Africa CDC: L’Algérie couvre plus de 80 % de ses besoins en produits de santé

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L’Algérie figure parmi les très rares pays au monde capables de produire plus de 80 % des produits de santé qu’ils consomment. C’est ce qu’a affirmé le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, qui a salué le rôle de premier plan joué par l’Algérie dans le renforcement de la sécurité sanitaire en Afrique et dans la lutte contre les épidémies sur le continent.

Dans une déclaration accordée à l’APS, en marge de sa participation aux travaux d’un atelier régional consacré au développement du programme d’évaluation des technologies de la santé, organisé à Alger, M. Kaseya a indiqué que l’Algérie est « le seul pays en Afrique et l’un des rares au monde à fabriquer plus de 80 % des produits de santé qu’il utilise ». Un constat, a-t-il précisé, établi à l’issue de la visite qu’il avait effectuée en Algérie en novembre dernier. Le responsable d’Africa CDC a mis en avant la position avant-gardiste de l’Algérie en matière de sécurité sanitaire.

Il a rappelé les entretiens qu’il a eus avec le ministre de la Santé et le ministre de l’Industrie pharmaceutique, affirmant que le pays est « à l’avant-garde de tout ce qui est sécurité sanitaire » et constitue un véritable pays pilote dans le domaine pharmaceutique. Jean Kaseya a également salué l’excellente coopération entre l’Algérie et Africa CDC dans la prévention et la lutte contre les maladies en Afrique. Il a souligné que l’Algérie ne se limite pas à fournir des produits pharmaceutiques aux pays africains, mais met également à leur disposition des compétences humaines hautement qualifiées. « L’Algérie dispose d’un potentiel incroyable en ressources humaines », a-t-il insisté, estimant que la coopération avec les pays africains permet de maîtriser les épidémies à leur source, renforçant ainsi la souveraineté et la sécurité sanitaire de l’Algérie comme de l’ensemble du continent.

Évoquant la conférence ministérielle sur la production locale de médicaments et des autres technologies de santé en Afrique, organisée à Alger en novembre dernier, M. Kaseya a rappelé qu’elle avait abouti à l’adoption de la Déclaration d’Alger, qu’il considère comme un tournant majeur. Selon lui, cette déclaration marque la première fois où l’Afrique affirme clairement sa volonté de bâtir sa propre souveraineté sanitaire. Il a précisé que cette question figurait au centre de la réunion d’une heure qu’il a tenue lundi avec le ministre de l’Industrie pharmaceutique, ajoutant que l’évaluation de la coopération entre les deux parties est « très positive ».

Le directeur général d’Africa CDC a également souligné que la création d’un ministère dédié à l’Industrie pharmaceutique en Algérie traduit « la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en matière de souveraineté sanitaire », saluant une démarche qu’il juge stratégique pour le développement du secteur. Interrogé sur la situation de l’épidémie d’Ebola en Afrique, M. Kaseya a indiqué que plus de 1.900 cas confirmés et plus de 700 décès avaient été enregistrés jusqu’à présent. Il a estimé que la situation demeure préoccupante mais reste maîtrisable, tout en remerciant l’Algérie pour son soutien, y compris l’appui financier qu’elle s’est engagée à apporter.

Plus largement, le responsable d’Africa CDC a relevé que la situation sanitaire sur le continent africain connaît une amélioration progressive, même si elle demeure freinée par l’insuffisance des financements consacrés aux systèmes de santé dans plusieurs pays. Il s’est toutefois félicité d’une évolution des mentalités au sein des États africains. « Pour la première fois, nous parlons d’abord des financements africains avant d’évoquer les financements extérieurs », a-t-il déclaré, précisant que 125 millions de dollars ont déjà été mobilisés par les pays africains pour faire face à l’épidémie d’Ebola. Une évolution qu’il considère comme le signe d’une véritable prise de conscience en faveur du renforcement de la souveraineté sanitaire du continent.

Hakima Halimi

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