Le professeur en sciences de l’information et de la communication, Hakim Boughrara, a estimé que la visite effectuée en Algérie par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, constituait une étape prometteuse dans les relations bilatérales. Elle ouvrirait la voie à la reconstruction d’un partenariat stratégique fondé sur la confiance et les intérêts communs.
S’exprimant lundi dans l’émission « L’Invité de la matinale » de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, Hakim Boughrara a souligné l’importance politique et stratégique du calendrier de cette visite. Selon lui, le déplacement de Pedro Sánchez intervient dans un contexte régional et international marqué par des transformations rapides, à un moment où l’Algérie est devenue un partenaire incontournable pour l’Espagne. Cette importance s’explique aussi bien par le rôle de l’Algérie dans la sécurisation des approvisionnements énergétiques espagnols que par les orientations de l’Union européenne et les évolutions sécuritaires observées dans le bassin méditerranéen et la région du Sahel.
L’Algérie, partenaire stratégique en Méditerranée
Hakim Boughrara a relevé que la qualification de l’Algérie de « partenaire stratégique » par le président du gouvernement espagnol traduisait la prise de conscience, par Madrid, de la place occupée par le pays sur la scène régionale. Cette position ne repose pas uniquement sur le statut de l’Algérie en tant que principal fournisseur de gaz de l’Espagne. Elle tient également à son rôle politique et sécuritaire, à ses investissements dans des entreprises énergétiques espagnoles et à son intérêt croissant pour le renforcement de sa présence dans le secteur énergétique espagnol. L’universitaire a ajouté que les entretiens entre le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et le président du gouvernement espagnol avaient permis de dégager un accord sur le renforcement du dialogue, de la concertation et de la coordination politique. Les deux parties ont également affiché une approche commune à l’égard des enjeux sécuritaires dans la région du Sahel. Cette convergence traduit, selon lui, un rapprochement des positions sur les moyens de consolider la sécurité et la stabilité en Méditerranée. Elle devrait aussi contribuer à créer les conditions favorables au développement économique, à l’investissement et à la progression des échanges commerciaux entre les deux pays. Hakim Boughrara a considéré que l’énergie était restée au premier rang des priorités de la visite. Les enjeux liés à la sécurité énergétique européenne continuent, selon lui, de faire de l’Algérie un partenaire essentiel pour l’Espagne.
Le maintien de cette relation énergétique s’explique notamment par la dépendance persistante à l’égard du gaz algérien, dans un contexte marqué par les perturbations au Moyen-Orient, en mer Rouge et dans le détroit de Bab El-Mandeb. Sur le plan économique, le professeur a estimé que la présence de responsables d’entreprises espagnoles, parallèlement à la volonté affichée d’encourager l’investissement et la coopération industrielle, témoignait du souhait de Madrid de rétablir sa présence sur le marché algérien. Il a prévu que la coopération bilatérale pourrait s’étendre, durant la prochaine période, à de nouveaux secteurs, notamment l’industrie et les services. Hakim Boughrara a également relevé que la visite du président du gouvernement espagnol intervenait après le renforcement des partenariats de l’Algérie avec plusieurs pays européens, notamment l’Italie et l’Allemagne. Cette dynamique reflète, selon lui, l’intérêt grandissant des Européens pour le développement de leurs relations politiques et économiques avec l’Algérie. Il a rappelé que près de 53 % des besoins importés par l’Algérie provenaient des pays de l’Union européenne. Dans ce contexte, la révision de l’Accord d’association entre l’Algérie et l’UE et la relance du Conseil d’association, suspendu depuis 2020, figurent parmi les principaux dossiers soumis à la discussion. Hakim Boughrara a par ailleurs indiqué que la coopération algéro-espagnole ne se limitait pas aux dimensions politique et économique. Elle englobait également les dossiers sécuritaires et judiciaires. Cette coopération se traduit par la poursuite de la coordination dans les domaines de la migration et de la sécurité. Elle comprend aussi une réponse favorable de l’Espagne dans le dossier de la récupération des fonds détournés et un renforcement de la coopération judiciaire entre les deux pays. Dans ce contexte, l’universitaire a affirmé que l’Algérie poursuivait ses efforts en faveur de la sécurité et du développement, tout en œuvrant à la mise en place d’un environnement stable pour le transit de l’énergie et la réalisation des investissements. Le pays privilégie également le dialogue pour régler les différends et rapprocher les positions sur les questions régionales et internationales, dans le respect des principes de la légalité internationale. Hakim Boughrara a conclu que la visite de Pedro Sánchez avait enregistré un succès politique manifeste, consacré le rétablissement de la confiance entre les deux gouvernements et contribué au renforcement de la stabilité dans l’ouest de la Méditerranée. Les résultats annoncés constituent, selon lui, un cadre prometteur pour approfondir la coopération et servir les intérêts stratégiques de l’Algérie et de l’Espagne.
Yasmine Derbal






