Pr des universités- Expert international-Dr d’Etat Abderrahmane MEBTOUL
1.-Quel est l’impact de la guerre en USA-Israël-Iran sur l’économie mondiale et les rivalités USA-Chine ?
Le Moyen-Orient recèle 40 % des réserves prouvées mondiales de pétrole dont l’Arabie Saoudite environ 262,7 milliards de barils, soit un quart des réserves mondiales., Irak : ~112,5 milliards de barils., EAU : ~97,8 milliards de barils. Koweït : ~96,5 milliards de barils. Iran : ~93,1 milliards de barils. Nous avons 40% des réserves mondiales de gaz dont Iran : 32 100 milliards de m³ (fin 2020), le Qatar : 24 700 milliards de m³ , l’Arabie Saoudite 9800 milliards de mètres cubes gazeux, les Emiraties une moyenne de 7000 milliards de mètres cubes gazeux et l’Irak 3500 milliards de mètres cubes gazeux et tout conflit dans la région risque assurément d’affecter la production. tensions avec l’Iran ont montré. Les américains étant autonome et exportateur en hydrocarbures, grâce au pétrole gaz de schiste, mais 8O% des exportations iraniennes étant destinées à la Chine à des prix plafonnés ) et bon nombre d’Asie étant pénalisés, les exportations iraniennes ne dépendent pas du détroit d’Ormuz mais de l’île de Kharg (ou Khârg) située dans le nord du golfe Persique, vitale pour les revenus de Téhéran qui est le principal terminal d’exportation de pétrole , traitant environ 90 à 95 % du brut du pays Mais, le blocus américain du détroit d’Ormuz, qui a débuté autour du 13 avril 2026, menace à la fois l’économie mondiale et les revenus pays du Golfe dont la facture totale provisoire de cette guerre uniquement sur six semaines dépasse probablement les 200 milliards de dollars , avec le risque d’ un choc pétrolier mondial. Elle pénalise également l’économie iranienne perdant chaque jour environ 435 millions de dollars avec le risque d’une hyperinflation et de vives tensions internes, les réserves de change étant inférieures à 30/35 milliards de dollars fin 2025, le FMI table désormais sur une croissance mondiale de 3,1 % pour 2026, contre les 3,3 % anticipés en janvier. Ce recul de 0,2 point peut paraître technique, mais sa réalité comptable est brutale : il représente un manque à gagner de 350 milliards de dollars de richesse produite à l’échelle de la planète. Si les hostilités devaient se prolonger au-delà de la fin de l’année, le FMI prévoit un scénario noir où la croissance mondiale s’effondrerait à 2 %. Un tel niveau serait insuffisant pour absorber les millions de nouveaux entrants sur le marché du travail dans les pays émergents, menaçant la stabilité sociale de régions entières. Conséquence immédiate : le FMI prévoit une hausse des prix de l’énergie de 19 % sur l’année, et de 21 % pour le seul pétrole. L’inflation, que l’on pensait domptée après les crises de 2022, repart à la hausse. Attendue à 3,8 % en janvier, elle devrait finalement s’établir à 4,4 % en moyenne mondiale en 2026. Dans le pire des cas — une guerre longue — le baril pourrait fluctuer autour de 110 dollars tout au long de l’année, propulsant l’inflation globale à 6 %. Ce retour de la cherté de la vie menace de déclencher des « effets de second tour », notamment des boucles prix-salaires qui compliqueraient la tâche des banques centrales, déjà sous pression. Pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la carte mondiale de la croissance se redessine sous l’effet du prix du baril. Paradoxalement, les pays de la région sont les plus durement touchés. Leurs infrastructures critiques ont été endommagées et le blocus d’Ormuz les empêche d’écouler leur production. Le Qatar subit un effondrement de son PIB de 8,6 % (mise hors service de trains de liquéfaction). L’Iran entre en récession profonde avec une baisse de 6,1 %. L’Arabie saoudite voit sa croissance amputée de 1,4 point, à 3,1 %. Sur le Vieux Continent, la situation est morose. La zone euro voit sa croissance révisée à 1,1 %. Si la France résiste légèrement mieux que ses voisins allemand et italien avec une prévision de 0,9 % (-0,1 point), le Royaume-Uni devient le maillon faible des économies avancées, tombant à 0,8 % de croissance. À l’inverse, les États-Unis font preuve d’une résilience insolente. Avec une croissance maintenue à 2,3 %, l’oncle Sam profite de son statut d’exportateur d’énergie pour absorber le choc, malgré une inflation qui reste fixée au-dessus de la cible des 2 %. L’un des enseignements les plus surprenants des données du FMI réside dans la résistance du « Sud global ». Contrairement aux crises précédentes, les grands