Le constructeur automobile allemand BMW s’apprête à signer son grand retour sur le marché algérien et étudie parallèlement la possibilité d’y installer une usine de production.
Selon des informations révélées par la publication spécialisée « Africa Intelligence », le groupe bavarois est sur le point de reprendre ses activités de vente dans le pays après plusieurs années d’interruption consécutives à la réorganisation globale de la politique nationale du secteur automobile. Si la reprise du volet commercial apparaît comme imminente, le projet industriel quant à lui en est encore au stade d’évaluation stratégique.
Pour l’heure, aucune annonce officielle de la part du groupe BMW n’a précisé le montant de cet investissement potentiel, la localisation du site, sa capacité de production future ou les modèles qui pourraient y être assemblés. Aucun partenaire local ni calendrier d’exécution n’ont encore été dévoilés. Il convient donc de distinguer la reprise imminente des opérations de distribution d’un côté, et le projet d’implantation industrielle de l’autre, ce dernier demeurant conditionné par des arbitrages technico-économiques.
Ce projet potentiel s’inscrit dans un cadre réglementaire totalement rénové par rapport au modèle d’assemblage antérieur. Conformément au décret exécutif relatif à l’activité de construction automobile, amendé en mai 2024, tout constructeur de véhicules de tourisme est tenu d’atteindre un taux d’intégration locale minimal de 10 % à l’issue de la deuxième année d’exploitation, de 20 % à la fin de la troisième année et de 30 % au terme de la cinquième année. La réglementation impose également l’intégration ou la sous-traitance locale des opérations de emboutissage, de soudure et de peinture à partir de la troisième année, la fabrication locale du châssis, ainsi que l’introduction d’un modèle électrique dès la cinquième année. L’octroi de l’agrément final reste strictement subordonné à l’obtention préalable d’une autorisation temporaire et à la vérification sur le terrain de la conformité des installations.
L’évolution récente de l’usine Fiat située à Tafraoui offre un aperçu clair des exigences et du rythme de la nouvelle dynamique industrielle nationale. Après avoir produit 17 000 véhicules en 2024, le site a atteint 53 000 unités en 2025, tandis qu’une extension vise à porter sa capacité globale à 135 000 véhicules par an d’ici 2028. Ainsi, si la firme allemande valide son projet d’usine, elle intégrera un écosystème où l’autorisation d’exercer est désormais indissociable d’une production effective, du développement de la sous-traitance et du respect des paliers d’intégration.
À l’échelle internationale, le groupe BMW a livré plus de 2,46 millions de véhicules en 2025, affichant une progression de 0,5 %, les modèles électrifiés représentant plus d’un quart de ses ventes totales. Le constructeur s’appuie déjà sur des infrastructures partenaires dans plusieurs marchés émergents, à l’instar de l’Égypte, ce qui démontre que le modèle de production en partenariat local fait partie intégrante de sa stratégie de déploiement mondial.
L’intérêt manifesté pour la création d’une usine constitue un signal industriel positif, mais ne saurait être assimilé à une décision d’investissement définitive. Les étapes décisives à venir résideront dans la désignation officielle du représentant agréé, le dépôt formiel du dossier d’investissement, l’obtention de l’autorisation préalable ainsi que la précision du site, des partenaires, des modèles visés et des volumes de fabrication. D’ici la concrétisation de ces démarches administratives et techniques, le retour commercial de la marque bavaroise reste l’élément concret le plus immédiat, le volet industriel demeurant une opportunité à l’étude.
Sarah Cheriet






