Dans une intervention remarquée, le vice-président chargé de la stratégie, de la planification et de l’économie du groupe, Faiçal Réda Laraba, a précisé dans une étude les orientations fondamentales qui guident désormais l’expansion internationale du géant pétrolier algérien.
La vision défendue par le responsable repose sur le principe qu’une présence pérenne en Afrique ne doit plus se limiter à la simple exploration et production d’hydrocarbures, mais s’étendre à l’ensemble de la chaîne de valeur, allant du transport, de la transformation et de la valorisation jusqu’à la commercialisation, la formation et le transfert de technologie. Selon M. Laraba, cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un partenariat d’égal à égal, fondé sur une relation d’État à État qui dépasse les schémas d’investissement traditionnels.Au cœur de ce redéploiement régional, le Niger occupe une place stratégique majeure. M. Laraba a rappelé que Sonatrach est implantée dans ce pays voisin depuis 2005. Sur le périmètre de Kafra, les campagnes de prospection sismique et les travaux de forage menés ces dernières années ont donné des résultats prometteurs, concrétisés notamment par le puits Kafra 1. La nouvelle feuille de route prévoit le forage de quatre puits supplémentaires au cours des deux prochaines années afin d’évaluer avec une précision accrue le potentiel du gisement, préalable indispensable au lancement d’un plan de développement plus ambitieux. Le vice-président de Sonatrach a souligné que le projet de Kafra est appréhendé comme le maillon d’une chaîne industrielle complète englobant la production, les infrastructures, le transport du brut et sa commercialisation.
Pour ce même responsable, le groupe Sonatrach entend mettre à la disposition de ses partenaires africains l’ensemble de son savoir-faire technique et opérationnel. Faiçal Réda Laraba a insisté sur le rôle central de la formation dans cette coopération bilatérale, citant l’implication directe de l’Institut Algérien du Pétrole (IAP) et de la Sonatrach Management Academy (SMA). Ces institutions seront pleinement mobilisées pour former les cadres et les ressources humaines nigériennes en vue d’accompagner les futures étapes de développement du secteur énergétique local.
S’agissant du Gazoduc Transsaharien (TSGP), qui doit relier le Nigeria, le Niger et l’Algérie, Faiçal Réda Laraba a apporté des précisions d’étape majeures. Il a annoncé que les relevés topographiques sur le territoire nigérien doivent débuter en octobre 2026 afin de fixer définitivement le tracé, tandis que le tronçon algérien est déjà défini le long de la route transsaharienne jusqu’au Centre national de distribution du gaz (CNDG) de Hassi R’Mel. Le haut responsable a précisé que ce projet dépasse la seule fonction de transit gazier pour s’insérer dans une vision économique globale capable d’impulser un véritable écosystème industriel dans la région, particulièrement à travers le développement de la pétrochimie, des engrais et du soutien à l’agriculture.
En Libye, Sonatrach poursuit activement ses activités via sa filiale internationale SIPEX. M. Laraba a révélé qu’un plan de développement ciblant plusieurs blocs du bassin de Ghadamès, notamment les blocs 95, 96 et 65, est actuellement en cours de finalisation en vue d’être soumis à la National Oil Corporation (NOC) libyenne.L’un des messages clés délivrés par M. Laraba réside dans la capacité du groupe à exporter un modèle industriel intégré en mobilisant l’ensemble de ses filiales spécialisées. Pour appuyer ses interventions à l’étranger, Sonatrach s’appuie sur le savoir-faire de l’ENAFOR et de l’ENTP pour le forage, de l’ENAGEO pour les études géophysiques et sismiques, ainsi que de SOMIZ et SOMIK pour les prestations de maintenance, sans oublier ses compétences avérées dans le dessalement d’eau de mer et la fabrication d’engrais.
Faiçal Réda Laraba a indiqué que cette dynamique d’expansion et de partage d’expérience fait l’objet de discussions et d’échanges poussés avec d’autres nations africaines, à l’image du Tchad, de la Mauritanie, du Kenya, du Mozambique et du Sénégal, sur des volets couvrant l’exploration onshore et offshore, le gaz naturel et le conseil technique. À travers ces orientations, Sonatrach réaffirme sa volonté de s’imposer comme un moteur de l’intégration énergétique africaine en conjuguant investissement direct, maîtrise technologique et valorisation des compétences continentales.
Rym Hamzaoui