émergents ne sombrent pas. Au premier trimestre 2026, la croissance chinoise a résisté à la guerre USA-Iran, atteignant 5,0% grâce à de fortes exportations et des réserves pétrolières, dépassant les prévisions de 4,8%. La Russie en est la grande bénéficiaire. Le FMI a relevé sa prévision de croissance à 1,1 %. Pour Moscou, la hausse des prix du brut compense largement les perturbations, offrant une manne financière inattendue pour son économie de guerre. L’Inde et le Brésil voient également leurs prévisions relevées (respectivement à 6,5 % et 1,9 %). Leur moindre dépendance directe au conflit et leur dynamisme interne leur permettent de tirer leur épingle du jeu. Derrière les statistiques macroéconomiques se cache un drame humain . Le coût de l’énergie est intrinsèquement lié à celui de l’alimentation, via le prix des engrais et du transport. Kristalina Georgieva a lancé un avertissement solennel : la hausse des prix pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire. Ce sont les pays les plus pauvres, importateurs nets d’énergie et de céréales, qui paient le prix de la guerre dans le Golfe Le FMI appelle les gouvernements à la prudence : les prix plafonnés et les subventions massives, bien que populaires, sont jugés coûteux et injustes généralisées L’institution plaide pour des aides ciblées et, surtout, pour un retour à la coopération internationale. Malgré la sévérité du diagnostic, le FMI souligne une lueur d’espoir : la structure de l’économie mondiale a changé. L’efficacité énergétique accrue et la montée en puissance des énergies décarbonées agissent comme des amortisseurs. Sans ces progrès technologiques, le blocus d’Ormuz aurait probablement déjà plongé le monde dans une dépression majeure. La « résistance » actuelle prouve que la transition énergétique, bien qu’incomplète, est aussi un levier de souveraineté économique. Pour le FMI,. La fin de l’unilatéralisme et le retour des blocs posent une question fondamentale sur la pérennité du modèle de croissance mondialisé. Si le choc peut être absorbé à court terme par les économies les plus agiles, l’enlisement du conflit en Iran pourrait transformer cette alerte en une crise structurelle profonde, définissant pour longtemps les équilibres entre l’Occident, les émergents et les puissances pétrolières. Aussi pour l’année 2026 se dessine comme une année de résilience sous tension, où la croissance se maintient malgré une forte inflation et un choc pétrolier, sous réserve que le conflit ne s’intensifie pas davantage.
A ce titre il est intéressant d’analyser la rivalité entre les deux plus grandes puissances économiques du monde : USA/Chine qui influencent la croissance de l’économie mondiale Telle qu’elle se dessine début 2026, la stratégie américaine est caractérisée par une approche défensive visant à maximiser leur puissance énergétique historique tout en temporisant la transition énergétique. Le contrôle de l’énergie est l e cœur de la stratégie des USA dont les grands gisements comme au Venezuela, Iran et donc indirectement l’Asie ,les , pays du golfe , certains pays Afrique la mer arctique sans oublier future coopération avec la Russie avec la fin de la guerre en Ukraine. Initiée pour assurer la suprématie américaine, cette stratégie vise à maximiser la production de combustibles fossiles (pétrole, gaz de schiste) et à exporter le gaz naturel liquéfié (GNL) vers des alliés, notamment en Europe et en Asie, pour contrer l’influence de pays comme la Russie. Les États-Unis utilisent l’énergie pour imposer des sanctions financières et commerciales, agissant ainsi sur des acteurs internationaux. Entre 2024, 2025 les États-Unis ont produit plus de pétrole que l’Arabie saoudite et la Russie réunies, consolidant leur rôle de leader incontesté dans le domaine de l’énergie ce qui a permis d’influencer les prix mondiaux de l’énergie, limitant l’impact des chocs d’approvisionnement et donnant à Washington une plus grande liberté d’action. Cette domination énergétique s’accompagne d’une concurrence accrue, notamment avec la Chine, pour le contrôle des minerais stratégiques et des technologies liées à la transition énergétique. Ainsi : Washington cherche à prolonger la prédominance des énergies fossiles en exploitant son avantage comparatif immédiat, plutôt que d’engager une transition frontale ; les USA augmentent leurs capacités d’exportation de gaz naturel (GNL) et utilisent les négociations commerciales, y compris les droits de douane, pour promouvoir leurs produits énergétiques à