La Tunisie passe un cap décisif dans la gestion de sa crise énergétique estivale. Les autorités compétentes ont annoncé la fin définitive du délestage périodique pour la période restante de la saison chaude, assurant que les coupures programmées d’électricité appartiennent désormais au passé.
Cette amélioration de la situation s’appuie en grande partie sur l’efficacité des infrastructures d’interconnexion régionale, au cœur desquelles l’Algérie joue un rôle importantdans la stabilisation du réseau électrique tunisien. L’interconnexion électrique entre les deux pays voisins constitue un levier stratégique majeur, offrant une capacité de transit d’environ 600 mégawatts conformément à l’accord annuel en vigueur. Ce volume d’approvisionnement s’adapte en temps réel aux variations de la demande tunisienne et aux contraintes météorologiques. Selon des précisions apportées par le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, la solidarité algérienne ne s’est jamais démentie. La brève interruption des livraisons survenue lors des récents incendies en Algérie répondait uniquement à des impératifs techniques et de sécurité pour préserver l’intégrité des lignes d’acheminement d’électricité. Dès le retour à des conditions sûres, l’approvisionnement a repris à son rythme normal, écartant tout risque de perturbation majeure, précise la même source.Parallèlement à l’appui algérien, la Tunisie accélère sa transition vers des sources d’énergie plus durables pour diversifier son mix électrique national. Les données enregistrées durant la première moitié de l’année 2026 témoignent d’une progression remarquable de la part des énergies renouvelables, atteignant désormais près de 9 % de la production globale, soit une moyenne de 200 mégawatts injectés chaque jour. Cette avancée traduit une accélération nette par rapport à l’année précédente et s’inscrit dans une feuille de route nationale ambitieuse visant à porter cette contribution à 35 % à l’horizon 2035, puis à la moitié de la production nationale d’ici 2050.
Cette poussée des énergies propres permet également de réduire progressivement la dépendance historique au gaz naturel pour la génération d’électricité. Bien que la part du gaz reste prédominante dans le mix national, elle enregistre une légère baisse pour s’établir à 90 % sur les sept premiers mois de l’année. Dans ce schéma, le gaz naturel algérien demeure une ressource indispensable en couvrant près de 65 % des besoins nécessaires à la production électrique tunisienne, le reste étant assuré par les gisements locaux.
Maria T.






