Maintien de la paix en Afrique: L’UA et l’ONU consolident leur partenariat avec un rôle clé pour l’Algérie

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L’Union africaine et l’ONU accélèrent la modernisation de leurs missions de paix. D’après un communiqué de l’organisation continentale, cette alliance renforcée vise à transformer en profondeur l’administration et le suivi opérationnel des interventions en Afrique.

Selma Malika Haddadi, diplomate algérienne et vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, et AtulKhare, secrétaire général adjoint de l’ONU au soutien opérationnel, ont signé deux accords majeurs : une lettre d’intention renouvelée pour le soutien opérationnel et un protocole d’accord relatif au programme d’échange de connaissances et d’expertises, baptisé KEEP.

Ces engagements ne créent pas de nouvelle mission de terrain et ne débloquent pas immédiatement de nouveaux crédits. Ils ciblent l’architecture institutionnelle indispensable à l’efficacité des opérations, couvrant la planification des missions, la gestion budgétaire, la chaîne d’approvisionnement, les ressources humaines et les systèmes numériques. Pour les deux organisations, il s’agit de passer d’une simple coordination à une harmonisation stratégique fondée sur des priorités partagées, une responsabilité mutuelle et une évaluation rigoureuse de l’impact des actions engagées.Cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre de la résolution 2719, adoptée en décembre 2023 par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce texte pionnier autorise le financement d’opérations de paix menées par l’Union africaine via les contributions obligatoires de l’ONU, à hauteur de 75 % du budget annuel de chaque mission validée au cas par cas. Toutefois, ce plafond ne constitue pas un guichet automatique. L’accès à ces fonds reste conditionné par l’établissement de budgets précis, de mécanismes d’audit fiables et d’un suivi strict du respect des droits de l’homme, garantissant une utilisation optimale des ressources engagées.Sur le plan budgétaire, cette dynamique complète l’effort des États africains, qui se sont engagés à financer 25 % du coût des opérations de paix tout en approvisionnant le Fonds pour la paix de l’Union africaine. Ce fonds cible un capital de 400 millions de dollars, notamment alimenté par un prélèvement de 0,2 % sur les importations éligibles. L’objectif global consiste à bâtir une autonomie financière et logistique solide, tout en maximisant l’efficience des dépenses opérationnelles liées à l’achat de vivres, d’équipements médicaux, de carburant et de moyens de transport.Dans ce dispositif continental, l’Algérie occupe une position centrale, tant au niveau diplomatique que technique. Outre la signature des accords par Selma Malika Haddadi au nom de l’organisation panafricaine, Alger a abrité, du 19 au 23 juillet 2026, la première édition du programme STAR. Cette initiative a rassemblé des experts de l’UA et de l’ONU afin de renforcer la préparation opérationnelle et les capacités institutionnelles des cadres africains. L’accueil de cette session spécialisée illustre la volonté de l’Algérie de promouvoir des solutions africaines aux défis sécuritaires continentaux en investissant directement dans la formation et la maîtrise des outils de gestion.La portée réelle de ce partenariat rénové ne se calcule pas en montants financiers immédiats, mais dans sa capacité à structurer durablement les mécanismes d’intervention. En optimisant les chaînes logistiques, en réduisant les coûts de transition et en adoptant des normes d’audit rigoureuses, l’Union africaine et l’ONU posent les jalons d’opérations de paix plus réactives, mieux gérées et financièrement soutenables face aux crises complexes du continent.

D’un point de vue économique, l’appropriation africaine pourrait s’étendre de la prise de décision politique à la gestion d’une part plus importante du cycle des dépenses opérationnelles, en commençant par la définition des besoins et l’élaboration des budgets, puis la passation des marchés, le transport, le stockage et les communications, jusqu’au contrôle et à l’évaluation. Toutefois, les deux accords ne contiennent aucun engagement visant à restreindre les achats à l’Afrique ; l’impact économique réel dépendra donc de la capacité des institutions et des entreprises africaines à satisfaire aux critères techniques et financiers pour concurrencer les offres.Par ailleurs, le développement des systèmes numériques et financiers accroît la valeur des données mises à la disposition des décideurs. Cela permet de comparer les coûts aux résultats, de suivre la consommation de carburant et d’équipements, d’identifier les goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et d’optimiser l’affectation des ressources humaines. Ces outils prennent une importance accrue pour les missions opérant dans des zones éloignées ou touchées par des conflits, où les coûts de transport, d’assurance et de maintenance augmentent, de même que les risques de rupture d’approvisionnement.Par conséquent, la valeur économique des deux accords ne se mesure pas à un montant financier annoncé le communiqué n’ayant fait part d’aucun nouveau budget, mais à leur capacité à consolider le système qui gère les ressources avant et pendant le déploiement des missions. Les résultats se manifesteront à travers des indicateurs clés tels que la durée de préparation des missions, la précision des budgets, les délais de passation de marchés et de livraison, l’efficacité de la gestion des actifs, ainsi que la capacité du personnel africain à exploiter les systèmes financiers et logistiques.

Rym Hamzaoui

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