l’international Quant à la Chine qui a été un acteur déterminant de négociations USA IRAN au Pakistan environ 15/20% de sa consommation intérieure dépendant de l’Iran , elle se projette sur l’avenir sa stratégie vise à garantir sa sécurité énergétique tout en devenant le leader mondial des énergies renouvelables reposant sur la neutralité carbone d’ici 2060 où d’ici 2030, combinant des investissements massifs dans le solaire et l’éolien, le développement nucléaire, la Chine détenant la plus grande capacité installée d’éolien et de solaire au monde, ayant atteint ses objectifs pour 2030 avec six ans d’avance en 2024 et le pays produit plus de 70 % des véhicules électriques mondiaux et une immense majorité des composants solaires, se positionnant en leader technologique. La stratégie chinoise a une double démarche : une accélération verte record pour dominer les technologies futures, couplée à une sécurité énergétique fossile traditionnelle et malgré la transition, la Chine continue d’augmenter sa capacité de production de charbon mais utilisant des techniques anti pollution, pour assurer la stabilité du réseau, le charbon représentant encore plus de 55 % de son mix en 2023 et étant le premier constructeur mondial de centrales nucléaires
2.-L’importance du transport maritime : la problématique des couts d’assurance en cas de conflits
Outre, des points de passage étroits (canaux de Suez, Panama, détroit d’Ormuz) sont critiques pour le flux de marchandises Voici le classement des principaux ports à conteneurs (basé sur le trafic en Equivalent Vingt Pieds – EVP) où la Chine occupe 4 des 5 premières places et 6 des 10 premières places mondiales : -Shanghai (Chine) : Leader mondial incontesté, dépassant 55 millions d’EVP en 2025. –Singapour (Singapour) : Hub de transbordement majeur, 2ème mondial, hautement automatisé. -Ningbo-Zhoushan (Chine) : 3ème port mondial, en forte croissance. Shenzhen (Chine) : Port stratégique majeur dans le delta de la rivière des Perles. -Qingdao (Chine) : Port clé du nord de la Chine. -Busan (Corée du Sud) : Hub majeur en Corée du Sud -Guangzhou (Chine) : un autre géant chinois dans le top mondial. -Rotterdam (Pays-Bas) : premier port européen, souvent dans le top 10-15 mondial. -Hong Kong (Chine) : malgré un déclin récent, reste un port majeur. Nous avons également des ports comme Dubaï (Jebel Ali) ou Los Angeles/Long Beach et Singapour qui se distinguent par leurs terminaux 100% automatisés. En Afrique, nous avons le port de Tanger Med (Maroc) est le premier port d’Afrique et l’un des 20 plus grands au monde, gérant plus de 10 millions d’EVP en 2026, suivi par des hubs majeurs comme Port-Saïd (Égypte), Durban (Afrique du Sud), et Lomé (Togo), le port d’Abidjan (Côte d’Ivoire) et le port de Dakar (Sénégal) Le transport maritime est l’épine dorsale de l’économie mondiale, acheminant plus de 80 % à 90 % des marchandises échangées dans le monde en volume. Véritable moteur de la mondialisation, il permet le transport de masse à faible coût de produits manufacturés, d’hydrocarbures et de matières premières. Avec plus de 11/12 milliards de tonnes transportées, il est vital pour la logistique internationale. Grâce aux économies d’échelle et aux porte-conteneurs géants, c’est la méthode de transport la moins chère. Et c’est là que doit être introduite la problématique des assurances où les assureurs maritimes exigent des prix bien plus élevés pour couvrir les navires traversant les zones de conflit, en raison des risques accrus liés au minage des voies de navigation et aux frappes ciblées. En mars et avril 2026, dans le contexte du conflit Iran-USA, les coûts d’assurance maritime pour le risque de guerre (war risk insurance) dans le détroit d’Ormuz et le golfe Persique ont connu une augmentation historique, atteignant parfois plus de 1 000 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre. Les taux évoluent quotidiennement en fonction de la situation sécuritaire, et certains assureurs ont annulé des couvertures avec un préavis de 72 heures. Ainsi concernant la hausse des primes de risque de guerre ( AWRP), elles représentaient environ 0,2 % à 0,25 % de la valeur du navire avant le conflit, ont grimpé pour atteindre 1 % à 1,5 %. Certains rapports ont même signalé des taux atteignant 3 % de la valeur de la coque pour une seule traversée, avec des pics atteignant jusqu’à 5 % à 10 % dans des cas extrêmes. Sans compter que les compagnies maritimes font face à des coûts de carburant plus élevés amplifiée par les déviations de trajectoire, la guerre s’étendant à la région, y compris la mer Rouge, la hausse des primes s’applique fortement aux pétroliers et méthaniers, augmentant directement le coût de l’énergie Pour un pétrolier d’une valeur de 200 à 300 millions de dollars, la prime de risque de guerre est passée de environ 625 000 dollars à plus de 7,5 millions de dollars par voyage et Le coût de l’assurance a été multiplié par plus de 12 dans certains cas, rendant le passage par le détroit d’Ormuz extrêmement coûteux
