La Chine, 2éme puissance économique mondiale: Quelles sont ses relations avec le monde et l’Afrique ?

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Par le Professeur des universités- Expert international- Docteur d’Etat 1974 en management stratégique

La République populaire de Chine, une civilisation millénaire,  possède une superficie totale d’environ 9,6 millions de km² avec une population estimée en 2025 à 1,405 milliard d’habitants.  La République populaire de Chine possède une superficie totale d’environ 9,6 millions de km², ce qui en fait le 4e plus grand pays du monde. Elle partage ses frontières terrestres (longues d’environ 22 800 km) avec 14 pays voisins. Au Nord : Mongolie, Russie et Corée du Nord.. À l’Ouest et au Nord-Ouest : Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Afghanistan et Pakistan. Au Sud et au Sud-Ouest : Inde, Népal, Bhoutan, Myanmar (Birmanie), Laos et Vietnam.

Cette présente contribution a été élaborée en collaboration avec les services économiques  de l’ambassade de Chine à Alger,  tissant d’excellentes relations , que je tiens à remercier vivement

 1..Balance commerciale  Chine reste du monde

Globalement, le total cumulé des importations et exportations de la Chine a atteint un niveau historique de 6 360 milliards de dollars américains. En 2025, le commerce extérieur chinois a atteint un record de 6 480 milliards de dollars (45 470 milliards de yuans). Les exportations ont augmenté de 5,5 % pour s’élever à 3 770 milliards de dollars, tandis que les importations ont stagné (+0,5 %) à 2 580 milliards de dollars. La Chine a ainsi enregistré un excédent commercial historique de près de 1 200 milliards de dollars et en tendance, les exportations de produits à haute valeur ajoutée (véhicules électriques, batteries, panneaux solaires) ont supplanté la fabrication à bas coût traditionnelle, la stagnation des importations s’explique principalement par une consommation locale plus faible que prévu.  En 2025, le PIB par habitant de la Chine s’est élevé à 13 968 dollars (environ 100 000 yuans). Cette augmentation est soutenue par une croissance économique globale de 5 %, pour atteindre un Produit Intérieur Brut nominal total de 19 626 milliards de dollars.   Le PIB nominal converti avec le taux de change classique ne montre que la valeur financière sur les marchés boursiers mondiaux. Le PIB PPA, lui, ajuste les chiffres en fonction du coût de la vie réel dans chaque pays, permettant une comparaison beaucoup plus fidèle du niveau de vie et du bien-être économique des populations. Si en 2026, le produit intérieur brut (PIB) par habitant de la Chine est estimé à environ 14 874  contre les États-Unis à 94 430 dollars (en valeur nominale) selon les projections du Fonds Monétaire International (FMI) selon les projections du Fonds monétaire international (FMI),  en  termes de volume, son Produit Intérieur Brut ajusté en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) dépasse les 41 240 milliards de dollars, ce qui place la Chine au premier rang mondial devant les États-Unis, le  PIB PPA par habitant  étant de 29 350 dollars USD  et en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) la Chine pèse environ 52 % du PIB des BRICS+. équivalant  au poids économique des États-Unis au sein du G7.  Pour les autres  Indicateurs macroéconomiques, le taux de change USD/CNY a été  à 6,7634 le 29 mai 2026 et  la part du yuan (ou renminbi) dans les transactions mondiales varie selon la nature des échanges : elle oscille autour de 3 % pour les paiements internationaux globaux (où il se classe 5ème), mais atteint plus de 8 % dans le financement des transactions commerciales mondiales. Le   taux d’inflation annuel moyen en Chine pour l’année 2025 s’est établi à 0,5 %. Cette hausse est restée très modérée, le taux de chômage urbain recensé s’est maintenu autour de 5,1 % à 5,3 % tout au long de l’année 2025, devant mentionner  qu’en 2025  le poids de la sphère informelle en Chine représente environ 20 % du PIB, générant une valeur estimée à 3 600 milliards de dollars.

2.-Principaux  partenaires  commerciaux  de la Chine

En 2025, les dix principaux partenaires commerciaux de la Chine (classés par valeur totale des échanges bilatéraux) étaient : les États-Unis, Hong Kong, la Corée du Sud, le Japon, Taïwan, le Vietnam, la Russie, l’Allemagne, l’Australie et la Malaisie.

