Canicule: Krikou mobilise les secteurs face aux risques climatiques

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La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a affirmé, à Alger, que l’Algérie poursuivait le renforcement de son dispositif de lutte contre les changements climatiques. Cette démarche repose notamment sur la mise en œuvre du Plan national d’adaptation, le développement de partenariats internationaux et l’adoption de solutions durables destinées à atténuer les effets de ce phénomène, qui touche désormais plusieurs aspects de la vie.

Dans une allocution prononcée lors d’une journée de sensibilisation organisée dimanche sous le thème « Changements climatiques : adaptation et riposte », la ministre a souligné que la hausse des températures constituait l’une des manifestations les plus marquantes du dérèglement climatique mondial. Face à cette situation, elle a insisté sur la nécessité de conjuguer les efforts de l’ensemble des secteurs et des acteurs concernés, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. Kaouter Krikou a rappelé, dans ce cadre, l’engagement de l’Algérie dans la mise en œuvre d’une série de mesures concrètes, parmi lesquelles l’élaboration du Plan national d’adaptation aux changements climatiques (PNA), en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ce plan repose sur une coordination étroite entre plusieurs départements ministériels, notamment ceux chargés de l’Agriculture, des Ressources hydriques, de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Transports, de l’Habitat et de la Santé. La ministre a également évoqué le mémorandum d’entente signé entre l’Algérie et l’Allemagne à l’occasion de la récente visite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Berlin. Cet accord vise à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines de l’environnement et du climat, conformément aux Objectifs de développement durable. Abordant les solutions engagées face aux défis environnementaux, Kaouter Krikou a cité les projets de dessalement de l’eau de mer destinés à réduire les effets du stress hydrique. Elle a précisé que ces installations seraient accompagnées de projets de valorisation de la saumure issue du processus de dessalement, notamment à travers la production de sels destinés à des usages industriels. Ce dossier a été examiné par le Gouvernement lors de sa dernière réunion. De son côté, la représentante résidente du PNUD en Algérie, Natacha Van Rijn, a salué les efforts déployés par l’Algérie dans le domaine de l’environnement ainsi que son engagement dans des projets contribuant à soutenir l’action internationale face aux conséquences des changements climatiques. Elle s’est également félicitée du rôle croissant des start-up dans le développement de solutions innovantes favorisant l’adaptation aux défis climatiques, la protection des écosystèmes et la préservation de la biodiversité. Pour sa part, le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Algérie, Phanuel Habimana, a mis en garde contre les conséquences sanitaires de la hausse des températures. Il a notamment cité les risques de maladies cardiovasculaires, respiratoires et rénales, ainsi que les troubles psychiatriques et les risques professionnels liés à l’exposition à la chaleur. Le représentant de l’OMS a fait état de près de 489 000 décès par an liés à la chaleur dans le monde entre 2000 et 2019. Ces décès touchent principalement les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques.

Il a également indiqué que 3,6 milliards de personnes vivaient actuellement dans des zones fortement vulnérables aux effets des changements climatiques. Organisée alors que plusieurs wilayas du pays connaissent une vague de chaleur, cette journée de sensibilisation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions du Plan national d’adaptation aux changements climatiques. La rencontre a constitué un espace d’échange autour des impacts environnementaux de la hausse des températures et des moyens de renforcer les mécanismes d’adaptation, de prévention et de protection. Intervenant lors des travaux, l’expert en environnement et en changements climatiques Samir Grimes a expliqué que la vague de chaleur enregistrée ces derniers jours en Algérie s’inscrivait dans un phénomène régional euro-méditerranéen, mais également mondial, lié aux changements climatiques et aux déséquilibres qu’ils provoquent dans les systèmes climatiques. L’expert en environnement et en climat Brahim Bouchareb a, quant à lui, présenté les efforts déployés sur le terrain selon une approche participative, afin de préserver le patrimoine forestier et de renforcer la protection contre les risques climatiques. Le journaliste Ferhat Mokhtar a souligné le rôle des médias dans la sensibilisation aux dangers des vagues de chaleur et dans la diffusion des mesures de prévention, notamment au profit des personnes âgées, des enfants et des malades. Les travaux ont été clôturés par une série de recommandations, présentées par le directeur général de l’environnement et du développement durable au ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Bahidjeddine Hachmaoui. Ces recommandations appellent à accélérer la mise en œuvre du Plan national d’adaptation aux changements climatiques, en accordant la priorité aux secteurs de l’hydraulique, de la santé, de l’habitat, des travaux publics, de l’agriculture et des forêts. Elles préconisent également la mise en place d’un système intégré de surveillance, de vigilance et d’alerte précoce face aux canicules, ainsi que le renforcement de la protection des catégories les plus exposées aux risques climatiques. Les participants ont enfin insisté sur la nécessité d’associer les citoyens aux différentes mesures d’adaptation, considérant leur implication comme une condition essentielle à la réussite et à la mise en œuvre effective du Plan national.

Sonia stambouli

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