Les importantes décisions prises par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, témoignent d’une forte détermination à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, à travers un ensemble de mesures concrètes globales et complémentaires.
Annoncées dimanche dernier en Conseil des ministres, ces décisions, qui prévoient la mise en œuvre immédiate d’une série de mesures concrètes sur le terrain, traduisent une démarche visant à mobiliser tous les moyens disponibles pour endiguer tout facteur susceptible d’affecter le pouvoir d’achat des citoyens, dans le cadre d’une approche intégrée reposant sur l’anticipation, le travail de terrain et le recours aux meilleures méthodes de gestion des données, permettant ainsi aux services de l’Etat concernés d’assurer l’efficacité requise et d’atteindre les résultats escomptés. La complémentarité entre les différentes mesures annoncées et leur niveau de précision font des sept décisions prises par le chef de l’Etat un plan d’action cohérent pleinement adapté aux impératifs de protection du pouvoir d’achat des citoyens, que le président de la République a placé au cœur de la politique nationale de développement économique. Entre autres décisions, le président de la République a ordonné d’entamer, immédiatement, l’élaboration d’un projet de texte visant à réglementer de manière stricte l’activité des intermédiaires de vente entre les producteurs et les citoyens, ce qui a le mérite de mettre en avant un maillon particulièrement important de la chaîne de commercialisation des produits, dans la mesure où un tel texte constituera un instrument déterminant pour mieux maîtriser les circuits de distribution, notamment en matière de prix et de marges bénéficiaires, et mettre un terme aux dérives commerciales. Dans le même contexte, le président de la République a ordonné au Premier ministre d’ouvrir immédiatement une enquête sur le rôle négatif de certains importateurs dans la monopolisation et la hausse des prix des viandes importées et auprès des boucheries qui les commercialisent au prix de la viande locale, et ce, à travers l’ensemble des wilayas et des quartiers.Il a également ordonné de renforcer les brigades de contrôle des prix relevant du ministère du Commerce intérieur et d’assurer des sorties d’inspection quotidiennes sur le terrain tout au long de l’année. Dans le même sillage, le président de la République a chargé le ministre de l’Intérieur, en coordination avec les walis de la République, de mettre en place un mécanisme permettant d’acheter les excédents de produits au niveau local, de les stocker, puis de les injecter sur le marché dès l’apparition des premiers signes de fluctuation des prix.Il s’agit là d’une mesure concrète reposant sur une vision clairvoyante et une conception rigoureuse, qui vise à traiter la question sous tous ses angles, dans le cadre d’un dispositif intégré.De plus, le président de la République a renforcé ces mesures par d’autres décisions tout aussi importantes : l’élaboration, par le ministère du Commerce intérieur, d’un dispositif de plafonnement des prix et de fixation des marges bénéficiaires des légumes, des légumineuses, des pâtes et des viandes, en tenant compte des chaînes de production et de commercialisation, la mise en place d’un système décentralisé permettant aux directeurs du commerce, sous la responsabilité des walis, d’assurer le suivi quotidien, au niveau local, des prix des produits de large consommation, et, en troisième lieu, la coordination des efforts du ministère de l’Intérieur, du ministère du Commerce intérieur et du Haut-commissariat à la numérisation pour la création d’une base de données numérique de contrôle rapide et efficace des prix, qui fera office de mécanisme d’alerte permettant aux services concernés d’intervenir pour rétablir l’équilibre des prix des produits en cas de hausse anormale. Réagissant à ces décisions, des associations nationales et des experts économiques ont salué, la portée de ces mesures pour assurer le suivi des prix et de la disponibilité des produits de consommation de base, les qualifiant d’opérationnelles et décisives pour préserver le pouvoir d’achat des Algériens et mettre un terme à toutes les formes de monopole et de spéculation sur le marché national.A ce titre, le président de l’Organisation algérienne de défense du consommateur « Himayatec », Mohamed Aissaoui, a souligné l’importance de ces mesures visant à assurer un suivi quotidien des prix et de la disponibilité des produits de consommation de base à travers l’ensemble du territoire national, ce qui constitue, a-t-il dit, « une avancée positive » répondant aux préoccupations des consommateurs et mettant un terme aux pratiques illicites. Ces mesures devraient contribuer à stabiliser les prix des produits de consommation de base, selon M. Aissaoui, qui a estimé que leur mise en œuvre, notamment l’organisation de l’activité des intermédiaires, la révision des marges bénéficiaires, le renforcement des contrôles sur le terrain et la mise en place d’un mécanisme d’absorption et de stockage des excédents de la production agricole, permettra de « passer du traitement de la hausse des prix à l’anticipation des déséquilibres et à une intervention précoce pour réguler le marché ».
