Les leçons du conflit USA-Israël – Iran pour l’Algérie: Maîtriser la clef de voute du nouvel ordre mondial, les nouvelles technologies via l’intelligence artificielle

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Pr des universités- Dr d’Etat 1974-Expert international Abderrahmane MEBTOUL

La guerre que se livre les USA via Israël et l’Iran qui préfigure une recomposition  géostratégique de tout le Moyen Orient , montre clairement que les guerres traditionnelles ont changé et sans   la maîtrise des nouvelles technologies fondement de tout services de renseignement, tout pays  est vulnérable et cela interpelle l’Algérie dont espace naturel est  l’Afrique  et  l’espace euro méditerranéen ,  pour garantir sa sécurité nationale, nécessitant une stratégie africaine intégrée dans le domaine numérique .

1.-Avec la révolution du nouveau système d’information, l’Algérie  devra gérer un important flux d’informations qui exige la crédibilité de l’appareil statistique et la sélection opératoire d’une masse d’information croissante . Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ont des implications au niveau de la gouvernance militaire, politique, économique , la gestion des entreprises et des administrations mais qui ont un impact également sur notre nouveau mode de vie. Toute bonne gouvernance est appelée à prendre des décisions en temps réel et toute inadaptation à ces mutations isolerait l’Afrique encore plus. Pour le cas Algérie, le classement qui suit montrant qu’il reste un long chemin à parcourir « qui veut torpiller le système de numérisation en Algérie titre El Moudjahid quotidien officiel de la présidence , dans son édition du 11 février 2025.  Dans son rapport sur l’indice mondial de l’innovation 2024 (GII) intitulé « Unlocking the Promise of Social Entrepreneurship », l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a évalué les pays africains selon plusieurs indicateurs principaux : l’investissement dans la science et l’innovation, le progrès technologique, l’adoption des technologies et l’impact socio-économique de l’innovation. Deux indicateurs sont utilisés pour établir le classement des meilleurs pôles scientifiques et technologiques du GII dans le monde. Le premier se concentre sur la localisation des inventeurs figurant dans les demandes de brevet publiées dans le cadre du Traité de coopération en matière de brevets (PCT) de l’OMPI et le second prend en compte les auteurs figurant dans les articles scientifiques publiés où 50 premiers pôles scientifiques et technologiques africains ont ainsi été identifiés. Chaque indicateur du GII se compose de sous-indicateurs om par exemple, le progrès technologique prend en compte la puissance de calcul, le coût des énergies renouvelables, le prix des batteries électriques, le coût du séquençage génomique et l’approbation des médicaments. Pour l’indicateur sur l’adoption des technologies, il porte sur les conditions sanitaires sur la disponibilité de l’Internet fixe et 5G, des robots, des véhicules électriques et l’accès à la radiothérapie contre le cancer. Concernant l’impact socio-économique des précédents indicateurs, il évalue la productivité de la main-d’œuvre, la pauvreté, l’espérance de vie et la contribution au réchauffement climatique global. Et selon l’OMPI, que ce soit en matière d’indice d’innovation ou de développement de pôles scientifiques et technologiques, l’Afrique accuse du retard par rapport au reste du monde alors qu’elle recèle des potentialités énormes en terme de richesses naturelles suscitant des convoitises des grandes puissances et de nombreuses compétences comme le montre le dynamisme de sa diaspora posant la problématique de cet important exode de cerveaux qui vide l’Afrique de sa substance où selon les données récentes de l’Union africaine, l’Afrique perd environ 70 000 professionnels hautement qualifiés chaque année dont 2 milliards de dollars an uniquement pour le secteur de la santé (source BAD 2023), ce taux d’immigration de professionnels qualifiés étant l’un des plus élevés au monde, étant nécessaire pour le compenser environ 4 milliards de dollars par an et ce souvent pour des raisons tant de conflits que de gouvernance interne mitigée .