Qu’en est-il de l’Algérie où le coût du transport maritime en Algérie est élevé et volatil , influencé par des tarifs de fret en hausse notamment des conteneurs 20 pieds environ entre 55OO et 63OO dollars et 4O pieds entre 55OO et 63OO dollars ces prix , impactant fortement le coût final des produits, dépendent des frais portuaires, des délais de dédouanement et de la forte dépendance envers des armateurs étranger. A ces montants nous avons d’autres surcharges et coûts où en 2025.Pour CMA CGM en 2025 de nouveaux tarifs élevés s’appliquent (ex: +2000 USD par conteneur 20′ sec depuis le Moyen-Orient). Ainsi une expédition de conteneur plein par CMA CGM vers l’Algérie peut dépasser 1200 dollars et sans compter le transport de véhicules avec coûts élevés appliqués pour les véhicules, marchandises générales et unités Ces prix, impactent fortement le coût final des produits, dépendent des frais portuaires, des délais de dédouanement et de la forte dépendance envers des armateurs étranger Selon une étude réalisée en 2024 par le Forum maritime d’Alger en collaboration avec de nombreux organismes nationaux et internationaux, dont l’IRSM (Institut de recherche, sondage et marketing), Vessel -Finder et Global Trade Support, a décortiqué le transport maritime algérien sous tous ses aspects, en dix ans, de 2012 à 2022, l’Algérie a dépensé 38,13 milliards de dollars en fret maritime pour l’importation de ses marchandises Le port le plus actif d’Algérie est celui d’Alger, avec 23,3 % du trafic, suivi de ceux d’Arzew (18,2 %) et de Béjaïa (13,3 %). La ville d’Oran est toutefois celle qui enregistre le plus fort trafic (plus de 30 %) avec ses deux ports (Arzew, 18,2 % et Oran, 12,4 %). Plus précisément, concernant l’estimation du coût du transport maritime des importations, le dernier chiffre repris dans l’étude étant celui de 2022, le coût s’est élevé à 3,14 milliards de dollars, en hausse de 7,6 % par rapport à 2021 (2,71 milliards $) mais loin du pic de 4,03 milliards de dollars enregistré en 2014, contre en 2020, 2,58 milliards de dollars, en 2021 à 2,71 milliards de dollars 3,4 milliards de dollars en 2019. La gestion du secteur du transport maritime connaît certaines lacunes qui se traduisent par des coûts logistiques importants. Plus précis un rapport de la Banque mondiale, donne un l coût moyen pour un conteneur de 20 pieds à l’importation 858 dollars en Tunisie, de 950 dollars au Maroc, alors qu’en Algérie il s’élève à 1.318 dollars. A l’exportation, le même conteneur coûte en moyenne 733 dollars en Tunisie et pas moins de 1.248 dollars en Algérie, soit un surcoût moyen annuel par rapport aux pays voisins de 400 millions de dollars. Concernant les surestaries, un séjour en rade d’un navire coûte entre 8.000 et 12.000 dollars par jour Ce dossier des surestaries des bateaux en rade pendant des jours voire des semaines, montre l’importance d’une rénovation de nos ports, , qui ne date pas d’aujourd’hui puisque en tant que directeur général des études économiques et haut magistrat à la cour des comptes entre 198O 1983 j’ai été chargé par la présidence de l‘époque d’évaluer le montant des surestaries suite au fameux programme anti pénurie où j’avais préconisé un tableau de la valeur interconnecté aux réseaux internationaux , les banques, entreprises , les ports ce montant auquel l’Algérie s’acquitte en devises alourdissant la facture d’importation des services
3.-Pression accrue sur le détroit de Bab El-Mandeb Mer rouge et importance du détroit d’Ormuz