La réalisation de cet objectif est « l’essence même de la réforme escomptée », a-t-il considéré, soulignant qu’elle permettra, d’une part, de protéger les producteurs contre les pertes et de préserver leurs équilibres commerciaux et, d’autre part, de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
Il a également relevé l’importance d’impliquer les associations de protection des consommateurs dans le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de ces décisions sur le terrain, les considérant comme un « partenaire essentiel » dans la détection des anomalies sur le marché et la transmission des préoccupations des citoyens. De son côté, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, a salué la teneur des orientations données par le président de la République lors de la réunion du Conseil des ministres, estimant qu’elles sont « importantes et revêtent une dimension stratégique » pour l’organisation des réseaux de distribution, la régulation du marché national et la préservation du pouvoir d’achat des citoyens, ainsi que pour la modernisation du système économique en général et du secteur commercial en particulier. Ces mesures, décidées à quelques mois seulement du mois de Ramadhan, constituent « une réponse concrète » aux dysfonctionnements relevés au niveau des chaînes de production, de stockage et de distribution, soulignant que la décision de mettre en place un mécanisme d’achat et de stockage des excédents de production jouera « un rôle central » dans la garantie de la pérennité de l’approvisionnement et de la stabilité des prix à long terme., a-t-il ajouté. De son côté, l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a également exprimé sa satisfaction quant aux conclusions de la réunion du Conseil des ministres, saluant les orientations « fermes » du président de la République visant à réguler le marché national et à lutter contre la spéculation et les dysfonctionnements affectant l’approvisionnement des citoyens en produits de consommation de première nécessité, en prévoyant notamment la mise en place de mécanismes concrets d’encadrement des prix et de fixation des marges bénéficiaires, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et d’assurer un équilibre entre les intérêts des producteurs, des opérateurs économiques et des commerçants, d’une part, et les droits des consommateurs, d’autre part. Ces décisions constituent « une étape essentielle vers l’instauration de règles plus strictes et plus transparentes pour la régulation du marché et la fin des pratiques illicites consistant à exploiter les circuits de distribution des produits pour augmenter les prix et porter préjudice aux consommateurs », a souligné l’Union, ajoutant qu’elle mobilisera ses structures nationales et locales afin de contribuer à la mise en œuvre de ces orientations, de manière à « renforcer la discipline commerciale et à protéger aussi bien le commerçant respectueux de la réglementation que le consommateur ».Cela traduit une volonté réelle du président Tebboune d’aller toujours de l’avant dans la mise en exécution de ses engagements envers le peuple et qu’il ne ménagera aucun effort lorsqu’il s’agit de préserver l’intérêt des citoyens et répondre à leurs préoccupations.Le président de la République avait, maintes fois, réaffirmé l’engagement de l’Etat à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, soulignant que les efforts déployés actuellement visaient à renforcer les revenus hors hydrocarbures et que les réserves de change se maintiendraient à un niveau élevé à l’horizon 2031. Lors de sa récente entrevue périodique avec des représentants de la presse nationale, le chef de l’Etat a indiqué que « la plupart des agriculteurs ne sont pas responsables du niveau atteint par les prix, mais tous ceux qui en sont à l’origine devront assumer leurs responsabilités, car nous devons préserver le pouvoir d’achat des citoyens ». Pour rappel, le chef de l’Etat avait insisté auprès du gouvernement qu’il ne sera jamais toléré de créer la pénurie, pour quelque raison que ce soit, enjoignant à davantage de vigilance au niveau du ministère du Commerce pour lutter contre les lobbies de l’importation, qui tentent de faire chanter l’Etat, et ce, en retirant leurs licences et registres de commerce dès que leur implication est établie.Dans le même contexte, le président de la République avait appelé à la préparation d’un décret présidentiel réglementant le commerce extérieur, y compris les opérations d’exportation, qui nécessitent de minutieuses études de faisabilité financière et économique du marché national et international, afin que l’exportation ne devienne pas une malédiction et une source de pénurie et de déséquilibre du marché national. Il avait maintes fois rappelé les mesures et les dispositions inédites mises en place pour préserver le caractère social de l’Etat, en tête desquelles l’institution de l’allocation chômage et l’augmentation des salaires. Il avait affirmé, à ce titre, que l’Etat continue à veiller sur la protection du pouvoir d’achat du citoyen à travers la lutte contre les spéculateurs et les provocateurs de pénuries qui saisissent les occasions pour attenter à la stabilité sociale.Le chef de l’Etat avait donné des instructions fermes au gouvernement en vue d’accorder un intérêt accru à la situation sociale du citoyen et veiller à l’amélioration de son pouvoir d’achat, tout en insistant sur le rôle du gouvernement dans la garantie de la disponibilité et de la stabilité des prix des produits alimentaires.
T. Benslimane