La Chine est  le premier partenaire commercial mondial de près de 60 à 80 pays selon les classements annuels. Ses trois zones géographiques partenaires les plus importantes sont en citant quelques exemples:  Pour  les échanges commerciaux Chine USA-Europe, nous avons, les  États-Unis qui sont le principal partenaire bilatéral direct en termes de volume de marchandises plus de 400 milliards de dollars annuels, avec un important excédent pour la Chine). En 2025, les échanges entre la Chine et les États-Unis ont été marqués par une escalade de la guerre commerciale. Malgré des droits de douane très élevés, la Chine a enregistré un excédent commercial mondial record de 1 188 milliards de dollars, bien que son solde commercial avec les États-Unis ait reculé de 22 % pour atteindre 280 milliards de dollars.  Les exportations chinoises vers les États-Unis  ont globalement ralenti par rapport aux années précédentes en raison de la hausse historique des taxes douanières américaines, qui visaient à freiner la dépendance des États-Unis vis-à-vis de l’industrie manufacturière chinoise où les  importations chinoises depuis les États-Unis se concentrent principalement sur les technologies de pointe, l’énergie (comme le gaz), et les produits agricoles (comme le soja). Quant à l’Union Européenne les échanges sont dominées par les  produits manufacturés (notamment de haute technologie et les véhicules électriques)  qui  ont représenté plus de 97 % des flux entrant dans l’UE, où suite  aux tarifs douaniers US , la Chine a redirigé une partie de sa production vers le marché européen, compensant ainsi le ralentissement de ses exportations vers les États-Unis  Deuxième fournisseur d’importations et destination majeure des exportations chinoises, en  2025, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Union européenne ont atteint des niveaux historiques, creusant un immense déséquilibre en faveur de Pékin  Les exportations chinoises vers l’UE  sont estimées à environ 560 à 580 milliards de dollars (en hausse de plus de 5 %)  et  les importations chinoises depuis l’UE  à près de 200 milliards de dollars avec un déficit  commercial européen  de près de 380 milliards de dollars .

3.-Les échanges  entre la Chine et l’Afrique

La  Chine investit massivement dans plus de 35 pays africains, avec des engagements financiers particulièrement concentrés dans les pays riches en ressources naturelles et en infrastructures L’Afrique est un partenaire économique et commercial majeur de la Chine, qui demeure son premier partenaire commercial depuis seize années consécutives. À compter du 1er mai 2026, la Chine applique officiellement une politique de tarif douanier zéro à 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, ce qui favorise davantage les échanges bilatéraux entre la Chine et l’Afrique, une stratégie qui rentre dans le cadre de la Nouvelle Route de la Soie.  La Chine applique une politique de zéro tarif douanier sur une grande majorité des produits provenant du continent. Entre 2015 et 2024, le continent africain a vu passer le ratio dette/PIB (Produit Intérieur Brut) de 44,4 % en 2015, à 66,7 % en moyenne.  Selon les données du FMI (octobre 2025), cette montée des ratios dette/PIB est dominée par le Soudan (272 %), suivi du Sénégal (128 %), de la Zambie (115 %), et du Cap-Vert (111 %).  Concernant la Chine , le  stock cumulé de la dette africaine publique et garantie par l’État envers la Chine est estimé à environ 61 milliards de dollars. En raison d’un ralentissement des nouveaux prêts de Pékin, l’Afrique rembourse désormais plus à la Chine qu’elle n’en reçoit, avec plus de 18,4 milliards d’euros reversés entre 2020 et 2024.   Les prêts étant bilatéraux, la dette chinoise est très concentrée sur quelques pays, les principaux montants dus se décomposent comme suit :  Angola : 17,8\) milliards  de dollars  -Éthiopie : 6,5\) milliards  -Égypte :   6,3\) milliards  -Zambie :  6,0\) milliards  -Kenya :   6,0\) milliards  -Ethiopie :5,4 milliards  -Afrique du Sud : 3,5 milliards  -Cameroun : 3,5 milliards  . Le remboursement de la dette africaine envers la Chine s’effectue principalement par des versements directs en devises (dollars ou euros), mais aussi par des garanties sur les ressources naturelles (contrats pétroliers ou miniers) et, plus récemment, par des conversions en monnaie chinoise (yuan/renminbi).  Les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain ont atteint un volume record de 348,05 milliards de dollars en 2025, après s’être établis à 295,56 milliards de dollars en 2024. Ce partenariat fait de la Chine le premier partenaire commercial de l’Afrique pour la seizième année consécutive,  les exportations chinoises vers l’Afrique ont été de  225,03 milliards de dollars et  les  importations  d’Afrique   de 123,02 milliards de dollars , soit un déficit de 102,1 milliard de dollars  La croissance des exportations chinoises vers le continent (+25,8 %) a largement dépassé celle des importations africaines vers la Chine (+5,4 %).

