Union Africaine: Le Conseil de Paix et de Sécurité se penche sur l’intégrité de l’information

0
6

Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine a tenu une réunion consacrée à l’examen du thème : « L’intégrité de l’information, la paix et la sécurité en Afrique ».

L’objectif de cette réunion était d’analyser les répercussions croissantes des phénomènes de désinformation, de fausses nouvelles, de discours de haine et de manipulation de l’information via les plateformes numériques et les applications d’intelligence artificielle, ainsi que leurs impacts directs sur la paix, la sécurité et la stabilité du continent.La rencontre a constitué une occasion de mettre en relief l’importance de « l’institutionnalisation du lien d’interdépendance entre l’information, la paix et la sécurité », tout en soulignant qu’un environnement d’information fiable et responsable représente un pilier vital pour la prévention des conflits et le renforcement de la stabilité continentale. Les participants ont expliqué que le développement rapide des technologies de l’information et de la communication, de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle, s’il offre des opportunités prometteuses, a également généré des menaces non conventionnelles ciblant la sécurité collective des États. Celles-ci se manifestent notamment par la manipulation algorithmique, le déploiement de réseaux transfrontaliers diffusant des contenus trompeurs, les tentatives d’atteinte à la souveraineté des États et d’influence sur leurs sociétés, la fragilisation de la confiance entre les peuples et leurs institutions officielles, la désorientation de l’opinion publique au profit d’agendas cachés, ainsi que par l’alimentation des tensions entre pays et l’atteinte à la cohésion sociale.Lors de son intervention à cette occasion, l’ambassadeur d’Algérie et son représentant permanent auprès de l’Union Africaine, M. Mohamed Khaled, a affirmé que la manipulation de l’information et la désinformation sont devenues un défi sécuritaire transfrontalier nécessitant une réponse africaine commune, fondée sur la coopération et la coordination stratégique. Le représentant de l’Algérie a exposé l’expérience de notre pays, qui est passée de simples réactions défensives à une méthodologie proactive basée sur l’anticipation, la détection précoce, la vérification rapide et la diffusion d’informations fiables. Il a évoqué, à cet égard, les efforts des autorités algériennes dans la mise en place d’un dispositif national de veille et de vérification des faits pour protéger l’intégrité du paysage médiatique et démentir les rumeurs. Il a également rappelé le renforcement de l’arsenal juridique et législatif visant à dissuader la publication intentionnelle de fausses informations portant atteinte à la sécurité et à l’ordre publics, tout en mettant l’accent sur les programmes de sensibilisation et d’éducation aux médias numériques afin de développer l’esprit critique des citoyens, en particulier des jeunes.Sur le plan continental, l’ambassadeur Mohamed Khaled a mis en lumière le rôle pionnier de l’Algérie, illustré par l’accueil à Alger, du 19 au 22 avril 2025, de l’atelier régional organisé par le Comité des services d’intelligence et de sécurité d’Afrique (CISSA), en collaboration avec le Département des affaires politiques, de la paix et de la sécurité de la Commission de l’Union Africaine, sous le thème : « L’impact de la désinformation et des fake news et leurs répercussions sur la stabilité et la sécurité des États ».Cette réunion a été l’occasion de réitérer l’appel à une coopération accrue entre les États, les institutions africaines et les partenaires, en vue de bâtir un espace médiatique plus sûr et plus crédible, soutenant ainsi les efforts de prévention des conflits et de consolidation de la paix sur le continent.À l’issue de la rencontre, le Conseil a adopté un ensemble de recommandations destinées à être incluses dans le communiqué final. En premier lieu figure l’appel adressé à l’Union Africaine pour institutionnaliser l’interdépendance entre médias, paix et sécurité dans sa littérature officielle, en classant la désinformation et les fausses nouvelles parmi les menaces sécuritaires directes intégrées dans le système continental d’alerte précoce et de prévention des conflits. Il a également été recommandé d’élaborer une « stratégie africaine commune » de lutte contre les réseaux transfrontaliers de désinformation, d’en présenter un rapport au CPS, et d’édicter des directives continentales visant à protéger la sécurité nationale et la stabilité sociale.Par ailleurs, les recommandations ont exhorté au renforcement de la coordination sécuritaire et renseignement entre les États membres, ainsi qu’à l’établissement de partenariats stratégiques avec les médias et les plateformes de réseaux sociaux pour la vérification des contenus et la promotion d’un contre-discours. Les recommandations ont aussi englobé l’intégration de l’éducation aux médias numériques dans les programmes scolaires, l’investissement dans les technologies avancées telles que l’intelligence artificielle et la cybersécurité pour détecter les campagnes de désinformation, tout en réaffirmant la nécessité de protéger les journalistes et de préserver la liberté d’expression ainsi que le droit d’accès à une information fiable.

Rym Hamzaoui