Et si un simple collyre pouvait un jour remplacer les lunettes pour corriger la presbytie ? Une société américaine a mis au point des gouttes oculaires destinées à améliorer temporairement la vision de près en agissant sur la pupille.
Une innovation approuvée par la FDA (Food and Drug Administration), qui pourrait arriver sur le marché européen et susciter l’intérêt de millions de personnes concernées par ce trouble. L’œil humain peut différencier près de huit millions de nuances de couleurs. Pourtant, cet organe si avancé ne donne que peu d’informations à notre cortex pour créer une image. Bientôt un simple collyre disponible en Europe pour lutter contre les effets de la presbytie ? Une demande de mise sur le marché a été réalisée en mars 2026 par la société Lenz Therapeutics qui a mis au point le collyre Vizz. Aux États-Unis, celui-ci a déjà été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) en juillet 2025. La presbytie, c’est quoi ? Ce trouble de la vision apparaît vers 40-45 ans et impacte la capacité de l’œil à voir de près. En effet, la capacité d’accommodation de l’œil se réduit progressivement avec le temps. Concrètement, le cristallin, lentille naturelle de l’œil placée derrière l’iris, devient moins souple ce qui réduit sa capacité à changer de forme pour faire la mise au point. Il s’agit d’un processus normal du vieillissement. Vizz est un collyre à l’acéclidine, une substance qui a déjà plusieurs applications ophtalmiques dont le traitement du glaucome. Mais c’est la première fois qu’elle est utilisée pour le traitement de la presbytie. Le principe ? L’acéclidine, un agent myotique, c’est-à-dire que cette substance est capable de provoquer un myosis, soit réduire la taille de la pupille. Cela fonctionne comme un sténopé, décrit Lenz Therapeutics : une très petite ouverture laissant passer la lumière, augmente la profondeur de champ et crée une image plus nette, même de près. C’est l’effet sténopéique. Avec Vizz, la pupille se contracte, devient plus petite en même temps que la vision devient plus nette. Le dispositif s’appuie également sur une stimulation minimale du muscle ciliaire, petit muscle d’accommodation qui permet la mise au point de la vision. De près, il se contracte. De loin, il se relâche. Le collyre ne corrige donc pas la cause de la presbytie mais en compense les effets. Déjà approuvé aux États-Unis par la FDA, le collyre Vizz pourrait offrir une alternative aux solutions optiques classiques pour des millions de personnes concernées par ce trouble de la vision. Selon la promesse du fabricant, le collyre apporte une vision nette de près jusqu’à 10 heures. Il s’applique une fois par jour, une goutte dans chaque œil du même flacon unidose. L’opération est à renouveler deux minutes plus tard. Une vision assombrie peut survenir, de même qu’une irritation, des maux de tête, une hyperémie (accumulation anormale de sang) conjonctivale ou une hyperémie oculaire. Ces effets secondaires seraient légers et transitoires. Toutefois, insiste le fabricant, il faut immédiatement consulter en cas d’apparition soudaine d’éclairs lumineux, de corps flottants ou d’une perte de vision. La FDA précise s’être appuyée sur trois essais cliniques, financés par le fabricant, qui ont démontré l’efficacité et la sécurité de Vizz, pour l’approuver. L’arrivée du produit sur les marchés européens et français ne devrait pas intervenir avant, au plus tôt, 2027.






