Commerce extérieur: Un marché africain de 1,3 milliard de consommateurs à conquérir

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Le gouvernement s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de promotion des exportations hors hydrocarbures avec le lancement prochain d’un guichet unique dédié aux exportateurs. Annoncée jeudi à Alger par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, cette plateforme vise à simplifier, numériser et accélérer l’ensemble des démarches liées aux opérations d’exportation, tout en facilitant l’accès des produits algériens aux marchés africains.

S’exprimant à l’ouverture d’une journée d’information consacrée à « l’accès aux marchés africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) », le ministre a affirmé que son département poursuivait ses efforts pour accompagner les opérateurs économiques et lever les contraintes auxquelles ils sont confrontés. Cette démarche repose notamment sur la mise en place d’outils numériques et de mesures de simplification administrative destinés à améliorer l’environnement des affaires à l’export et à renforcer la compétitivité des produits nationaux sur le continent.

Dans cette optique, Kamel Rezig a rappelé la création de l’Organisme algérien des exportations, institué par le décret exécutif n°25-234 du 3 septembre 2025. Cette structure a pour mission de soutenir la politique nationale de promotion des exportations, d’accompagner les entreprises dans la prospection de nouveaux débouchés et de faciliter leur implantation sur les marchés africains. Le ministre a également mis en avant les opportunités offertes par la ZLECAf, qu’il a qualifiée de l’un des espaces économiques les plus prometteurs au monde. Avec plus de 1,3 milliard de consommateurs, cette zone ouvre des perspectives considérables pour l’élargissement des échanges commerciaux, le développement des investissements intra-africains et la création de chaînes de valeur intégrées à l’échelle continentale. Selon lui, la mise en œuvre progressive de cet accord s’inscrit pleinement dans la volonté de l’Algérie de renforcer sa présence économique en Afrique et de consolider son statut d’acteur majeur du commerce continental.

À cet égard, il a rappelé que 25 États membres ont supprimé, depuis le 1er janvier 2025, les droits de douane sur 90 % des lignes tarifaires, tandis que le démantèlement progressif des taxes restantes devrait conduire à leur suppression totale à l’horizon 2030. Kamel Rezig a insisté sur la nécessité de mieux sensibiliser les opérateurs économiques aux mécanismes régissant les échanges avec les pays africains. Il a notamment évoqué les règles d’origine, les avantages douaniers, les dispositifs logistiques et financiers ainsi que les exigences spécifiques d’accès aux différents marchés du continent. Le ministre a, par ailleurs, appelé les entreprises algériennes à intensifier leurs exportations hors hydrocarbures, particulièrement dans les secteurs industriel, agricole, pharmaceutique et des services. Il a souligné que l’Algérie dispose aujourd’hui d’atouts importants, tant en matière d’infrastructures que de capacités logistiques, pour renforcer sa présence commerciale à l’international. Revenant sur les récentes performances du secteur, il a mis en exergue les résultats enregistrés lors de la Foire des produits algériens organisée à Nouakchott, en Mauritanie. Cet événement, qui a réuni 354 entreprises de production et de services, s’est soldé par la signature de 72 accords commerciaux.

Il a également invité les opérateurs nationaux à participer aux prochaines manifestations économiques prévues au Niger, au Tchad et au Sénégal. Le ministre a également salué le « succès remarquable » de la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), tenue en Algérie en septembre dernier. Cette manifestation a permis la conclusion de plusieurs contrats, dont une part estimée à 11,4 milliards de dollars au profit de l’Algérie, confirmant, selon lui, la montée en puissance du pays en tant que futur hub économique et commercial du continent africain. De son côté, le vice-président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Chakib Boublenza, a plaidé pour la mise en place d’un « couloir vert » au profit des exportateurs afin de fluidifier davantage les procédures administratives et douanières. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités humaines et logistiques pour tirer pleinement profit de l’expansion des marchés africains, dont la population de consommateurs devrait atteindre 2,5 milliards de personnes à l’horizon 2050.

La rencontre, à laquelle ont pris part le directeur général des Douanes, le général-major Abdelhafid Bakhouche, ainsi que de nombreux représentants d’institutions publiques et d’entreprises économiques, a été ponctuée par plusieurs ateliers consacrés aux opportunités d’exportation vers l’Afrique, aux avantages de la ZLECAf et aux mécanismes de facilitation des procédures douanières et logistiques. Un rendez-vous qui confirme la volonté des pouvoirs publics de faire des exportations hors hydrocarbures l’un des principaux leviers de diversification de l’économie nationale.

Sonia Stambouli

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