Sécurité énergétique: L’Algérie s’affirme comme une alternative pour la France 

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Les derniers chiffres publiés par la Direction générale des Douanes françaises dressent un bilan contrasté des échanges extérieurs de la France pour le deuxième trimestre 2026. Le solde commercial français s’est dégradé de 4,6 milliards d’euros par rapport au premier trimestre pour atteindre un déficit de 19,2 milliards d’euros.

Cette détérioration s’explique principalement par la hausse spectaculaire de la facture énergétique, dans un contexte géopolitique mondial perturbé par les tensions au Moyen-Orient et la paralysie temporaire des flux maritimes via le détroit d’Ormuz. Au cours de cette période, les importations françaises ont augmenté de 5,5 % pour s’établir à 181,8 milliards d’euros, tirées vers le haut par les prix élevés des hydrocarbures. Les achats de pétrole brut, de gaz naturel et de produits pétroliers raffinés ont lourdement pesé sur la balance. Le déficit énergétique à lui seul s’est établi à 14,1 milliards d’euros, représentant plus de 57 % du déficit commercial total de la nation sur la période. Le solde net des hydrocarbures naturels accuse une perte de 12,3 milliards d’euros, tandis que les produits raffinés enregistrent un déficit de 3,9 milliards d’euros. En parallèle, l’excédent habituellement solide du secteur électrique s’est tassé pour retomber à 1.3 milliard d’euros. De leur côté, les exportations ont progressé plus modérément (+3,1 %) pour atteindre 162.5 milliards d’euros, portées essentiellement par la dynamique du secteur aéronautique et spatial.

L’élément marquant de ce rapport trimestriel réside dans la recomposition géographique des flux d’approvisionnement. Confrontée à la fermeture et à la volatilité du détroit d’Ormuz, la France a dû réorienter en urgence ses achats de pétrole et de gaz loin du Moyen-Orient. Les données douanières traduisent cette bascule stratégique par une dégradation nette du solde commercial français vis-à-vis de plusieurs pays fournisseurs clés, parmi lesquels l’Algérie, les États-Unis, le Kazakhstan et d’autres nations africaines. Cette détérioration du solde commercial avec l’Algérie témoigne de l’augmentation massive de la valeur des achats énergétiques français auprès de son voisin méditerranéen.

Face à la crise d’approvisionnement globale, la proximité géographique de l’Algérie et la solidité de ses infrastructures gazières et pétrolières en font une alternative immédiate et fiable pour sécuriser l’approvisionnement français et européen. La réalité économique rappelée par la statistique douanière met en lumière les contraintes structurelles de la transition énergétique européenne. Lors de crises internationales majeures affectant les routes maritimes lointaines, les facteurs de proximité géographique et d’infrastructures existantes reprennent une importance capitale dans les arbitrages stratégiques des États importateurs. Dans cette cartographie énergétique réorganisée, l’Algérie réaffirme sa position de partenaire énergétique incontournable dans le bassin méditerranéen.

Rym Hamzaoui

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