Tensions géostratégiques au Moyen Orient: Quels impacts, la décision de l’OPEP+ de relever sa production  et du gel pour 15 jours du conflit Iran USA-Israël sur le cours des hydrocarbures ?

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Professeur des universités, Expert international – Dr d’études -Dr d’Etat  – Abderrahmane MEBTOUL

Le  conflit USA-Israël-Iran provoque une forte volatilité, avec une hausse du baril de Brent  et du gaz qui  menace l’économie  mondiale et pèse particulièrement sur les économies  importatrices via la hausse des carburants et des factures d’importation. 

Les impacts  de cette guerre, outre les destructions massives et surtout les pertes en vies  humaines,  c’est que  en cas de l’arrêt du conflit , le prix  du pétrole en moyenne annuelle  devrait  s’établir entre 65/70 dollars le Brent, le mégawatt heure de gaz entre 30/40 dollars  et la carte du Moyen Orient ne sera plus jamais comme avant : le régime iranien devrait subir non pas sa disparition mais une  mutation au profit de l’aile modérée, les alliances des pays du Golfe se modifieront , pour le président  Trump c’est la perte des élections du mois de novembre et en cas d’élections en Israël , Benyamin Netanyahou  devrait, en principe ,  perdre les élections pour une composante également plus modérée

