Rapport de l’IEEE – Défense espagnole: Rome, grande gagnante du froid diplomatique entre Madrid et Alger

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Selon le ministère espagnol de la Défense, l’Italie a été le principal bénéficiaire de la crise diplomatique engendrée par le virage inattendu du gouvernement espagnol mené par le Premier ministre, Pedro Sánchez en 2022 concernant le conflit du Sahara occidental, lui permettant ainsi de renforcer son partenariat stratégique avec l’Algérie.

C’est ce qui ressort du rapport « Perspectives stratégiques 2026 » publié par l’Institut d’études stratégiques (IEEE), relevant du ministère espagnol de la Défense, paru hier mardi. Ce rapport, élaboré par des experts du domaine, consacre un chapitre à la rivalité algéro-marocaine dans le Maghreb et confirme que le plus grand bénéficiaire du gel des relations entre l’Espagne et l’Algérie a été l’Italie sous le gouvernement de Giorgia Meloni. D’après le même document, l’Espagne n’a pas été la seule perdante après son recul sur la question de la décolonisation du Sahara occidental, la France a également subi de lourdes pertes dans ses relations avec l’Algérie après avoir reconnu, en 2024, la « souveraineté » du Maroc sur ce territoire non autonome selon le droit international. La position de la France, membre du Conseil de sécurité de l’ONU, a poussé l’Algérie à réagir rapidement au cours de l’été 2024, d’abord en rappelant son ambassadeur, puis en imposant des restrictions sur le commerce et les investissements bilatéraux. Le rapport souligne qu’au sein de l’Union européenne, l’Italie a habilement tiré parti des luttes d’influence entre les deux pôles du Maghreb. Giorgia Meloni a exploité l’éloignement croissant entre Madrid et Alger pour sécuriser rapidement une position privilégiée dans l’approvisionnement en gaz algérien. L’Italie est aujourd’hui le premier importateur de gaz algérien en Europe, suivie par l’Espagne. Selon Miguel Hernando de Larramendi, auteur du chapitre 6 consacré au Maghreb, le gouvernement socialiste espagnol a réussi l’année dernière à inverser cette tendance. La visite de José Manuel Albares à Alger en mars dernier a été suivie par celle du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en juillet dernier. Il ajoute que la rencontre entre Sánchez et le président Abdelmadjid Tebboune a marqué un tournant décisif dans les relations, précisant que les deux dirigeants se rencontreront à nouveau le mois prochain à Madrid. Cependant, dix jours après la visite de Sánchez à Alger, soit le 30 juillet, des dizaines de milliers de migrants venus du Maroc ont afflué vers l’enclave espagnole de Ceuta. Un rapport des services de renseignement militaires espagnols, publié le jour même, a reconnu la possibilité d’un lien entre ces événements et le déplacement de Pedro Sánchez en Algérie. Le rapport de l’IEEE indique également que le Maroc utilise la provocation de crises diplomatiques avec ses partenaires traditionnels comme un « moyen de pression » pour atteindre des « objectifs politiques ». Et de conclure : « Il reste donc à voir comment Rabat réagira à la visite du président Abdelmadjid Tebboune à Madrid en octobre prochain. »

Chantage du Makhzen sur Ceuta en réponse au rapprochement hispano-algérien

Le rapport des services de renseignement et de défense espagnols met en lumière les dimensions de représailles de la politique marocaine. Il indique que l’incursion collective et le débarquement massif de près de 70 000 migrants vers la ville occupée de Ceuta, à la fin du mois de juillet 2026, ont été directement orchestrés par les services de Rabat en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie et à la reprise du dialogue économique avec le président Abdelmadjid Tebboune. Le rapport confirme que le recours récurrent du régime marocain à l’utilisation des migrants comme moyen de chantage et de pression politique comme ce fut le cas en 2021, met à nu la fonction subversive du Makhzen. Cela prouve aux capitales européennes que leur dépendance envers Rabat ne génère que de l’instabilité et un chantage permanent.

Le projet TSGP emporte la bataille face aux illusions marocaines

Le rapport consacre une analyse détaillée au décryptage de la rivalité régionale autour des voies de transport du gaz africain vers l’Europe, confirmant que le projet algérien du Gazoduc Transsaharien (TSGP), passant par le Nigeria et le Niger, constitue la seule voie pratique et réaliste pour l’acheminement de l’énergie. En revanche, les observateurs qualifient le projet chimérique de gazoduc atlantique, promu par le régime du Makhzen depuis 2016 à travers 11 pays éloignés de simple propagande politique fragile. Son objectif principal est de légitimer l’occupation du Sahara occidental, sans disposer des moindres capacités techniques ou financières réelles pour sa concrétisation sur le terrain.

Meryam M.

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