Entrepreneuriat africain: Le projet UbuntuSusu prend forme sous leadership algéro-nigérian

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Les pays africains s’engagent dans une phase déterminante pour bâtir leur autosuffisance économique et harmoniser leurs échanges continentaux. L’Association panafricaine des petites et moyennes entreprises (AAASME) a officialisé l’organisation de la gouvernance du Fonds continental d’un milliard de dollars pour les PME, baptisé UbuntuSusu.

 Ce mécanisme ambitieux vise à transformer le paysage entrepreneurial de la région en stimulant l’innovation, le financement structuré et la croissance des jeunes pousses à travers toute l’Afrique. Cette initiative repose sur une gouvernance partagée et représentative des grandes dynamiques régionales. La présidence du fonds est confiée à la Nigeria, leader économique de l’Afrique de l’Ouest, tandis que la vice-présidence, représentant l’Afrique du Nord, est attribuée à l’Algérie en la personne d’Amine Mohamed Boutalbi, président du Centre arabe et africain d’investissement et de développement (CAAID). La réunion inaugurale de cette instance a rassemblé vingt-sept personnalités issues de près de vingt nations, concrétisant une volonté commune d’associer l’ensemble des sous-régions, y compris les diasporas africaines, autour d’objectifs de co-développement.

Le projet UbuntuSusu ambitionne d’être une architecture globale d’accompagnement pour les très petites, moyennes et jeunes entreprises. Le projet entend lever les obstacles historiques auxquels se heurtent les créateurs de valeur sur le continent, notamment la difficulté d’accès aux capitaux, aux technologies de pointe et aux marchés internationaux. En créant des réseaux d’échanges interrégionaux, le fonds facilitera la transition des projets depuis la phase d’idée initiale jusqu’à leur déploiement sur les marchés sous-régionaux et mondiaux. L’implication directe de l’Algérie au sein de ce dispositif témoigne de la maturité de sa politique nationale en matière de soutien aux entreprises innovantes, aux start-up et à la jeunesse entrepreneuriale. En s’appuyant sur ses réformes récentes et sur sa position géographique stratégique, le pays entend jouer un rôle d’interconnexion entre la rive nord du continent et son profondeur subsaharienne. Cette position renforce la mise en œuvre de la Zone de couverture de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en positionnant les petites entreprises au cœur des flux commerciaux et industriels régionaux.

L’orientation stratégique d’UbuntuSusu repose sur une vision pragmatique, résumée par la recherche de solutions africaines élaborées par des compétences locales. Les concepteurs du projet soulignent que l’apport de capitaux ne suffit pas à garantir la pérennité économique sans la consolidation parallèle des capacités humaines, le transfert de savoir-faire et la création de chaînes de valeur interconnectées. L’objectif consiste à mobiliser conjointement les ressources financières continentales, la recherche technologique et l’expertise technique au service d’un écosystème autonome.

Le calendrier fixé prévoit le lancement officiel de la plateforme à l’automne 2026 au siège de l’Union africaine, situé à Addis-Abeba en Éthiopie. Cet événement marquera l’opérationnalisation concrète des mécanismes d’investissement et d’appui aux entrepreneurs du continent. À travers ce partenariat stratégique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, l’initiative UbuntuSusu cherche à poser les bases durables d’une souveraineté économique portée par l’innovation, la finance inclusive et l’esprit d’entreprise.

Meryam M.

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