Hydrocarbures: L’interruption des approvisionnements saoudiens pousse «Orlen» vers l’Algérie !

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Alors que 40 % des besoins du groupe pétrolier « Orlen » sont couverts par Saudi Aramco, la perturbation des livraisons en provenance du Royaume a contraint la compagnie énergétique polonaise à lancer un appel d’offres pour l’achat de pétrole brut de la mer du Nord ou d’Algérie, pour une livraison prévue en octobre 2026. Cela représente une opportunité commerciale directe pour le brut algérien sur le marché du raffinage en Europe centrale.

Citant un trader du marché pétrolier, l’agence de presse britannique « Reuters » a révélé qu’Orlen a lancé, un nouvel appel d’offres pour l’acquisition d’une cargaison de brut de la mer du Nord ou de brut algérien pour une livraison en octobre, en plus d’une demande distincte pour du brut du Guyana livrable en novembre. Les résultats de cet appel d’offres n’ont pas encore été publiés. Ainsi, l’Algérie intègre officiellement la liste des alternatives étudiées par le groupe polonais pour compenser une partie des approvisionnements saoudiens défaillants. Toutefois, cela ne signifie pas encore que le brut algérien a remporté le contrat ni qu’un achat auprès de Sonatrach a été confirmé. L’opération reste au stade de la compétition commerciale entre les différents bruts proposés, selon des critères de prix, de qualité, de coûts de transport et de délais de livraison. Orlen agit dans l’urgence après que Saudi Aramco a informé plusieurs de ses clients européens de l’annulation de cargaisons de brut prévues pour un chargement en septembre. Cela fait suite à la suspension des opérations de chargement au port de Yanbu, sur la mer Rouge, en raison de dommages subis par le pipeline saoudien Est-Ouest. Ce pipeline constitue une artère stratégique transportant le pétrole des gisements de la province Orientale vers la côte de la mer Rouge, permettant à l’Arabie saoudite de contourner le détroit d’Hormuz. Il était utilisé pour rediriger environ quatre millions de barils par jour, soit près de 4 % de l’approvisionnement pétrolier mondial avant son interruption. Des sources du secteur maritime estiment que les stocks de Yanbu ne suffisent à maintenir les exportations que pour une durée de cinq à sept jours. Il reste difficile d’évaluer le nombre exact de cargaisons saoudiennes annulées à destination de l’Europe, ainsi que la durée de la suspension des chargements à Yanbu. Aramco s’est abstenue de tout commentaire, laissant les raffineries européennes dans l’incertitude quant aux dates de livraison de leurs approvisionnements sous contrat. Orlen figure parmi les acheteurs européens les plus exposés à cette perturbation, Aramco étant devenue son principal fournisseur depuis 2022. Cette stratégie avait aidé le groupe polonais à mettre fin à sa dépendance envers le pétrole russe, mais a en contrepartie accru le lien de ses raffineries avec les approvisionnements saoudiens. L’accord stratégique signé entre les deux parties couvrait historiquement environ 45 % des besoins des raffineries du groupe. Selon les données les plus récentes rapportées par Reuters, Aramco fournit actuellement près de 40 % du pétrole d’Orlen. Le groupe exploite des actifs de raffinage en Pologne, en Lituanie et en République tchèque, ce qui fait de la sécurité d’approvisionnement un enjeu dépassant le seul marché polonais pour toucher une partie essentielle du système énergétique d’Europe centrale. Avant de lancer cet appel d’offres incluant le brut algérien, le groupe a acheté plusieurs cargaisons sur le marché spot vendredi et lundi, selon cinq sources du marché. Ces achats ont porté sur des bruts de la mer du Nord tels que « Grane », « Johan Sverdrup » et « Johan Castberg ». Le groupe a également demandé des offres pour le brut américain « WTI Midland » et le mélange kazakhe « CPC ». Cette démarche traduit l’intensification de la concurrence entre producteurs pour remplacer les barils saoudiens. L’inclusion spécifique de l’Algérie offre au brut « Sahara Blend » une vitrine commerciale importante, compte tenu de la proximité des ports d’exportation algériens par rapport à l’Europe (comparativement aux approvisionnements américains ou guyaniens), ainsi que de ses caractéristiques adaptées aux raffineries recherchant un brut léger et très faible en soufre.

Amel Driss

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