Il faut tenir compte des tensions qui perturbé le trafic en Mer rouge que ‘Iran veut bloquer comme riposte au blocus américain par où 12 % du commerce mondial de marchandises, une voie de transit qui concentre 30% du trafic mondial de conteneurs et environ 8% de produits pétroliers, qui ont fait augmenter le coût du transport maritime de 15 à 20%. Conjointement les tensions en mer rouge, avec la fermeture du détroit d’Ormuz pourraient pousser les prix des hydrocarbures à la hausse accentuant l’inflation et menaçant la croissance de l’économie mondiale Les 355 km de large de la mer Rouge séparent l’Afrique de la péninsule Arabique. Longue de 2 250 kilomètres, elle se jette au sud dans l’océan Indien par le golfe d’Aden, en passant par le détroit de Bab el-Mandeb. Par ce bras de mer transitent d’ordinaire quelque 27 000 navires chaque année, d’après le site expert de géographie Géoconfluences, dont une grande partie de pétroliers. Ce qui en fait le septième passage le plus fréquenté au monde – juste devant le détroit d’Ormuz et ses 20 000 bateaux annuels. Ce conflit USA Iran a mis en relief l’importance du détroit d’Ormuz contrôlé par l’Iran , situé au sud -est de Bandar Abbas avec des pays frontaliers qui sont au nord l’Iran, et au Sud-est les Emirats arabes unis, depuis Jazirah al Hammra , suivis du sultanat d’Oman d’ une largeur d’une trentaine de milles marins (55 km) avec un tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l’un montant, l’autre descendant, les couloirs de navigation étant séparés par un couloir tampon de deux miles, bien que ses rails de navigation sont considérés comme étroits pour les supertankers, pour les porte-conteneurs ainsi que pour les méthaniers géants contemporains. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca et le canal de Suez, il est un des grands détroits de la planète. Situé sur une route commerciale entre l’Asie, la Méditerranée et l’Europe permettant le passage du Golfe Persique au Golfe d’Oman, puis à la mer d’Arabie et à l’océan Indien. La fermeture du détroit de d’Ormuz, affecterait le transit du gaz et du pétrole car « porte de sortie » du pétrole de la région du Golfe qui compte 5 des 10 plus gros producteurs du pétrole au monde localisé au Moyen Orient comme mis en relief précédemment, où transitent plus de 30% des produits pétroliers dont plus de 20% du GNL. Le détroit d’Ormuz constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, et l’idée de canalisations pour le contourner exigerait un investissement colossal. L’Iran a annoncé son intention d’instaurer un système de péage pour les navires traversant ce détroit stratégique, crucial pour le transport du pétrole. Cette taxe, qui pourrait être payée en cryptomonnaies, est contestée internationalement et est jugée « illégale » où il est important de noter que la plupart des grands détroits internationaux (comme Gibraltar ou Malacca) ne sont pas soumis à des péages, la liberté de navigation étant la règle en droit international. Mais nous avons des détroits de péage mais ces pays ont consacré d’importants investissements qui est très variable, dépendant du type, de la taille (tonnage) et de la charge du navire, Concernant le péage en prenant deux exemples : le canal de Panama a enregistré des recettes record malgré les défis climatiques, atteignant près de 4,98 milliards de dollar de revenus totaux pour l’exercice allant du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024. avec des estimations atteignant 5,7 milliards de dollars sur l’exercice 2025 et le canal de Suez dont les recettes ont connu une baisse drastique en 2024, chutant d’environ 50 à 60% (pertes estimées à près de 6 milliards USD) en raison des attaques des Houthis en mer Rouge et ce un record de 8,7 milliards USD en 2022/2023, la crise en 2024 a réduit le trafic, mais un léger rebond est amorcé depuis . Bien que des objectifs ambitieux de 13 milliards de dollars aient été initialement fixés pour 2025, la réalité des pertes depuis 2024 a forcé une révision des projections. L’Iran veut imposer un « péage » informel pour certains navires, atteignant jusqu’à 2 millions de dollars par navire (notamment pour les pétroliers) mais les les modalités d’un paiement pour traverser le détroit d’Ormuz qui seraient contraire au droit international restent floues. C’est que , les situations à Ormuz sont des tentatives de modification ces règles. Et cela pose d’importantes questions de légalité si l’armateur s’acquitte du péage sans que l’assureur n’ait consenti au passage. La question des assurances est donc centrale. Pour stabiliser la situation, il serait envisagé une mission de sécurisation navale, menée par des pays tiers, pourrait être une solution. L’Organisation maritime internationale, une agence de l’ONU chargée de la sécurité en mer, a d’ailleurs affirmé qu’elle travaillait à un mécanisme pour garantir la sécurité du transit, cette force ne pourra se faire que s’il y a un mandat ONU
4.-Quelle stratégie pour l’Algérie face à ces mutations géostratégiques ?
