L’extension des horaires universitaires jusqu’à neuf heures du soir suscite un vif débat en Algérie, provoquant des réactions contrastées parmi les étudiants, leurs parents et les organisations étudiantes. Si certains s’opposent catégoriquement à cette mesure en raison de problèmes de transport et d’insécurité, d’autres jugent son application possible, à condition d’assurer l’encadrement nécessaire, notamment la sécurité, le transport et la restauration. Au cœur des discussions figurent ainsi les modalités d’application du texte, la définition des publics concernés et la capacité des services universitaires à offrir des conditions d’accueil adaptées.
De nombreux étudiants et leurs familles expriment des craintes majeures liées aux déplacements tardifs et aux risques sécuritaires en soirée. Face à ces inquiétudes, les syndicats étudiants préconisent de cibler des groupes spécifiques et d’adapter le dispositif aux contraintes géographiques et sociales, en particulier pour les jeunes résidant dans des zones éloignées ou isolées, afin d’éviter que ces obstacles ne nuisent à leur parcours académique. La Coordination nationale pour la protection de la société à Constantine s’est fait l’écho de ces préoccupations, soulignant le désarroi des parents quant à la sécurité de leurs enfants et appelant à concilier le droit à l’enseignement avec des garanties de protection et de transport. Des clarifications sur les modalités d’application ont été apportées lors d’une réunion de concertation entre la direction de l’université Frères Mentouri (Constantine 1) et les représentants étudiants. Relayées par l’Organisation étudiante algérienne libre, les déclarations du recteur confirment que les cours du soir ne seront pas généralisés à l’ensemble des effectifs, mais restreints à un nombre limité d’étudiants. Les discussions ont également abordé la gestion du réseau de transport universitaire en période hivernale, l’organisation des résidences et le réajustement des horaires du dîner. Il a été précisé que les étudiants résidant hors de la wilaya de Constantine ainsi que ceux inscrits en tronc commun ne seront pas concernés par ce dispositif. La programmation des cours nocturnes dépendra des besoins pédagogiques, des filières et des effectifs. Des facilités sont également prévues, comme la possibilité de remplacer une séance manquée en soirée par un cours dans un autre groupe. La direction s’est engagée à garantir la présence de la sécurité et des transports avant tout déploiement à plus grande échelle, précisant que les cours s’achèveront vers 20h15 pour permettre un départ des bus universitaires à 20h30. Par ailleurs, les organisations étudiantes ont insisté sur la nécessité d’adapter les services de restauration et les conditions d’hébergement. Le Regroupement des étudiants algériens libres de Constantine 1 a apporté des détails complémentaires à la suite d’une rencontre tenue le 24 septembre 2026, rappelant que l’extension de l’activité universitaire jusqu’à 21 heures vise principalement à maximiser l’utilisation des infrastructures. Celles-ci seront notamment dédiées à l’intelligence artificielle, à la transition numérique, à l’entrepreneuriat, aux incubateurs, à la recherche scientifique et aux activités académiques. Les première et deuxième année de tronc commun restant exclues du dispositif, les cours du soir cibleront prioritairement des spécialités à effectifs réduits, sous réserve d’un accompagnement rigoureux en matière de transport, de restauration et de sécurité.
Sonia Stambouli






