Une étude menée sur 66 personnes révèle que l’analyse de dessins réalisés avec un stylo intelligent pourrait contribuer au diagnostic de la maladie de Parkinson, avec un taux de précision annoncé proche de 99 %. Une avancée prometteuse qui doit toutefois être confirmée par des études plus importantes.
La manière de dessiner une simple spirale pourrait-elle permettre de détecter la maladie de Parkinson ? C’est la piste explorée par une équipe de chercheurs indiens, qui a développé une méthode associant un stylo biométrique à l’intelligence artificielle pour analyser les mouvements de la main. Publiée dans la revue scientifique Discover Computing, cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour l’identification des troubles moteurs caractéristiques de cette maladie neurodégénérative.
Un stylo capable d’analyser les mouvements
Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont exploité les données de 66 participants, dont 31 personnes atteintes de la maladie de Parkinson et 35 personnes en bonne santé. Les participants devaient reproduire deux figures : une spirale et un tracé composé de lignes anguleuses, appelé méandre. L’exercice était réalisé à l’aide d’un stylo biométrique capable d’enregistrer plusieurs paramètres, notamment la pression exercée, l’inclinaison du stylo, l’accélération et la précision des mouvements. Ces informations ont ensuite été analysées par des algorithmes d’intelligence artificielle afin de repérer les anomalies susceptibles de révéler des troubles de la coordination motrice.
Des résultats proches de 99 % de précision
Selon les résultats présentés, le système a atteint un taux de classification correcte de 98,95 % pour les tracés anguleux et de 97,74 % pour les spirales. Ces performances s’expliqueraient par la combinaison de deux types d’informations : l’analyse visuelle des dessins et l’enregistrement des mouvements effectués pendant leur réalisation. Chez les personnes atteintes de Parkinson, les tremblements, les variations de vitesse et les difficultés de coordination peuvent provoquer des irrégularités parfois difficiles à percevoir à l’œil nu. L’intelligence artificielle pourrait ainsi permettre de détecter certaines de ces modifications avec une grande précision.
Une méthode encore expérimentale
Malgré ces résultats encourageants, les scientifiques appellent à la prudence. L’étude repose sur un échantillon limité à 66 personnes, ce qui ne permet pas de garantir que les mêmes performances seraient obtenues à grande échelle. Par ailleurs, les participants atteints de Parkinson avaient déjà reçu leur diagnostic. Les travaux ne démontrent donc pas que cette méthode serait capable d’identifier la maladie avant l’apparition des premiers symptômes. Autre limite importante : le dispositif n’a pas été testé pour distinguer Parkinson d’autres maladies provoquant des tremblements ou des troubles de l’écriture. Enfin, les résultats devront être confirmés sur des groupes de patients indépendants avant toute utilisation médicale courante.
Vers un dépistage plus accessible ?
À terme, cette technologie pourrait devenir un outil complémentaire pour aider les neurologues à évaluer les troubles moteurs et à suivre leur évolution. Son principal intérêt réside dans son caractère non invasif : quelques dessins suffiraient à recueillir des informations sur la précision et la coordination des mouvements. Les chercheurs envisagent également la possibilité de développer des dispositifs utilisables à distance, facilitant ainsi le suivi des patients. Pour l’heure, cette méthode reste expérimentale et ne remplace pas l’examen clinique réalisé par un neurologue. Elle constitue néanmoins une piste intéressante pour améliorer les outils de diagnostic de la maladie de Parkinson.
Neila M