1.-LOPEP est composé  de treize membres de l’OPEP qui  sont l’Algérie, l’Angola, l’Arabie saoudite, le Congo, les Émirats arabes unis, le Gabon, la Guinée équatoriale, l’Iran, l’Irak, le Koweït, Libye, le Nigeria et le Venezuela, la majorité de la production d’hydrocarbures  gaz -pétrole- venant  du Moyen Orient surtout de l’Arabie Saoudite , le Qatar  et de l’Iran. Les    10 autres pays membres de l’OPEP+ sont l’Azerbaïdjan, le Bahreïn, le Brunéi, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman, le Soudan, le Soudan Sud et la Russie principal acteur. Selon l’Agence internationale de l’Énergie, l’OPEP représente 34% de la production mondiale et l’OPEP+ compte pour environ 51% de la production mondiale de pétrole Le magazine Oil & Gas Journal donne la liste des pays du Moyen-Orient qui détiennent les plus importantes réserves de pétrole, exprimées en milliards de barils : Arabie Saoudite : 267,19 milliards de barils, Iran 200 milliards de barils , l’Irak : 145,01 milliards de barils, Émirats arabes unis : 113 milliards de barils, Koweït : 101,5 milliards de barils, Qatar : 25,24 milliards de barils, Sultanat d’Oman : 4,90 milliards de barils, Égypte : 3,30 milliards de barils Oman 5,7 milliards de barils et le Yémen : 3,00 milliards de barils.   , Pour le gaz les réserves des pays du Moyen-Orient, données réactualisées sont l’Iran 32100 milliards de mètres cubes gazeux, le Qatar 24700, l’Arabie Saoudite 6000,Emiraties 5900, l’Irak 3500 Egypte 2200, Oman 700 Aussi, malgré la hausse annoncée , l’impact serait faible  si les tensions persistent avec le risque de pénurie  entre 15/ 20ù de l’offre mondiale perturbée montrant que  la décision de l’OPEP+ illustre les limites des politiques de production face aux crises géopolitiques  laissant planer un risque durable sur les marchés énergétiques mondiaux.  Mais sur  une production mondiale de pétrole brut, condensats et liquides  en hausse d’environ 2 à 3 % par rapport à 2024, ressortant à 4,92 milliards de tonnes en 2025  et une  consommation mondiale de pétrole  d’environ 104/105 millions de barils/j une  consommation mondiale de gaz naturel d’ environ 4 286 milliards de mètres cubes   en 2025, l’OPEP+ (environ 50% de la production mondiale) a décidé de relever sa production de pétrole de 206 000 barils par jour à partir de mai 2026, marquant une reprise de l’augmentation progressive des quotas malgré les incertitudes du marché., dans un contexte de tensions extrêmes , cette hausse, visant à compenser les perturbations liées au Moyen-Orient, Les analystes estiment que l’augmentation réelle de l’offre de l’OPEP+ essentiellement  de  la Russie non dépendante du détroit d’Ormuz , sera inférieure aux nouveaux quotas en raison de la situation géopolitique et des capacités de production limitées de certains membres et sue l’ouverture du détroit d’Ormuz  et accessoirement l’atténuation des tensions en mer rouge  sont la seule solution durable pour éviter un choc à l’économie mondiale . 2.-Aussi, le  facteur principal actuellement  qui détermine le prix volatil du pétrole et du gaz et via à l’aval les produits dérivées comme l’engrais, le lithium ,  , ce sont les tensions géostratégiques comme cela  a été le cas du conflit Russie- Ukraine,   avec un écart jamais  atteint entre 20 à 50% selon les déclarations politiques du président américain , négociations ou continuer la guerre  entre les Etats Unis d’Amérique, -Israël  et l’Iran . Les tensions au Moyen Orient ont montré l’importance du détroit d’Ormuz contrôlé par l’Iran qui est un point de passage maritime stratégique vital, par lequel transitent quotidiennement environ 20 à 21 millions de barils de pétrole brut, condensats et produits pétroliers, représentant plus de 20 % de la consommation mondiale d’hydrocarbures et un tiers du pétrole transporté par mer.  Pour preuve après la trêve décidée le 08 avril 2026 pour 15 jours devant permettre l’ouverture du détroit d’Ormuz et la fin des frappes, entre l’Iran et les USA et avec l’accord d’Israël sous pression américaine le cours du pétrole  a perdu près de 20 dollars en 10 minutes  étant coté le 08 avril 10h gmt  à 93,62 dollars le Brent et  devrait encore baisser s’il y a un accord définitif, idem pour le mégawatt heure du gaz et les produits raffinés. C’est que ce conflit  a engendré une la hausse des taux d’inflation avec pour  conséquence : un durcissement des conditions financières mondiales dont le relèvement des taux d’intérêts qui a d’ailleurs accru l’endettement de bon nombre de pays en voie de développement et ont eu un impact négatif sur le taux de croissance, avec des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, la  rupture des chaînes d’approvisionnement  venant du Moyen Orient principal réserves mondiales  explique les tensions actuelles.  Les pays d’Afrique peuvent -ils suppléer au déficit de l’offre des hydrocarbures ?  Nous avons pour le pétrole  la Libye 48,36 milliards de barils, l’Algérie , 11/12 milliards de baril, le Nigeria 37 milliards de barils, l’Angola 7,78 , le Soudan 5 et le Sénégal 2,5 milliards de barils   Pour le gaz les réserves des pays, Algérie 2450, la Libye 1500, le Nigeria 5500 , le Mozambique 4500 et récemment le couple Sénégal/Mauritanie projet grand Tortue. Transitoirement certains pays africains peuvent suppléer  à cette crise énergétique mais soyons réaliste, ne pouvant couvrir le déficit  du Moyen Orient .,. Dans le contexte des tensions USA-Iran début 2026, les producteurs africains de pétrole et de gaz en  fonction de leur consommation intérieure qui  est souvent élevé comme en Algérie du fait des subventions, approchant  les 50% , peuvent contribuer pour une faible part à stabiliser  le marché mondial en augmentant leurs exportations notamment vers l’Europe  offrant une alternative de court terme , loin du détroit d’Ormuz, permettant de compenser une partie des ruptures d’approvisionnement ;Mais à terme l’Europe en cas de résolution du conflit Russie-Ukraine , outre l’Afrique,  devrait accroitre  à nouveau , outre le gaz américain du fait des redents accords Europe USA courant 20205,   ses importations de Russie ou les  canalisations opérationnelles South Stream, le  North Stream 1 et le North Stream  2 ont  une capacité avoisinant 150 milliards de mètres cubes gazeux

En conclusion espérons une paix durable au Moyen Orient qui a montré l’interdépendance des économies, pour l’intérêt du devenir de notre monde   et des populations de la  région

A.M

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