Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève: L’Algérie porte la voix des victimes des mines antipersonnel

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L’Algérie a organisé, dans le cadre de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, un événement parallèle consacré au « rôle du Conseil des droits de l’Homme dans le renforcement du soutien aux victimes des mines antipersonnel », réaffirmant son engagement en faveur de la prise en charge des victimes et de la sensibilisation aux conséquences humanitaires de ce fléau.

Cette rencontre a été organisée conjointement par l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, l’Autriche, le Mozambique, le Vanuatu, l’Azerbaïdjan, le Pérou, le Liban et la Croatie, avec la participation de plusieurs organisations internationales actives dans le domaine de la lutte contre les mines et de l’assistance aux victimes. Ont notamment pris part à cet événement le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le Service de la lutte antimines des Nations unies (UNMAS) et l’Unité d’appui à l’application de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, ainsi que plusieurs organisations non gouvernementales, dont la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel, le Centre international de déminage humanitaire de Genève (CIDHG) et l’organisation « Global Rights Compliance ». La tenue de cette rencontre coïncide avec la présentation, par le HCDH, d’un rapport consacré aux effets des mines antipersonnel sur la pleine jouissance des droits de l’Homme, conformément à la résolution 58/22 du Conseil des droits de l’Homme, initiée par l’Algérie et adoptée à l’unanimité lors de la 58e session du Conseil. L’événement a été ouvert par le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Idris Latreche, qui a mis en avant « le rôle pionnier de l’Algérie, pays ayant souffert de millions de mines héritées de la période coloniale ». Le diplomate a également souligné les efforts déployés par l’Algérie en faveur de l’accompagnement des victimes et de leurs familles, estimant que le processus de libération des mines « ne se limite pas à l’élimination de la dernière mine, mais s’étend à la garantie d’un soutien global et durable aux victimes et à leur pleine réinsertion dans la société ». M. Latreche a également rappelé les efforts constants de l’Algérie dans les différents forums internationaux afin de sensibiliser aux risques humanitaires liés aux mines antipersonnel et d’appeler au renforcement de la solidarité internationale en faveur des victimes. Les participants à cette rencontre ont échangé leurs points de vue sur les moyens de renforcer l’intégration des droits des victimes des mines dans les travaux du Conseil des droits de l’Homme. Ils ont insisté sur la nécessité de placer les victimes au centre des préoccupations de la communauté internationale et au cœur des programmes nationaux et internationaux de lutte contre les mines, soulignant que les conséquences des mines antipersonnel ne se limitent pas aux préjudices physiques. Selon les intervenants, leurs effets s’étendent à un large éventail de droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à l’éducation, à l’alimentation et à la liberté de circulation, sans compter leur impact négatif sur le développement durable des communautés touchées. Cet événement constitue un nouveau jalon dans les efforts soutenus de l’Algérie visant à sensibiliser la communauté internationale aux dimensions humanitaires des mines antipersonnel, à mobiliser le soutien nécessaire en faveur des victimes et à promouvoir une approche globale plaçant l’être humain et sa dignité au cœur de l’action internationale de lutte contre les mines. Dans le cadre du dialogue interactif organisé à l’issue de la présentation du rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme sur les effets des mines antipersonnel sur les droits humains, l’Algérie a également réaffirmé que son approche de ce dossier repose sur une expérience nationale douloureuse. Intervenant devant le Conseil des droits de l’Homme, l’ambassadeur Idris Latreche a souligné que les conséquences des mines antipersonnel laissées par le colonisateur français demeurent visibles jusqu’à ce jour. « Les conséquences de ces mines ne se limitent pas aux pertes humaines directes, mais s’étendent à un large éventail de droits fondamentaux, notamment le droit à la vie, à la santé, au développement et à la liberté de circulation », a-t-il déclaré. L’Algérie a, à cette occasion, regretté que le rapport du HCDH n’ait pas accordé une place plus importante aux effets persistants des mines héritées de la période coloniale, dont les conséquences continuent d’affecter le présent et l’avenir des peuples. Le représentant permanent de l’Algérie a rappelé que le pays a hérité, après l’indépendance, de près de 11 millions de mines antipersonnel posées par le colonisateur français le long des frontières Est et Ouest. Il a souligné que, malgré le succès de l’Algérie dans le déminage de son territoire grâce aux efforts de ses enfants et à ses propres moyens nationaux, les séquelles de cet héritage colonial demeurent encore perceptibles à travers les souffrances des survivants. Au cours de cette séance, M. Latreche a lu une déclaration conjointe au nom de la Croatie, du Mozambique, du Pérou, de l’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, du Vanuatu ainsi que de 70 autres États, consacrée aux effets des mines antipersonnel sur les droits de l’Homme. Le diplomate a enfin souligné l’importance de veiller à ce que les droits et les besoins des victimes ainsi que ceux des communautés affectées demeurent au cœur des efforts internationaux, appelant à un renouvellement de l’engagement politique, notamment à travers l’adhésion universelle aux mécanismes internationaux pertinents, à l’instar de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel.

Rym Hamzaoui

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