«L’Algérie qui célèbre le 05 juillet 2026 l’anniversaire de son indépendance est toujours à la recherche de son destin»

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Par Abderrahmane Mebtoul, expert international,  professeur des universités, docteur d’Etat 1974 en management stratégique ; Fils de feu El Moudjahid emprisonné à Lambèse et à E Harrach  de 1958-1962

 L’Algérie célèbre le  05 juillet   2026 l’anniversaire de l’indépendance où  la France reconnaît l’indépendance de l’Algérie le 3 juillet et celle-ci est proclamée le 5 juillet 1962. Après plusieurs décennies d’indépendance politique, l’Algérie est toujours à la recherche de son destin, une transition inachevée  et les défis qui l’attendent, avec un monde en plein bouleversement  géostratégique.   Depuis fort longtemps et pas seulement durant la période actuelle, l’Algérie semble chavirer un moment et reprendre avec hésitation ses équilibres à un autre moment. Pourtant, au-dessus de tout, l’Algérie reste un pays dynamique, plein de vitalité, qui se cherche pour trouver sa voie. La nouvelle stratégie d’adaptation, doit prendre en charge la nouvelle architecture des relations internationales et  les mutations internes de la société algérienne  et tenir compte de l’histoire  fondement de l’action future

D’où l’importance pour l’Algérie de se défaire du mythe de la rente issue des exportations de matières premières brutes et semi-brutes. L’importance de cette rente et des réserves de change issues de cette rente n’est pas un signe de développement.  Le Venezuela, premier réservoir mondial de pétrole, est connait d’importantes difficultés et  certains   pays riches en minerais de l’Afrique sont toujours en sous-développement.  Il faudra éviter l’illusion monétaire face aux tensions financières et budgétaires inévitables.  Attention donc à la dérive salariale  sans contreparties productives sans relancer la machine économique qui conduit à la dérive inflationniste, pénalisant  les couches défavorisées, sans relancer la machine économique, l’inflation dont l’indice devra être régulièrement réactualisée, l’ être humain à l’ère d’internet, n’étant pas un tube digestif, et c’est une loi économique jouant comme facteur de redistribution  des  revenus au profit des revenus variables et notamment des couches spéculatives, pénalisant les revenus fixes. Il faudra aussi  tenir compte de la pression démographique, souvent oubliée, qui est une véritable bombe à retardement : plus de 50 millions d’habitants vers 2030  L’Algérie  devra  avoir un taux de croissance minimum de 7/8% par an tiré par les segments à forte valeur ajoutée  pour absorber la demande d’emplois additionnelle 350 000 an minimum qui s’ajoute au plus de 11% du taux de chômage actuel, devant tenir compte avec la nouvelle révolution technologique la structure de l’emploi est appelé à changer devant reposer sur un niveau de qualification élevé  .  Il y a lieu de procéder sans complaisance à un examen très lucide de la situation pour mieux réagir dans plusieurs secteurs de la vie économique et sociale, tels l’éducation,  la santé,  l’agriculture, les finances…Des mesures sont nécessaires pour améliorer l’efficacité de l’administration, relancer des entreprises à travers une nouvelle politique industrielle, lutter contre les déséquilibres régionaux et les inégalités sociales…  Avec le développement des réseaux sociaux, les partis traditionnels et les sociétés civiles servent de moins en moins d’intermédiation. L’opposition qui est atomisée et les nombreux micro-partis et organisations sont déconnectés de la réalité du nouveau monde   et n’arrivent pas à mobiliser la population.  D’où l’importance  des stratégies d’adaptations aux mutations internes de la société algérienne où à  l’heure  des grandes défis géostratégiques, le  devenir de l’Algérie est au sein de l’Afrique du Nord  et des espaces africains  et euro-méditerranéens, Lorsqu’un État émet des règles qui ne correspondent pas à la réalité de la société, celle-ci émet ses propres règles avec le développement de la sphère informelle et c’est là l’explication de l’extension de la sphère informelle qui contrôlent plus de 33% e la masse monétaire en circulation  et domine la sphère réelle hors hydrocarbures.

Six axes directeurs pour le développement de l’économie algérienne

Premièrement, toute politique de développement  n’aura de chance d’aboutir que par  la  refonte de l’État reposant  sur l’éthique  et un consensus social entre les acteurs politiques, sociaux et économiques. Cette adaptation devra reposer sur une réelle décentralisation, et une réorganisation institutionnelle centrale et locale autour de six à sept grands pôles économiques régionaux homogènes, à ne pas confondre avec la  création de nouvelles structures administratives, dont la dynamisation reposera sur de centres de recherche développement régionaux. Dans ce cadre, je propose la  mise en place d’un  Commissariat chargé de la planification stratégique, indépendant du gouvernement,  sous l’autorité directe du président  de la république. Deuxièmement, une nouvelle  vision  dans les domaines économique, social, culturel, diplomatique, militaire et sécuritaire; dans les relations internationales; et dans la  pratique des affaires pour attirer  l’investissement productif, nécessitant  la levée des blocages et obstacles bureaucratiques centraux et locaux à travers la généralisation de la numérisation. Troisièmement   une réforme profonde  de  la gestion des entreprises publiques  dont la majorité sont structurellement déficitaires , lever les contraintes pour l’épanouissement du secteur privé productif,  et améliorer la gestion de  Sonatrach lieu de production de la rente assurant avec les dérivées plus de 97% des ressources en devises du pays,  qui devra être à terme être coté en bourse à l’instar des grandes compagnies internationales,  et rendre plus performant  le système financier lieu de distribution de la l rente ( domaine, banques, fiscalité, douane) existant un lien dialectique entre le niveau de la  rente de Sonatrach et le fonctionnement du système financier algérien. Quatrièmement, résoudre  l’épineux problème du foncier car actuellement le mètre carré est trop cher  où souvent  les autorités attribuent le terrain sans viabilisation ni utilités : routes, téléphone, gaz, électricité. Cinquièmement, une nation sans son élite est comme un corps sans âme.  La quatrième révolution économique mondiale est fondée sur la connaissance et l’intelligence artificielle qui devrait bouleverser la gestion des institutions, des entreprises, la structure de l’emploi et nos comportements.. A ce titre s’il faut se féliciter en ce mois de juin 2026  de la  création du  Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger pour le développement national  est un organe consultatif placé sous l’autorité de la Présidence de la République algérienne, regroupant  des scientifiques et chercheurs de renom, dont certains sont en retraite , d’autres travaillant pour des institutions stratégiques donc couvert par le secret pour leur recherche, étant très attentif au sort de leurs  collègues en Algérie  et il serait intéressant de leur demander pourquoi ils ont  fait ou font  leur carrière à l’étranger. Car il faut savoir que selon les experts chez les adultes, l’innovation connaît généralement deux pics, le premier vers 25-40 ans (l’innovation conceptuelle, la tranche en Algérie qui connait pour les meilleures  compétences l’exode ) et le second vers 55 ans et plus la synthèse et l’expérience). Cette institution et l’expérience de la  Chine  est méditer qui a su intégrer sa diaspora   devra travailler d’une manière permanente  et non  sporadique en étroite collaboration avec les compétences locales via les laboratoires, et surtout  éviter cet exode massif de cerveaux de jeunes  par des actions concrètes pour retenir ce   reste. Cela n’est pas propre à l’Algérie car  l’exode  des cerveaux en Afrique représente une perte majeure de compétences  et de capitaux humains, bien plus important que toutes les richesses de matières premières où chaque  année, des dizaines de milliers de diplômés qualifiés (médecins, ingénieurs, chercheurs) quittent le continent pour les pays industrialisés à cause du chômage, du manque d’infrastructures, de la mauvaise gouvernance et de rémunérations souvent insuffisantes. Sixièmement intégrer la sphère informelle dominante qui sert transitoirement de soupape face au chômage, produit de la faiblesse de la croissance économique  par des mécanismes de régulation transparent loin de toute action autoritaire. Car  lorsqu’un État émet des règles qui ne correspondent pas à la réalité de la société, celle-ci émet ses propres règles avec le développement de la sphère informelle et c’est là l’explication de l’extension de la sphère informelle qui contrôlent plus de 33% e la masse monétaire en circulation  et domine la sphère réelle hors hydrocarbures. En résumé,  de   1963 à ce jour, contrairement à certaines analyses malveillantes, l’Algérie a connu d’importantes réalisations, mais également des imperfections qu’il s’agit de corriger  et évitons tant la sinistrose que l’autosatisfaction si on veut réaliser le redressement national et donc  dresser un bilan objectif  loin de tout populisme ( voir le bilan à travers les  audits pour les différents gouvernements successifs et  les différentes contributions  nationales et internationales de la période 1965 à 2025 réalisées sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul ).   Quelle était la situation de l’économie, de l’éducation, des infrastructures, des branchements en gaz et électricité où en  1962, la population était alors de 11,62 millions d’habitants, dont 95% d’analphabètes et 80% vivaient dans des taudis.   Cependant en  ce mois de juin 2026, tous les observateurs impartiaux, s’accordent à dire  que les dépenses n’ont pas été proportionnelles aux impacts économiques et sociaux de 6 à 2026 et ce  faute de planification stratégique : non maturation de projets, nécessitant des études de marché sérieuses tenant compte des nouvelles filières émergentes au niveau mondial, déclassant les anciennes. Pour terminer à l’instar de bon nombre de pays qui ont reconnu les méfaits de la colonisation notamment en Afrique,  le devoir de mémoire s’impose mais entre la France et l’Algérie qui ne demande par la voix de son président, pas  de dédommagements financiers mais une reconnaissance morale, il s’agira du fait d’importantes tensions régionales notamment au Sahel,  de préparer l’avenir  afin d’entreprendre ensemble.

A.M

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