2.-La maîtrise de l’Intelligence économique  sera pour le XXIème siècle la clef de voûte du nouvel ordre mondial   et  sa gestion stratégique est devenue pour une Nation et l’entreprise l’un des moteurs essentiels de sa performance globale et de sa sécurité . Dans ce cadre , la société de cybersécurité Surf Shark, a publié un rapport intitulé Digital Quality of Life Index 2024, à travers cinq critères dont l’accessibilité financière d’Internet, la qualité de connexion, les infrastructures numériques, la sécurité électronique et l’administration. La qualité de vie numérique représente la capacité d’une population à exploiter les technologies numériques pour améliorer son quotidien en fonction de l’accès à Internet, la performance des infrastructures, la cyber sécurité et les services gouvernementaux en ligne. Nous avons le classement suivant en 2024 pour les 20 premiers pays de l’Afrique et leur place au niveau mondial .L’Afrique du Sud arrive au premier rang en étant classée 66eme rang mondial suivi des pays suivants par ordre décroissant : Maroc 2eme et 69ème, Maurice 3eme et 77eme, Egypte 4eme et 79eme, Tunisie 5eme et 82eme, Ghana 6me et 88eme , Kenya 7eme et 89eme- Angola 8eme et 91eme – Sénégal 9eme et 93eme- Algérie 11eme et 96eme -Botswana 12eme et 98eme -Bénin 23eme et 99eme -Nigeria 14eme et 100eme- Namibie 15eme et 102eme – Zambie 16eme et 107eme -Burkina Faso 17eme et 111 -Tanzanie 18eme et 112eme- Ouganda 19eme et 115eme et Zimbabwe clôture à la 20eme place et Afrique et 115eme au niveau mondial. Donc, l’Afrique outre les facteurs militaires et sécuritaires déterminants,  doit faire évoluer, comme le font les pays développés et émergents via leurs départements et agences ministériels, leurs services de renseignement et de contre-espionnage, qui facilitent l’accès aux volumes importants d’informations sur le commerce international mettant en place un service d’information économique au profit des entreprises engagées dans le commerce extérieur. Selon l’index 2024 d’Oxford Insights en 2024, environ 70 % de la puissance de calcul mondiale pour l’IA est détenue par les Etats-Unis dont 80 % par les hyper-scalers américains, suivi par la Chine , le Royaume-Uni arrivant en troisième place, l’Inde en quatrième position et en 5ème position et première au niveau arabe, les Émirats arabes unis , la France en 6eme position , la Corée du Sud en 7eme position, l’Allemagne en 8eme position , le Japon en 9eme position et Singapour clôturant le TOP10. L’Europe ne représente que 4 % de la capacité mondiale souffrant de coûts énergétiques industriels 1,5 à 3 fois plus élevés que ceux des États-Unis, sans oublier l’inde qui est le 5eme pays à avoir déposé le plus de brevets liés à l’intelligence artificielle en 2024 Lors de la conférence mondiale sur l’action de l’intelligence artificielle, qui  s’est tenue à Paris les 10/11/février 2025 le sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle,  l’ objectif européen est de mobiliser un   montant qui  varierait entre 700/800 milliards de dollars, le président Trump ayant annoncé un budget de 500 milliards de dollars  Mais cela n’est pas seulement une question d’argent , mais d’efficacité des nouvelles technologies numériques, puisque au cours de la dernière décennie, les fonds de capital-risque du gouvernement chinois ont investi 912 milliards de dollars soit des investissements annuels comparables aux dépenses annuelles consacrées à toutes les politiques industrielles du gouvernement américain au cours de la même période et .210 milliards de dollars de ces investissements ont été dirigés vers 1,4 million d’entreprises liées à l’IA  et   Pékin est parvenu à créer une IA comparable aux modèles américains. En Afrique, l’utilisation de l’IA est en plein essor, avec des exemples concrets dans des domaines comme la santé, l’agriculture, les services financiers et l’éducation, Selon l’édition 2024, la Tunisie occupe la sixième place sur le continent, derrière l’Égypte (65ème avec un score de 55,63) Maurice, l’Afrique du Sud, le Rwanda et le Sénégal, le Maroc occupant la 101ème place, totalisant un score de 41,78, suivi de l’Algérie, 115ème avec un score de 39.06. Et la digitalisation est un outil efficace tant pour la transparence et la lutte contre les délits d’initiés que pour la performance notamment du secteur financier. Selon une l’AFIS,. dans une étude de novembre 2024, l’IA via le numérique peut permettre  à l’Afrique  qui a  l’opportunité de construire un modèle financier hybride qui dépendra avant tout de sa capacité à équilibrer stabilité et innovation, tout en intégrant les leçons des marchés développés et émergents. d’améliorer  sa gouvernance  dont  son cadre  macroéconomique  et  la performance de ses entreprises. Mais  pour que la  révolution digitale puisse apporter une valeur ajoutée, il faudra pour l’Afrique renforcer les cadres réglementaires et sécuriser les infrastructures numériques, notamment face à la recrudescence des cyberattaques., l’Afrique ayant l’opportunité de construire un modèle financier hybride qui dépendra avant tout de sa capacité à équilibrer stabilité et innovation, tout en intégrant les leçons des marchés développés et émergents.

En conclusion l’Algérie  en ce monde en perpétuel mouvement et bouleversement géostratégique, a besoin de la maîtrise des nouvelles technologies d’information qui se fondent sur le savoir, une Nation sera meilleure que ses concurrents si elle possède, avant les autres, les bonnes information afin de .créer une asymétrie d’information à son avantage Je suis convaincu que l’Algérie  a toutes les potentialités pour s’adapter à  la quatrième révolution économique qui se fondera sur la transition numérique et la transition énergétique via les industries écologiques. Son devenir sera ce que les Algériens voudront qu’il soit où en cette journée du 08 mars  l’intégration de la femme est  le  signe de la vitalité de toute société 

AM

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