Quant au  volume total des investissements et engagements chinois en Afrique, il  a atteint un niveau record de 39 milliards de dollars  marquant une hausse de près de 20 % par rapport à 2024  investissant  massivement en Afrique à travers des secteurs stratégiques allant des infrastructures aux minerais critiques, en passant par l’industrie et les énergies renouvelables. Les volumes d’investissements les plus importants se concentrent principalement sur des pays disposant de ressources naturelles ou de marchés intérieurs majeurs .Les principaux secteurs d’investissement sont  la construction de routes, chemins de fer, ports, aéroports et barrages hydroélectriques (ex: le Standard Gauge Railway au Kenya), l’exploitation et raffinage des minerais critiques (cobalt, cuivre, lithium) et hydrocarbures, la création de Zones Économiques Spéciales (ZES) pour délocaliser une partie de la production manufacturière chinoise et le  déploiement des réseaux de télécommunications, de la 5G et des infrastructures de villes intelligentes (Smart Cities). Les  principaux pays bénéficiaires sont  le  Nigeria avec le principal pôle de construction et de grands travaux (ex: la centrale hydroélectrique de Mambilla) ; la  République Démocratique du Congo (RDC)  pour l’extraction minière (cuivre et cobalt) ; l’Afrique du Sud  qui est un  partenaire historique avec le  pôle industriel et technologique accueillant des projets comme la ZES de Musina-Makhado,  l’Angola ,avec le  secteur pétrolier et le financement d’infrastructures lourdes ; la  Tanzanie  avec des investissements importants dans le transport et la logistique portuaire, le Zimbabwe et Zambie   dans l’exploitation des minerais critiques.   Et sans oublier d’autres pays, la   Côte d’Ivoire, le Niger,  le Ghana le Cameroun, le Kenya, le Sénégal,  caractérisés par un volume d’échanges record (dépassant les 4 milliards de dollars)   soutenant de nombreux projets d’infrastructures à travers le pays ; l’Éthiopie , la Chine étant le premier partenaire commercial et l’un des plus grands investisseurs du pays. Les capitaux chinois se concentrent sur le secteur manufacturier (textile, assemblage) et les infrastructures, à l’image de l’emblématique ligne de chemin de fer reliant Addis-Abeba au port de Djibouti , la  Chine ayant joué  un rôle crucial dans le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), inauguré en septembre 2025.

