L’Algérie entend franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le cancer en misant davantage sur la recherche scientifique, l’innovation thérapeutique et le renforcement des outils de prévention. C’est ce qu’a affirmé, samedi à Alger, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, à l’ouverture des travaux de la Conférence internationale dédiée à la recherche sur le cancer, organisée sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Dans son allocution, le ministre a souligné que l’ampleur des défis imposés par cette pathologie nécessite une approche plus ambitieuse et plus efficace. Celle-ci repose notamment sur le développement de programmes nationaux de recherche, le renforcement des études épidémiologiques, la modernisation des registres nationaux du cancer ainsi que le soutien à la recherche clinique conformément aux standards internationaux. Mohamed Seddik Ait Messaoudene a relevé que le cancer constitue aujourd’hui un défi sanitaire croissant en Algérie, en raison notamment de l’évolution des modes de vie, de l’augmentation de l’exposition aux facteurs de risque liés au tabagisme, à une alimentation déséquilibrée, à la sédentarité et aux facteurs environnementaux.
Face à cette réalité, il a estimé que la lutte contre cette maladie ne peut se limiter à l’élargissement des capacités de prise en charge et de traitement, mais doit également s’appuyer sur la capacité nationale à développer des solutions adaptées aux spécificités de la société algérienne. Le ministre a, par ailleurs, rappelé les efforts consentis par l’État dans le domaine du dépistage précoce, notamment à travers l’extension des programmes organisés de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus à l’ensemble des régions du pays. Il a également mis en avant les investissements engagés pour renforcer le réseau national de structures spécialisées, qui compte actuellement 15 centres de lutte contre le cancer, 24 centres de radiothérapie et 61 accélérateurs linéaires. À cela s’ajoute l’introduction de 52 traitements innovants dans l’arsenal thérapeutique national.
Intervenant à son tour, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a souligné que cette rencontre traduit la volonté de l’Algérie de promouvoir la recherche scientifique et d’adopter une approche intégrée face à l’un des plus grands défis sanitaires contemporains. Il a rappelé que le développement de l’industrie pharmaceutique nationale constitue un choix stratégique et souverain visant à réduire la dépendance extérieure, à renforcer la sécurité sanitaire du pays et à soutenir la production locale de médicaments, notamment ceux destinés au traitement du cancer. Selon lui, l’Algérie a enregistré des avancées significatives dans ce domaine grâce au renforcement du tissu industriel pharmaceutique national. Le pays dispose aujourd’hui d’un nombre important d’unités de production couvrant différentes formes pharmaceutiques, avec des capacités qui permettent de satisfaire plus de 82 % des besoins nationaux. Ces progrès concernent également les médicaments anticancéreux, qu’il s’agisse des traitements de chimiothérapie, des biothérapies ou des biosimilaires, ainsi que plusieurs projets stratégiques dédiés à la fabrication locale des matières premières.
Pour sa part, le président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, Adda Bounedjar, a rappelé que le cinquième axe de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer est consacré à la recherche et à la formation. Il a souligné le renforcement des efforts nationaux dans ce domaine, précisant que la recherche sur le cancer représente à elle seule près de 40 % des travaux scientifiques menés à l’échelle mondiale. Il a expliqué que cette conférence, qui comprend six ateliers thématiques, vise à instaurer un véritable partenariat entre les différents secteurs concernés. Selon lui, l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale demeure étroitement liée à la disponibilité de données fiables et de registres nationaux rigoureux, indispensables au développement des essais cliniques et à l’amélioration des politiques de lutte contre le cancer. De son côté, la directrice générale du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), relevant de l’Organisation mondiale de la santé, Elizabete Weiderpass, a salué la stratégie nationale adoptée par l’Algérie. Elle a estimé que le pays dispose des atouts nécessaires pour jouer un rôle moteur dans le développement de la coopération scientifique et sanitaire en Afrique du Nord et dans le monde arabe.
À travers cette conférence internationale, l’Algérie réaffirme ainsi sa volonté de placer la recherche scientifique, l’innovation médicale et la coopération internationale au cœur de sa stratégie de prévention et de lutte contre le cancer, dans l’objectif d’améliorer durablement la prise en charge des patients et de renforcer la résilience du système national de santé.
Sarah Cheriet