Dans le domaine militaire et sécuritaire, le Général d’Armée, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’Etat-major de l’ANP, a présidé, le 16 avril 2026, au Cercle national de l’Armée, à Béni-Messous, en première Région militaire, l’ouverture des travaux du séminaire, organisé par la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure sous le thème +Les menaces extérieures à l’ombre des mutations géopolitiques et technologiques : défis sécuritaires et enjeux stratégiques », précise la même source où ont été mis en relief la guerre des données, IA, et les cyberspaces. Car dans un monde en plein bouleversement où les systèmes de défense sécurité ont profondément changé rendant obsolètes certains segments comme le montre clairement l’actuel conflit USA – ISRAËL- IRAN , le problème posé est le suivant : quelles sont les nouvelles menaces extérieures sur l’Algérie ? Les mutations géopolitiques et technologiques ont créé de nouvelles données sur les Etats, leurs politiques et leurs économies. Des menaces majeures sont apparues, imposant des défis sécuritaires et créant des enjeux stratégiques. dans les domaines du cyberespace, de l’intelligence artificielle et de la gestion des données , où la maîtrise de la recherche-développement et la production de connaissances représentent désormais un facteur essentiel pour déterminer les équilibres de forces et d’influences dans les relations internationales ». Aussi, le contrôle des outils d’anticipation et l’élaboration des scénarios prévisibles sont des clés importantes pour la prise de décisions stratégiques et sécuritaires et l’amélioration des niveaux de maturité des politiques publiques de l’Etat devant renforcer la veille stratégique, à travers l’adoption d’approches proactives face aux différents défis, qui garantissent à l’Algérie de rester un partenaire international crédible et un acteur actif dans son espace géo-sécuritaire. Dans le domaine économique intimement lié au facteur sécuritaire existant un lien dialectique entre sécurité et développement, force est de reconnaître que le système algérien est de nature publique et fortement dépendant de la rente de hydrocarbures qui irrigue directement et indirectement la majorité des secteurs et assure un minimum de cohésion sociale. qui représentent. La Banque mondiale en termes de PIB courant dans ses prévisions de 2026 classe l’Algérie en quatrième position en Afrique avec un PIB de 285 milliards de dollars derrière l’Afrique du Sud, l’Egypte, et le Nigeria , venant légèrement de modifier son taux de croissance prévu à 3,6%, alors que le gouvernement donne un autre montant différents dans ses prévisions contenues dans la loi de finances à 324 milliards de dollars US, un écart de 39 milliards de dollars avec une croissance économique estimée à 4,3% mais qui donnerait dans les deux cas environ 300 milliards de dollars en 2028.. Les exportations hors hydrocarbures sont marginales étant évacuées fin 2025 entre 4,5 et 5 milliards de dollars mais sur ces montants selon les statistiques officielles de la douane 97% sont des dérivés d’hydrocarbures inclus dans la rubrique hors hydrocarbures . Aussi attention à certaines désinformations où récemment en avril 2026, certains responsables du ministre du commerce extérieur (reproduction par l’APS) citent des centaines de produits destinés à l’exportation sur plus d’une dizaine de pays, mais l’important n’est pas le nombre, le ministère du commère, pour ne pas induire en erreur l’opinion publique, nationale car les étrangers connaissent parfaitement la situation, hors dérivées hydrocarbures devant mentionner le montant en dollars. Comme il faudra été attentif aux normes internationales qui interdit tout dumping à l’exportation notamment les prix plafonnés du gaz environ 20% à certaines unités par rapport au prix international qui a conduit récemment les USA à imposer le taux de 72,94% (proche de 73%) mentionné en mars 2026) correspond à des droits antidumping imposés par les États-Unis et il en sera de même pour l’Europe qui selon la banque d’Algérie représente environ 80% de ses recettes en devises en incluant laTurquie et la Grande Bretagne et surtout de l’impact de la taxe carbone européenne sur ses exportations
Et précision très importante pour l’Algérie , le marché un des plus difficile pour les entreprises algériennes contrairement à une idée faussement répandue est l’Afrique où outre l’émergence de nouveaux pays pétroliers et gaziers africains, dont la Mauritanie -Sénégal( Ile de la Tortue) en plus des anciens poids lourds comme le Nigeria, le Mozambique ,premier et deuxième réservoir de gaz en Afrique, la Libye premier réservoir de pétrole en Afrique la concurrence est acerbe, Chine-Europe-Russie, pays émergents et récemment la future stratégie des USA , en précisant que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) qui est un projet majeur visant à créer un marché unique de 1,5 milliard de personnes en 2025, regroupant 55 pays africains, avec un PIB combiné d’environ 3 400 milliards de dollars vise principalement à booster le commerce intra-africain en supprimant progressivement 90 % des droits de douane et en réduisant les barrières non tarifaires sur une période de 5 à 15 ans reprenant les fondamentaux économiques de l’organisation mondiale du commerce . Sans oublier qu’en juillet 2025, l’Union européenne (UE) a officiellement enclenché une procédure d’arbitrage contre l’Algérie, qui selon la commission en incluant les exportations d’hydrocarbures l’Europe accuse un déficit commercial entre 2024/2055 supérieur à 20 milliards de dollars au profit notamment de la Chine : la visite de la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica prochainement à Alger pourra t-elle aplanir les divergences de l’Accord d’Association Algérie Europe qui est en stand by ? D’où l’importance pour le gouvernement comme cela a été noté par le ministre délégué et chef d’État major de l’ANP repris dans la revue ANP Djeich des stratégies d’adaptation à ce nouveau monde devant préciser outre mes conférences internationales au niveau des instituts de géostratégie , ce thème je j’ai développé il y a de cela plusieurs années lors de conférences devant les officiers de l’Ecole supérieur de guerre, de l’Etat major de la gendarmerie nationale , à l’Institut militaire de documentations et de prospectives et devant les cadres de la sûreté nationale DGSN. C’est dans ce cadre que j’ai préconisé depuis de longues années aux pouvoirs publics algériens , un ministère d’Etat chargé de la planification regroupant les meilleures compétences sous la coupe directe du président de la république , ne pouvant naviguer à vue au risque d’une marginalisation du pays. Je considère pour ma part outre la moralité sans faille des dirigeants que la démocratisation tenant compte de notre riche anthropologie culturelle que les intermédiations politiques et sociales crédibles collant avec les aspirations de la société et notamment la participation de la femme à la gestion de la Cité dont les facteurs déterminants de la consolidation de la sécurité et de la stabilité sociale et économique
5.-Quelle conclusion tirer de ce conflit ?
