Coopération académique algéro-britannique: L’Emir Abdelkader s’installe à Oxford

0
74

L’Algérie franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son rayonnement scientifique et culturel à l’international avec la création de la « Chaire Emir Abdelkader » au Centre d’études islamiques d’Oxford, au Royaume-Uni. L’accord a été signé à Londres lors d’une cérémonie coprésidée par le ministre d’Etat, recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, dans le cadre de leur visite officielle au Royaume-Uni.

Intervenant à cette occasion, le recteur de Djamaâ El-Djazaïr a souligné que cette initiative s’inscrit dans la continuité des relations historiques entre l’Algérie et le Royaume-Uni, marquées par des échanges politiques, scientifiques et culturels. Selon lui, ce nouveau programme traduit la volonté des deux pays de consolider leur coopération à travers le savoir, la recherche scientifique et le dialogue académique. Cheikh Al Hoceini a affirmé que cette chaire constitue pour l’Algérie un investissement stratégique dans la connaissance et une vitrine du patrimoine civilisationnel national.

Il a estimé qu’elle reflète l’ambition du pays de renforcer sa présence culturelle et scientifique sur la scène internationale en favorisant des partenariats fondés sur l’échange intellectuel et la coopération entre les peuples. Le recteur a également mis en lumière la place centrale qu’occupe l’Emir Abdelkader dans la mémoire nationale. Au-delà de son rôle de résistant, il l’a présenté comme l’un des fondateurs de la pensée politique algérienne moderne, ayant contribué à l’édification d’institutions administratives, financières et judiciaires dans un contexte historique particulièrement complexe. Son action, a-t-il rappelé, reposait sur une conception de l’Etat fondée sur l’unité nationale, la légitimité et l’organisation des structures de gouvernance. Pour Cheikh Al Hoceini, l’étude de l’œuvre et de la pensée de l’Emir Abdelkader dépasse aujourd’hui le simple cadre historique. Elle offre des pistes de réflexion sur plusieurs enjeux contemporains majeurs, notamment le dialogue entre les cultures et les religions, l’éthique du pouvoir, la relation entre identité et ouverture, ainsi que la consolidation de la paix dans un monde confronté à de multiples fractures.

Le choix de l’Université d’Oxford pour accueillir cette chaire revêt également une portée symbolique particulière. Considérée comme l’un des principaux centres mondiaux du savoir, l’institution britannique, à travers son Centre d’études islamiques, joue un rôle reconnu dans le rapprochement des perspectives entre le monde musulman et l’Occident. Dans ce contexte, la figure de l’Emir Abdelkader apparaît comme un symbole universel capable de porter un message de dialogue, de compréhension mutuelle et de coexistence. En conclusion, le recteur de Djamaâ El-Djazaïr a exprimé sa gratitude au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour son soutien à ce projet, soulignant l’importance accordée au développement des partenariats scientifiques et culturels. Il a également remercié Sa Majesté le roi Charles III pour le parrainage du Centre d’études islamiques d’Oxford et son engagement en faveur du dialogue entre les peuples, des échanges culturels et de la coopération dans les domaines du savoir et de la recherche.

Rym Hamzaoui

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici