Transition numérique et intelligence artificielle: Baddari plaide pour une gouvernance de la révolution technologique

0
194

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a plaidé pour une « gouvernance efficace » face aux défis de la transition numérique et de l’intelligence artificielle, afin d’orienter les profondes transformations mondiales vers le bien commun.

Dans une contribution publiée par le quotidien Le Soir d’Algérie, le ministre a analysé les mutations provoquées par les avancées technologiques, qui « interconnectent le monde, transforment les communications et le commerce, et remodèlent nos perceptions, nos modes de vie et notre manière de penser ». Selon Kamel Baddari, l’humanité entre dans une phase de « transition inter-civilisationnelle », caractérisée notamment par une transformation profonde du monde du travail et par l’ensemble des conséquences économiques, sociales et humaines qui en découlent. Se référant à l’histoire des civilisations, il a rappelé que la maîtrise des mers avait longtemps déterminé la puissance des empires. Le monde assiste désormais, selon lui, à un basculement stratégique majeur lié à l’essor des technologies numériques. La souveraineté technologique repose aujourd’hui sur la maîtrise des données, des infrastructures numériques et des algorithmes qui organisent et orientent l’information à l’échelle mondiale, a-t-il expliqué. Pour le ministre, cette virtualisation croissante du monde ne constitue pas une simple évolution technique. Elle représente un véritable changement de paradigme, dans lequel le contrôle des flux immatériels devient l’un des nouveaux fondements de la géopolitique contemporaine. Cette nouvelle réalité impose aux États de renforcer leur résilience face aux risques de « prédation technologique », dans un contexte international marqué par une compétition accrue pour la maîtrise des données, des infrastructures et des outils numériques. Kamel Baddari a toutefois averti que ces avancées technologiques exigeaient la mise en place d’une « gouvernance efficace », afin d’en limiter les éventuelles dérives et d’orienter leurs usages vers le bien commun. Dans ce contexte de profondes transformations mondiales, le ministre a qualifié la politique de non-alignement de l’Algérie de « parangon de la neutralité positive ». Ce principe représente, selon lui, un facteur essentiel de stabilité face aux tensions géopolitiques et aux guerres engendrées ou amplifiées par les mutations globales en cours. Kamel Baddari a également souligné que l’Algérie puisait sa force dans une identité civilisationnelle plurielle, bâtie et consolidée au fil des siècles. Cette identité repose sur plusieurs héritages, notamment amazigh, arabo-islamique, phénicien, numide, romain, andalou, africain et méditerranéen. Cette profondeur historique a façonné une personnalité algérienne singulière, dont peu de peuples dans le monde peuvent se prévaloir, a-t-il estimé. Elle permet à l’Algérie de défendre une approche fondée sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des États et sur le respect de leur souveraineté. Pour le ministre, c’est précisément à travers cette approche que l’Algérie contribue aujourd’hui à la réhabilitation des principes fondateurs de la civilisation mondiale. S’appuyant sur les théories de Malek Bennabi et d’Ibn Khaldoun, Kamel Baddari a rappelé que les civilisations naissent, se développent puis disparaissent. Il a conclu que la phase actuelle, marquée par la virtualisation du monde, exigeait une réflexion

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici