L’Algérie à la conquête d’une nouvelle influence régionale: Analyse d’un tournant géopolitique

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Dans une analyse prospective publiée par la revue américaine « Foreign Policy », la politologue Sabina Henneberg, chercheuse au « Washington Institute for Near East Policy », décrypte les nouvelles ambitions stratégiques de l’Algérie sur la scène internationale.

Selon la chercheuse, le pays d’Afrique du Nord amorce un virage diplomatique majeur destiné à réaffirmer son leadership et son influence régionale après plusieurs décennies de retrait partiel. Ce redéploiement sur l’échiquier géopolitique s’incarne de manière spectaculaire par une rupture nette des relations avec les Émirats arabes unis, marquant la volonté ferme d’Alger de ne plus subir les ingérences extérieures dans sa sphère d’influence directe.Les tensions entre l’Algérie et les Émirats arabes unis ne datent pas d’hier, mais elles ont atteint un point de non-retour. La décision formelle du ministère algérien des Affaires étrangères de rompre les liens diplomatiques avec Abou Dhabi constitue l’aboutissement d’une dégradation continue des rapports entre les deux nations. Bien que la diplomatie algérienne n’ait pas détaillé l’ensemble des motifs officiels ayant motivé cette sanction d’une rare gravité, l’analyse de Sabina Henneberg soulève les raisons sous-jacentes de ce différend.Il apparaît en effet que la frustration d’Alger s’est intensifiée face à la stratégie émiratie en Afrique du Nord. Le soutien financier et logistique apporté par Abou Dhabi à divers groupes armés à travers la région y compris des factions soupçonnées d’agir ou d’infiltrer le territoire national est perçu par Alger comme une tentative directe de déstabilisation. Pour les dirigeants algériens, ce comportement franchit une ligne rouge sécuritaire et menace directement l’équilibre stratégique, la souveraineté ainsi que l’intégrité territoriale de la région.Cette fermeté affichée envers les Émirats arabes unis n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans une reconfigurations plus globale de la politique étrangère algérienne initiée depuis 2019. Historiquement, l’Algérie a toujours tiré sa légitimité internationale de son rôle de médiateur chevronné et de pilier de la stabilité en Afrique du Nord et dans le Sahel. Aujourd’hui, la présidence d’Abdelmadjid Tebboune marque une rupture évidente avec cette période de stagnation. Alger déploie une diplomatie offensive et pragmatique pour reconquérir son rang. Cette feuille de route repose sur la diversification et le rééquilibrage de ses partenariats internationaux. L’Algérie réévalue activement ses relations stratégiques avec les grandes puissances mondiales, naviguant avec habileté entre Washington et Moscou, tout en consolidant ses alliances économiques et sécuritaires émergentes.En tenant tête à Abou Dhabi et en affirmant ses positions sans concession sur les dossiers régionaux brûlants, l’Algérie démontre sa détermination à ne plus rester en marge des grandes décisions géopolitiques. Le pays entend de nouveau peser de tout son poids dans la résolution des crises régionales, tout en protégeant rigoureusement ses intérêts de sécurité nationale.Cette mutation reflète la transition d’une diplomatie autrefois défensive vers une posture proactive. Comme le souligne sabinahenneberg dans « foreignpolicy », l’Algérie ne se contente plus de préserver son pré carré, elle réclame pleinement sa place de puissance incontournable en Afrique du Nord et sur la scène internationale.

Mohamed B.