Invité sur le plateau de l’émission « Objectif 2027 » diffusée sur la chaîne française LCI, l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin s’est longuement exprimé sur la relation mémorielle complexe entre la France et l’Algérie. Souhaitant l’ouverture d’un nouveau chapitre diplomatique, il a appelé à une lecture lucide du passé, tout en fixant une ligne rouge sur la sémantique employée.
Pour Dominique de Villepin, l’heure est à la vérité historique. L’ancien chef du gouvernement affirme avec fermeté que la France doit reconnaître « les drames, les fautes et les crimes » perpétrés lors de la colonisation en Algérie. Il inscrit par ailleurs cette démarche dans une perspective historique plus large, rappelant que des actes similaires ont été commis à Madagascar et dans d’autres pays d’Afrique.
Toutefois, il établit une distinction politique et symbolique majeure : s’il milite pour la « reconnaissance », il se dit catégoriquement opposé à l’idée de « repentance ». Selon lui, ce travail de vérité est avant tout une « priorité de l’action diplomatique de la France » afin de pouvoir écrire une nouvelle page avec le peuple algérien, loin des blocages du passé.Interrogé sur la nécessité pour la France de présenter des excuses officielles, Dominique de Villepin n’a pas écarté, estimant que c’est la voie à suivre. Pour justifier cette position, l’ancien diplomate s’appuie sur le dialogue qu’il entretient de l’autre côté de la Méditerranée : « J’en ai parlé avec le président Tebboune, j’en ai parlé avec de nombreux intellectuels algériens à ce sujet ».Selon son analyse, des excuses formelles de l’État français ne correspondraient pas aux attentes actuelles des Algériens. Pour lui, la société algérienne privilégie aujourd’hui une reconnaissance sincère et factuelle des événements historiques, condition indispensable pour refonder durablement les relations bilatérales.
M.B.






