Hydrocarbures: Sonatrach élargit son empreinte pétrolière au bloc de Bilma

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La présence de la compagnie nationale Sonatrach au Niger ne se limite plus au seul périmètre d’exploration de Kafra. Avec le lancement d’un nouveau programme de forage de quatre puits, l’implication opérationnelle de ses filiales spécialisées dans la géophysique, le forage et la distribution, la commercialisation conjointe du brut nigérien et la fourniture de carburants algériens, la relation bilatérale franchit un palier stratégique. L’intégration officielle du bloc de Bilma dans le périmètre d’évaluation entre les deux pays ouvre désormais la voie à un partenariat énergétique complet, couvrant l’amont pétrolier, les services, le raffinage et le négoce.

Hydrocarbures: Sonatrach élargit son empreinte pétrolière au bloc de Bilma

D’après le communiqué du gouvernement nigérien relatif à la visite de travail de Mohamed Arkab à Niamey, les deux parties ont formellement abordé l’élargissement de leur coopération à de nouvelles zones, en citant nommément le périmètre de Bilma parmi les zones d’intérêt à l’étude, parallèlement au suivi des engagements sur Kafra et aux préparatifs techniques du tronçon nigérien du Gazoduc Transsaharien (TSGP).L’inclusion de Bilma constitue une évolution notable dans la feuille de route commune, bien qu’elle ne signifie pas encore l’entrée directe de Sonatrach en tant qu’opérateur sur ce bloc. Alors que le permis de Kafra est régi par un contrat de partage de production entre l’État du Niger et Sonatrach via sa filiale internationale SIPEX, le bloc de Bilma fait actuellement l’objet d’un contrat de partage de production entre l’État nigérien et la société nationale Sonidep. À ce stade, la démarche consiste à évaluer les modalités et opportunités techniques et économiques d’une contribution algérienne sur ce périmètre.Sur le terrain, les procédures réglementaires et techniques relatives à Bilma ont déjà débuté. La Sonidep a notamment organisé à Agadez, au mi-septembre, un atelier dédié à la gestion des déchets liés à la licence, conformément aux exigences du contrat de partage de production. Des estimations préliminaires évoquent un potentiel de production pouvant dépasser 20 000 barils par jour sur une durée de près de 20 ans, des chiffres qui devront toutefois être confirmés à l’issue des campagnes de levés sismiques et des forages d’appréciation.Cette dynamique autour de Bilma intervient après l’accélération des activités sur le bloc de Kafra. Le 13 août dernier, l’Algérie et le Niger ont relancé les travaux avec un programme axé sur le forage de quatre puits d’exploration, débutant par le puits « Kafra Sud-Est 1 ». Couvrant une superficie de 23 737 kilomètres carrés dans le nord du Niger, à proximité de la frontière algérienne, le permis de Kafra fait l’objet de travaux menés par SIPEX depuis 2005. Les investissements réalisés comprennent environ 2 200 kilomètres de sismique 2D, 760 kilomètres carrés de sismique 3D, ainsi que deux puits d’exploration forés en 2018 et 2019. L’objectif de la phase actuelle est d’affiner la connaissance géologique et d’évaluer la commercialité des réserves avant d’engager un plan de développement à plus grande échelle.

Le groupe Sonatrach déploie désormais l’ensemble de son savoir-faire industriel sur le marché nigérien. Le 2 juin 2026, trois mémorandums d’entente majeurs ont été signés entre des entités algériennes et la Sonidep. L’Entreprise Nationale de Géophysique (ENAGEO) s’associe au partenaire nigérien pour les opérations d’acquisition et de traitement des données sismiques. De son côté, l’ENAFOR prépare la création d’une société conjointe avec la Sonidep pour l’exécution des travaux de forage, tandis que Naftal coopère avec la Sonidep dans la distribution des produits pétroliers, la formation, les centres d’enfûtage de gaz de pétrole liquéfié ainsi qu’un projet de stockage et de commercialisation de bitume.Le volet commercial a également franchi des étapes décisives au cours de l’été 2026. Le 14 août, Sonatrach et la Sonidep ont mené leur première opération conjointe de commercialisation du brut nigérien « Meleck » depuis le port de Sèmè au Bénin, acheminé via l’oléoduc d’exportation. Dès le lendemain, 15 août, Sonatrach a entamé les livraisons de carburant pour l’aviation (Jet A1) vers le marché nigérien, produit au niveau de la raffinerie d’Adrar, en exécution d’un contrat de vente et d’achat conclu avec la Sonidep. En parallèle, l’Algérie apporte son expertise dans le suivi des opérations de maintenance, de raffinage et de pétrochimie pour la raffinerie de Zinder, ouvrant des perspectives de services d’ingénierie, d’exploitation et de fourniture de pièces de rechange. Le projet du Gazoduc Transsaharien donne une dimension continentale à cet axe énergétique. Alors que l’Algérie a relancé en juin les travaux sur son tronçon national en direction de la frontière nigérienne, les discussions de Niamey ont permis de planifier le lancement des levés topographiques et des études techniques sur le territoire nigérien. En structurant sa présence autour de Kafra pour l’exploration, de Bilma pour l’extension potentielle, de ses filiales spécialisées pour les services industriels, du négoce pour l’exportation et le raffinage, et du Gazoduc Transsaharien pour l’intégration régionale, Sonatrach transforme sa présence au Niger en un partenariat stratégique et commercial durable.

Amel Driss