L’Algérie, qui assure la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour le mois d’août, a dirigé la réunion consultative annuelle consacrée au renforcement de la coordination entre les mécanismes africains de gouvernance, de démocratie, de droits de l’Homme, de paix et de sécurité.
Cette rencontre a réuni le Conseil de paix et de sécurité, le sous-comité du Comité des représentants permanents chargé des droits de l’Homme, de la démocratie et de la gouvernance, ainsi que la Plateforme de l’Architecture africaine de gouvernance et de l’Architecture africaine de paix et de sécurité (AGA-APSA). Les travaux ont permis d’évaluer les progrès accomplis dans la coordination entre les différents organes et institutions de l’Union africaine. Les participants ont également examiné les nouveaux défis liés à la gouvernance, à la démocratie, à l’État de droit, aux droits de l’Homme, à la paix et à la sécurité. Les échanges ont notamment porté sur l’élaboration de réponses africaines coordonnées pour traiter les causes profondes des conflits et de l’instabilité sur le continent. Ces consultations revêtent une importance particulière, le Conseil de paix et de sécurité assurant, pour la période 2026-2028, la présidence politique et technique de la Plateforme AGA-APSA. Cette responsabilité doit permettre de renforcer l’approche fondée sur une Union africaine unie dans l’action et de dépasser les démarches fragmentées entre les mécanismes de gouvernance, de paix et de sécurité. Dans son intervention d’ouverture, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, Mohamed Khaled, qui présidait la réunion, a présenté les principales avancées enregistrées depuis les précédentes consultations. Il a notamment évoqué l’adoption du thème de l’Union africaine pour 2028, consacré aux droits de l’Homme, à la démocratie et à la gouvernance, ainsi que l’élaboration d’une feuille de route commune entre l’Architecture africaine de gouvernance et l’Architecture africaine de paix et de sécurité. Le diplomate algérien a également cité le développement du « modèle de déclenchement de l’Union africaine » dans le cadre du mécanisme d’alerte précoce et de réponse rapide aux crises. Mohamed Khaled a insisté sur la nécessité d’unifier les efforts, d’éviter la multiplication et le chevauchement des initiatives et d’orienter les ressources disponibles vers des actions communes. Il a aussi appelé à soutenir les mécanismes existants et à renforcer leur efficacité sur le terrain. Selon lui, la situation actuelle sur le continent impose de passer des engagements théoriques à des mesures concrètes et de renforcer les capacités de l’Union africaine en matière de prévention et de gestion des crises. L’objectif est de bâtir une Afrique plus stable, plus démocratique et plus prospère, loin de toute politique de deux poids, deux mesures. Le représentant permanent de l’Algérie a, par ailleurs, réaffirmé l’importance de renforcer les liens entre la gouvernance, la démocratie, les droits de l’Homme, la paix et la sécurité. Ces domaines constituent, a-t-il souligné, des piliers complémentaires et indispensables à la stabilité et au développement durable du continent. La réunion a été marquée par les interventions de Bankole Adeoye, commissaire de l’Union africaine aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, de l’ambassadeur Jiven Pillay Poonasamy, représentant de la Communauté de développement de l’Afrique australe auprès de l’Union africaine et vice-président de la Plateforme AGA-APSA, ainsi que de l’ambassadeur Willy Nyamitwe, représentant permanent du Burundi auprès de l’Union africaine. Les participants ont examiné les moyens de renforcer l’application des instruments juridiques africains relatifs aux valeurs communes, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Ils ont appelé les États membres qui n’ont pas encore ratifié ces instruments à achever les procédures nécessaires. Ils ont également insisté sur la mise en œuvre effective des engagements pris et sur la présentation régulière des rapports prévus. Les participants ont préconisé le passage d’une coordination annuelle à une coopération pratique et durable. Celle-ci devra reposer sur la définition et la mise en œuvre d’initiatives communes, le renforcement de l’échange d’informations, l’adoption d’analyses conjointes et l’appui aux efforts de prévention des conflits. Cette démarche devra également contribuer à traiter les insuffisances en matière de gouvernance, particulièrement celles liées à la transparence, à la responsabilité, à l’inclusion et à l’efficacité des institutions. La réunion a également porté sur la préparation du thème de l’Union africaine pour 2028, intitulé « Promouvoir les droits de l’Homme, la démocratie et la gouvernance pour réaliser les objectifs de l’Agenda 2063 en Afrique ». Les participants ont souligné la nécessité de mobiliser les soutiens politique, institutionnel, technique et financier indispensables à la concrétisation de ce thème et des initiatives qui lui sont associées. À l’issue des travaux, il a été convenu de renforcer la complémentarité entre les mécanismes africains de gouvernance, de paix et de sécurité à travers l’approche d’« une seule Union africaine ». Cette démarche vise à accroître l’efficacité de l’organisation continentale dans la prévention des conflits et dans la réponse aux défis liés à la gouvernance, aux droits de l’Homme et à la démocratie. Le Conseil de paix et de sécurité devrait publier un communiqué final reprenant les principales recommandations issues de cette réunion consultative.
Yasmine Derbal