4. Coopération  pays Chine -Afrique du Nord

La Chine reste l’un des partenaires économiques les plus importants pour l’Algérie. Le commerce bilatéral a été marqué par une forte hausse des importations algériennes de produits chinois. Pour répondre aux besoins des entreprises locales, ces flux concernent historiquement une large gamme de marchandises, allant des équipements industriels et des matériaux de construction à l’électronique et aux produits de grande consommation   . De 2023 à 2025, les exportations chinoises vers l’Algérie ont atteint respectivement 9,46 milliards de dollars, 11,68 milliards de dollars et 13,91 milliards de dollars, affichant une croissance continue. Sur la même période, les exportations algériennes vers la Chine se sont élevées respectivement à 849 millions de dollars, 800 millions de dollars et 1,34 milliard de dollars. Les exportations chinoises vers l’Algérie sont principalement composées de machines et de produits électriques, de produits sidérurgiques, de véhicules et de pièces automobiles, tandis que les exportations algériennes vers la Chine sont principalement constituées de matières premières pétrochimiques. Les données officielles chinoises actuelles ne font état que de la catégorie « principales matières premières pétrochimiques importées », le pétrole, le gaz et les produits dérivés représentant plus de 90 % des importations chinoises en provenance d’Algérie. Les dernières données montrent que de janvier à septembre 2025, les entreprises chinoises ont signé de nouveaux contrats d’une valeur de 3,96 milliards de dollars en Algérie, relevant du commerce de services.    En 2024 et 2025, la part de l’Algérie dans le total des importations et exportations de marchandises de la Chine s’élevait respectivement à environ 0,20 % et 0,24 %.  Concernant les investissements, selon des statistiques incomplètes, le stock d’investissements chinois en Algérie atteignait près de 7 milliards de dollars américains fin 2025.   Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine ont connu une croissance soutenue, témoignant d’une forte complémentarité économique et d’une coopération étroite entre les deux pays. L’Algérie accélère sa diversification économique et affiche une demande importante de produits et d’équipements chinois de haute qualité et à prix compétitifs. La Chine est également optimiste quant aux avantages comparatifs et au potentiel de développement de l’Algérie et souhaite développer ses échanges commerciaux et ses investissements avec ce pays. Parallèlement, la Chine prend très au sérieux les préoccupations de l’Algérie concernant le déséquilibre commercial bilatéral et espère que les entreprises algériennes saisissent l’opportunité historique offerte par la récente mise en œuvre par la Chine de politique de tarif douanier zéro pour exporter davantage de produits de haute qualité vers la Chine. Nous espérons également que l’Algérie offre des conditions plus favorables aux entreprises chinoises investissant sur son territoire, afin de parvenir à des avantages mutuels et à des résultats gagnant-gagnant.   Pour d’autres pays de l’Afrique du Nord , en prenant  l’année  2024, selon les  données du FMI  , les  exportations du Maroc vers la Chine  ont atteint une valeur de 1,3 milliard de dollars  et les importations marocaines depuis la Chine entre  6 à 7 milliards de dollars  en 2024; le  volume total des échanges commerciaux entre la Chine et l’Égypte pour l’année 2024 s’est élevé à 17,37 milliards de dollars, les importations égyptiennes  de  16,8 milliards de dollars  et les exportations égyptiennes vers la Chine ont été environ 578 millions de dollars ;  le volume global des échanges commerciaux entre la Chine et la Mauritanie a atteint 2,4 milliards de dollars , les exportations de  1,1  à 1,3  et les importations  de 1,1 à 1,4 milliards de dollars ;  les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Chine  ont totalisé  3 milliards de dollars : la Tunisie ayant importé  pour près de 2,9 milliards de dollars,  et exporter près de 100 millions de dollars;  les exportations de la Chine vers la Libye ont atteint environ 3,59 milliards de dollars  et les ventes libyennes (constituées à plus de  90\% de pétrole brut)  et enfin  le volume total des échanges commerciaux entre la Chine et le Soudan s’élevait à environ 1,39 milliard de dollars et les  exportations de la Chine vers le Soudan ont atteint 830 millions de dollars, tandis que les importations chinoises depuis le Soudan se sont établies à environ 560 millions de dollars.

Quelle conclusion tirer sur l’avenir de l’économie chinoise qui est devenue également une  grande puissance militaire,

Premièrement, la Chine vieillit rapidement, un phénomène accentué par les décennies de la politique de l’enfant unique, entraînant un manque de main-d’œuvre et une pression croissante sur le système de retraite ;

Deuxièmement,   le  secteur immobilier, qui a longtemps été un pilier de la croissance et une valeur refuge pour l’épargne des ménages, souffre d’une crise de surproduction  avec la faillite de géants du secteur qui a fragilisé les finances des collectivités locales et ralenti les investissements ;

Troisièmement  

le  modèle chinois repose traditionnellement sur les investissements publics et les exportations. La consommation des ménages reste atone, poussant les ménages à thésauriser plutôt qu’à dépenser ;  cinquièmement, les  investissements massifs de l’État dans les nouvelles technologies (véhicules électriques, batteries, panneaux solaires) ont créé des surcapacités,  couplée à une demande intérieure faible, a engendré une pression déflationniste.

 Pour terminer je tiens à remercier vivement  Mr  l’Ambassadeur de Chine à Alger et ses  proches collaborateurs  de m’avoir aidé à élaborer cette présente contribution et puissent les relations Algérie -Chine connaitre  un grand essor sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant

A.M

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