Réformes et transformation: Vers une souveraineté économique fondée sur la diversification et le numérique

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L’Algérie s’oriente vers la consolidation d’une souveraineté économique globale reposant sur la valorisation des ressources nationales, la diversification des sources de financement et l’accélération de la transformation numérique. C’est ce qu’ont affirmé, mardi à Alger, ministres, responsables d’entreprises et experts lors de la deuxième édition de l’enquête des dirigeants d’entreprises en Algérie, « CEO Survey Algeria 2026 ».

Organisés au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal par le cabinet PwC, en collaboration avec le Conseil du renouveau économique algérien, ces panels ont réuni membres du gouvernement, dirigeants d’organismes publics et privés ainsi que des experts économiques, autour de la présentation des résultats de l’enquête « PwC CEO Survey ».Dans ce cadre, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a mis en avant la nécessité de diversifier les sources de financement de l’économie nationale, à travers notamment le développement du marché des valeurs et la modernisation du système financier. Il a souligné que la généralisation de la numérisation dans les secteurs des impôts et des douanes contribue à renforcer la transparence et à intégrer davantage de ressources dans les circuits officiels, évoquant également l’intérêt croissant pour les obligations souveraines conformes à la charia comme instruments alternatifs de financement. Pour sa part, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a indiqué que la stratégie nationale de transition énergétique vise à consolider la souveraineté énergétique par l’augmentation de la part des énergies renouvelables et le développement de projets structurants, avec un accent sur la localisation industrielle. Il a précisé que le gouvernement œuvre parallèlement à la maîtrise de l’énergie et à l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’efficacité de la consommation, appuyée par des audits énergétiques globaux, dans une logique de décarbonation du mix énergétique et d’optimisation des performances en matière de production, de consommation et de recyclage. Dans le secteur des hydrocarbures, le ministre d’État, ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a affirmé que le lancement de l’appel « Algeria Bid Round 2026 » traduit la volonté de l’Algérie de proposer un environnement d’investissement transparent et stable, soutenu par un cadre juridique flexible et des procédures simplifiées fondées sur la numérisation. Le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a, quant à lui, souligné que le développement du secteur minier constitue un levier essentiel pour la sécurité alimentaire et industrielle. Il a cité les projets structurants, notamment le phosphate intégré et la mine de Gara Djebilet, illustrant la transition vers la valorisation locale des ressources au lieu de leur exportation brute. Dans l’industrie pharmaceutique, le ministre Ouacim Kouidri a indiqué que l’Algérie couvre désormais 83 % de ses besoins en médicaments, tout en visant à renforcer la recherche, l’innovation et les capacités d’exportation, notamment vers les marchés africains. De son côté, la ministre, Haut-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, a présenté les avancées réalisées dans la construction d’un modèle numérique souverain, fondé sur l’achèvement des cadres législatif et technique et sur le passage à une gouvernance numérique favorisant la localisation de l’innovation et l’émergence d’une économie numérique compétitive. S’agissant du climat des affaires, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, Omar Rekkache, a fait état d’un niveau de confiance positif dans les réformes engagées. Il a précisé que 53 % des projets enregistrés sont en cours de réalisation, tandis que plus de 1.400 projets sont déjà entrés en production. Le président du CREA, Kamel Moula, a estimé que la dynamique actuelle reflète l’efficacité des réformes, lesquelles ont favorisé l’émergence d’un tissu de sous-traitance autour des grands projets. Il a appelé à renforcer la confiance, à développer le système logistique et à améliorer la compétitivité, en inscrivant l’action économique dans une vision stratégique au-delà de 2030. Dans le secteur industriel, le PDG de Tosyali Algérie, Alp Topcuoglu, a annoncé que le pays s’apprête à franchir une nouvelle étape dès septembre prochain avec la production et l’exportation d’aciers de haute qualité. Il a souligné que la transformation de l’Algérie d’un pays importateur à un pôle régional, grâce notamment au projet de Gara Djebilet (Tindouf), permettra une production d’environ 4 millions de tonnes de fer destinées à la valorisation locale. Le directeur associé de PwC, Karim Sassi, a salué la dynamique économique en cours, estimant qu’elle repose sur des réformes profondes et des projets structurants ayant renforcé la résilience de l’économie nationale face aux fluctuations géopolitiques. Enfin, l’expert minier international Marcel Genet a souligné que les importantes ressources énergétiques et minières de l’Algérie constituent un atout majeur pour un positionnement de premier plan à l’échelle mondiale. Il a toutefois relevé que le principal défi réside dans l’exploitation des technologies afin de valoriser ces ressources et de réduire la dépendance aux importations. 

Nora Mohammedi

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