Dès que la FAF a délégué un peu de son pouvoir discrétionnaire en sollicitant le Collège technique national dans l’épineux et délicat dossier de l’avenir du sélectionneur national, il était évident qu’elle cherchait le quitus pour valider une décision qu’elle savait pertinemment impopulaire.
« Conformément à la saisine du Bureau fédéral, le Collège technique national s’est réuni en session extraordinaire, ce jeudi 16 juillet 2026, au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa, afin de procéder à une évaluation approfondie du parcours de l’Équipe nationale A au cours des deux dernières années, marqué notamment par sa qualification et sa participation à la Coupe du Monde de la FIFA 2026 », a rapporté la Fédération sur son site officiel.Une porte de sortie dans laquelle les responsabilités sont diluées voire noyées dans une réunion tenue juste pour la forme, malgré des interventions appelant au départ du coach.
Mais elles ne faisaient pas le poids dès que le DTN, Ali Moucer, a affiché la position de son employeur, estimant que les objectifs fixés au technicien suisse sont atteints. A partir de là, tous les arguments appelant à sa destitution tombaient dans l’indifférence générale. C’est visiblement l’objectif recherché par la FAF, une réunion à la liberté de ton incontestable, mais dont les recommandations et les orientations sont arrêtées à l’avance. Le débat était plus pour la forme, le fond du problème étant ailleurs. Une tactique qui a fait ses preuves par le passé. Il est évident que la FAF ne peut pas licencier Petkovic, même si elle le souhaite. Son contrat en béton, prolongé juste avant le début de la Coupe du monde, faut-il le rappeler, la mettait dans une position de faiblesse, car son limogeage aurait été très coûteux pour une institution ayant déjà des difficultés financières.
Dans ce contexte contraignant et difficile, son maintien à la tête de la sélection nationale est incontournable. Le reste n’est qu’une mise en scène. Ce n’est pas une tendance, mais une obligation, quitte à s’attirer les foudres de l’opinion sportive. Mais il y a toujours la possibilité de le forcer à partir d’autant que le courant ne passe plus entre lui et la majorité des joueurs de l’équipe nationale.La reconduction de Petkovic ne signifie pas automatiquement que son staff soit aussi maintenu. D’ailleurs, on évoque un profond remaniement de l’encadrement de l’équipe nationale. Ses collaborateurs pourraient partir, ils seront remplacés par des techniciens locaux, selon les dernières indiscrétions. Petkovic acceptera-t-il de travailler avec des adjoints qui lui seront imposés ?
Ce n’est pas évident. Ce sera peut-être le moyen, un peu retors, il faut l’admettre, pour le pousser vers la porte de sortie. Mais on n’en est pas encore là.La décision sera prise dans les jours à venir, comme le précise le communiqué de la FAF. « Le Bureau fédéral prendra, dans le cadre de ses prérogatives statutaires, les décisions qu’il jugera les plus appropriées, dans l’intérêt supérieur de l’équipe nationale et du football algérien. »
Ali Nezlioui






