Énergie verte: L’Afrique accélère sa transition sous l’impulsion algérienne

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Le paysage énergétique mondial traverse une phase de restructuration profonde dans laquelle le continent africain occupe désormais une place stratégique.

Longtemps perçue comme un territoire dépendant des ressources fossiles ou confronté à des déficits d’infrastructures majeurs, l’Afrique s’affirme progressivement comme l’un des laboratoires les plus dynamiques de la transition énergétique globale. Au cœur de cette dynamique, l’Algérie se positionne en véritable moteur régional grâce à des ambitions renouvelées et à un potentiel naturel exceptionnel qui commence enfin à porter ses fruits. Selon de récents travaux de recherche publiés par la plateforme américaine spécialisée en énergie « Attaqa », l’Algérie s’apprête à connaître une accélération sans précédent de ses capacités renouvelables au cours des prochaines années. Le pays devrait afficher le taux de croissance annuel le plus élevé du continent sur la période allant de 2026 à 2031, franchissant le cap des quarante-deux pour cent par an. Cette progression fulgurante s’explique en grande partie par une volonté politique d’envergure, matérialisée par le lancement d’appels d’offres majeurs pour la production d’énergie solaire à grande échelle, ainsi que par une stratégie ambitieuse orientée vers le développement de l’hydrogène vert. Ce dernier vecteur énergétique suscite un intérêt grandissant, tant il offre la perspective de décarboner l’économie nationale tout en alimentant les marchés internationaux limitrophes. Sur le terrain, la concrétisation de cette feuille de route s’est illustrée par la mise en service de deux centrales solaires d’une envergure inédite sur le sol national, portant la capacité installée immédiate à un niveau record. Cette étape marque le coup d’envoi d’un programme étatique plus vaste qui ambitionne de porter la production photovoltaïque globale à plus de trois gigawatts dans les années à meubler. Jusqu’alors limitée à une production modeste, la matrice électrique algérienne entame ainsi une mutation décisive qui répond à la fois à une hausse de la demande interne et à des exigences environnementales de plus en plus pressantes. Cette dynamique algérienne s’inscrit dans un mouvement plus large qui englobe l’ensemble du continent africain. Globalement, les capacités installées en énergies renouvelables sur le continent devraient connaître une expansion continue, doublant pratiquement leur volume global à l’horizon 2031. Même si l’hydroélectricité continue de représenter le socle historique du mix énergétique africain grâce à des bassins hydrauliques massifs, le secteur solaire s’impose comme le véritable vecteur d’entraînement de cette croissance. D’ici la fin de la présente décennie, la combinaison des filières solaire et éolienne devrait surpasser la production hydroélectrique globale de l’Afrique, témoignant d’une diversification bienvenue des sources de production. Les réussites observées sur le continent révèlent des trajectoires variées et adaptées aux spécificités territoriales de chaque nation. L’Afrique du Sud conserve pour l’instant sa position de meneur en termes de capacité cumulée, tirant parti d’un programme d’enchères publiques particulièrement structuré. L’Égypte mise pour sa part sur l’alliance entre ses vastes gisements solaires et ses corridors éoliens de la mer Rouge pour bâtir des infrastructures de pointe axées sur l’hydrogène. Plus au sud, le Nigeria privilégie l’accès décentralisé à l’électricité en déployant massivement des mini-réseaux photovoltaïques destinés à alimenter les zones rurales isolées. De son côté, le Kenya fait figure d’exemple en exploitant ses ressources géothermiques uniques au monde, visant un approvisionnement intégralement vert d’ici la fin de la décennie. À l’inverse, des nations comme l’Éthiopie disposent d’un potentiel hydraulique gigantesque mais restent bridées par le manque d’interconnexions électriques régionales, soulignant l’importance cruciale des infrastructures de transport de l’électricité. L’émergence de l’Algérie comme leader régional de la croissance verte illustre une prise de conscience globale : l’Afrique ne subit plus la transition énergétique, elle cherche à l’orienter. Les investissements colossaux injectés dans les infrastructures photovoltaïques, couplés aux ambitions scientifiques autour de l’hydrogène, témoignent de la création d’un nouvel écosystème industriel durable. Les défis logistiques et financiers demeurent certes importants, notamment en matière d’intégration des réseaux et de souveraineté technologique. Néanmoins, la trajectoire amorcée par les pays africains confirme que le continent dispose de tous les atouts pour devenir un acteur incontournable de l’énergie propre à l’échelle internationale.

Maria T.

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