Gaz 51 projets en cours et jusqu’à 20 % des start-up mobilisées: À Oran l’IA et les talents redéfinissent la souveraineté gazière

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 Les travaux du 8e Symposium de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG), qui s’achèvent ce mardi à Oran, ont mis en lumière les mutations profondes du secteur gazier à l’ère de la transition énergétique, en plaçant l’intelligence artificielle (IA), le capital humain et l’innovation au cœur des stratégies de souveraineté énergétique.

À travers plusieurs tables rondes, les experts ont insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement les technologies numériques et de renforcer les capacités humaines afin d’assurer la compétitivité et la résilience du modèle gazier national face aux évolutions rapides des marchés internationaux. La première table ronde, consacrée à « l’innovation, la recherche et développement au service de l’industrie gazière », a souligné le rôle stratégique de la R&D comme levier de réduction des coûts et d’amélioration des performances industrielles. Les intervenants ont affirmé que l’innovation constitue désormais un impératif pour accompagner le développement du secteur, notamment dans les segments du gaz naturel liquéfié et de l’hydrogène vert, appelés à jouer un rôle croissant dans le paysage énergétique mondial. Dans ce cadre, Hassani Selim, directeur du Centre de recherche en technologies des semi-conducteurs énergétiques relevant de la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, a indiqué que 51 projets sont actuellement en cours dans le domaine de la sécurité énergétique, en réponse aux besoins de différents partenaires. À cela s’ajoutent 24 projets supplémentaires dédiés à l’hydrogène vert et au dessalement de l’eau, illustrant l’effort de diversification et d’innovation engagé. De son côté, Chamseddine Moussa, directeur des start-up et des structures d’appui au ministère de l’Économie de la connaissance, a précisé que sur un total de 1 100 start-up labellisées, entre 15 % et 20 % sont actives dans le domaine de la sécurité énergétique, témoignant de l’émergence d’un écosystème entrepreneurial orienté vers les défis énergétiques. La question du capital humain a été au centre d’une autre table ronde intitulée « Capital humain, catalyseur du progrès industriel gazier ». Les participants ont mis en avant le rôle déterminant des compétences dans la transformation du secteur, insistant sur la nécessité d’anticiper les nouveaux métiers générés par les mutations technologiques. Le renforcement des synergies entre l’industrie et les établissements de formation a également été identifié comme un levier essentiel pour garantir la souveraineté industrielle du pays. L’innovation numérique s’est imposée comme un axe transversal des débats, notamment à travers une keynote technique dédiée à l’intelligence artificielle intégrée. Les intervenants ont démontré comment le passage « de la donnée à la connaissance » transforme les modes de gestion et optimise la performance, en particulier grâce au monitoring intelligent des champs pétroliers et gaziers. La transition énergétique a, par ailleurs, structuré les échanges lors de la table ronde consacrée aux « stratégies énergétiques et gazières dans un monde en mutation ». Les experts ont analysé les dynamiques globales des marchés, réaffirmant le rôle central du gaz naturel comme pilier de la sécurité énergétique, tout en soulignant la nécessité d’intégrer progressivement de nouveaux vecteurs, tels que l’hydrogène, dans le mix énergétique national à moyen et long terme. La session de clôture prévoit l’intervention du professeur Kamal Youcef Toumi, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), qui abordera l’avenir de l’industrie gazière à l’ère de l’intelligence artificielle. Son exposé mettra en évidence la complexité croissante du secteur ainsi que l’apport déterminant de la robotique et des systèmes intelligents dans l’optimisation des processus de production. Les travaux se poursuivront avec la présentation de cinq notes de synthèse thématiques par les commissions permanentes de l’AIG, avant une clôture officielle marquée par une synthèse générale des recommandations, confirmant l’orientation stratégique du secteur vers l’innovation, la valorisation du capital humain et l’intégration des technologies avancées.

Sonia Stambouli

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