s’érige comme le principal favori pour s’adjuger le trophée. « Une supériorité qui devient obscène », a titré Marca au lendemain du récital des Bleus face à la Suède. « Effrayant », pour Zlatan Ibrahimovic impressionné par la domination des camarades de Mbappé. Les Français possèdent sans doute la meilleure attaque de leur histoire. Mais en Coupe du monde, on ne sait jamais. L’histoire nous a appris que les meilleurs ne gagnent pas toujours.
Sinon, tout le monde à un bon coup à jouer, à commencer par les Verts dont la mission face à la Suisse s’annonce compliquée, mais dans un grand jour et avec un peu de chance, ils peuvent se qualifier au prochain tour. On n’ira pas jusqu’à dire que les Algériens sont favoris, mais c’est jouable. En tout cas, Petkovic connaît parfaitement l’adversaire pour l’avoir dirigé pendant de longues années. C’est un atout non négligeable, à condition toutefois de savoir gommer les erreurs commises en défense lors de la phase des poules. Les Verts ont laissé trop d’espaces à leurs adversaires, il va falloir serrer les rangs et faire preuve de plus de rigueur en étant plus concentré et plus solidaires. Faut-il changer le onze pour autant ? Cela peut s’avérer risqué, comme on a pu le constater avec la titularisation de Benbot dans les bois contre l’Autriche. Il serait plus judicieux de renouveler sa confiance au noyau de l’équipe tout en apportant quelques modifications en fonction de l’adversaire et de la forme des uns et des autres.
Les Suisses, pour leur part, se méfient des Algériens et ne vont nullement les sous-estimer. « L’Algérie est un adversaire très intéressant avec beaucoup de qualités individuelles. Elle possède plusieurs joueurs capables de faire la différence sur une seule inspiration. Mon équipe devra réaliser une prestation de très haut niveau pour espérer franchir cet obstacle », a souligné le coach helvète, Murat Yakin, qui a pris le soin avec ses collaborateurs de bien étudier le jeu des Algériens. Sans être flamboyante, la Nati est néanmoins une équipe solide, homogène et disciplinée avec des joueurs expérimentés. Elle compte sur son collectif pour faire la différence.
Du côté algérien, on attend beaucoup des individualités, mais pas que. Il va falloir aussi monter le curseur pour se mettre à la hauteur de l’événement. D’autant que c’est un rendez-vous exceptionnel qui pourrait ne pas se répéter. La balle est dans le camp de Mahrez et consorts.
Ali Nezlioui