Ce conflit devrait se terminer avant les élections américaines du de mi mandat du président Trump de novembre 2026 car pour l’Iran le temps joue en sa faveur, pour Benyamin Netanyahou Premier ministre d’Israël, la guerre permet sa survie politique, ayant eu quatre erreurs d’appréciation stratégiques de la part du gouvernement Trump :
premièrement, d’avoir ignorer l’importance du détroit d’Ormuz et son impact sur le trafic maritime mondial affectant le monde et indirectement les USA ; deuxièmement, le gouvernement américain n’ pas souffert financièrement directement de ce blocus ,ses exportations n’étant pas liées étroitement du détroit d’Ormuz _où de ses exportations, plus de 80% étant en direction de l’Asie notamment de la Chine son principal pourvoyeur financier Aussi, les décisions récentes du blocus ont montré beaucoup plus leur efficacité et si ce blocus avait été au début du conflit , 85% des recettes en devises de l’Iran provenant des hydrocarbures avec des réserves de change en nette diminution moins de 30/35 millairds de dollars fin 2025, et au moment des vives tensions sociales qui ont secoué l’Iran avec une hyper inflation , cela aurait pu éviter les destructions d’infrastructures des pays du Golfe, et surtout de l’Iran et Israël qui a été profondément affecté par d’importante pertes humaine ; troisième mauvaise appréciation liée à la précédente, en s’attaquant aux infrastructures liées à la population, outre l’important couts financiers supportés tant par les USA, Israël, certes aussi par l’Iran , certes une grande fraction n’étant pas affilée au régime mais il a été oublié le profond nationalisme iranien ayant permis de consolider le font social anti américain et anti israélien, et quatrièmement, l’embargo depuis de longues décennies a permis une certaines résilience et sur le plan militaire et sécuritaire, l’organisation n’est pas la hiérarchie verticale rigide centralisée mais certes avec une coordination mais axée sur une réelle décentralisation des décisions et même si on élimine le haut cela a un impact limité sur toute la chaine de commandement et on n’éradique pas une civilisation, l’Iran c’est la Perse qui a misé sur le savoir des milliers d’ingénieurs et de scientifiques de hauts niveaux qui ont permis aux services défense sécurité de s’adapter aux nouvelles technologies dromes à multiples tètes par exemple ( rappelons que c’est l’Iran qui a aidé la Russie au début de l’invasion de ‘Ukraine) par une industrie miliaire contrairement à la majorité des pays d’Afrique et du Golfe qui importent la majorité du matériel militaire dépendant pour leur système de maintenance de leurs fournisseurs Aussi, afin d’éviter des tensions énergétiques de grandes ampleurs, aucun pays n’a intérêt à une généralisation du conflit au Moyen Orient : ni les pays du Golfe , ni l’Iran qui a besoin de ressources financières du fait de vives tensions sociales internes, ni les grandes puissances, surtout l’Europe dépendant à plus de 7O% de l’énergie importée, de la Chine, un des plus gros importateur d’hydrocarbures, ni les USA avec le retour de l’inflation qui risque de faire perdre les élections du mois de novembre 2026 aux républicains qui selon Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management. » Il est clair que Trump et la Maison-Blanche veulent sortir d’une guerre impopulaire aux États-Unis » »
Je pense que ce soit du côté des USA ou de l’Iran, la guerre ne devrait pas durer , ce qui ne signifie pas une résolution durable, , l’enjeu majeur des négociations outre le nucléaire dont les USA viennent de reconnaître un enrichissement à des fins pacifiques pour l’Iran, est l’ouverture du détroit d’Ormuz. N’oublions pas dans ce conflit, le drame au Liban , dont la résolution finale est liée intimement à la résolution du conflit israélo palestinien , ou des négociations préliminaires devraient avoir lieu à Washington. Les tensions au Liban montré que les chiites représentent environ 27 % à 31 % de la population totale selon les estimations (dont CIA World Factbook et œuvre d’Orient) concentrés principalement au Liban-Sud, dans la Bekaa et dans la banlieue sud de Beyrouth ne sauraient dans leur immense majorité .les assimiler à la branche armée du au Hezbollah qui avec les Houthis au Yémen sont des branches armés des gardiens de la révolution et que sans l’accord de l’Iran , ces négociations ont peu de chances d’aboutir. D’une manière générale, après cette guerre le Moyen Orient et le monde de demain ne sera plus jamais comme avant devant connaître une profonde recomposition géostratégique . Aussi, malgré le drame auquel nous assistons actuellement au Moyen-Orient et dans d’autres contrées du monde, n’oublions pas le drame du Soudan, l’histoire millénaire a montré que la symbiose des apports l’Orient et de l’Occident ont favorisé le dialogue des cultures et des civilisations avec des prospérités et des déclins, montrant qu’aucune civilisation n’est supérieure à une autre. Le devenir d’un monde multipolaire, conditionne largement la réussite de cette grande entreprise de cohabitation entre les peuples, qui interpelle notre conscience commune Le grand défi auquel le monde est appelé à relever notamment est la lutte contre le réchauffement climatique qui n’est pas une vue de l’esprit, le défi du contrôle numérique dont l’intelligence artificielle qui bouleversera entre 2026/2030/2035 les relations internationales, les comportements des citoyens, la structure future des emplois, la gestion des entreprises et des institutions civiles et militaires.
A.M






