Réformes et coopération africaine: Aït Messaoudene déploie sa feuille de route pour renforcer la souveraineté sanitaire

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Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a réaffirmé, mardi à Alger, l’engagement de l’Algérie à renforcer sa souveraineté sanitaire à travers la modernisation du système de santé, le développement de la médecine du travail, la relance de la production locale de vaccins et le renforcement de la coopération avec les pays africains.

Cette vision a été au cœur de deux rendez-vous majeurs organisés par le ministère : la présentation du Plan national stratégique de la santé en milieu professionnel 2026-2030 et la rencontre avec le Directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya. À l’occasion du séminaire consacré au lancement du Plan national stratégique de la santé en milieu professionnel 2026-2030, le ministre, dont l’allocution a été lue par le secrétaire général du ministère, Mohamed Talhi, a qualifié ce document de « véritable étape charnière » dans la mise en œuvre d’une nouvelle vision nationale faisant de la prévention un choix stratégique et de la santé du travailleur un pilier essentiel de la protection du capital humain et du développement socio-économique.

Il a souligné que l’État considère la protection de la santé des travailleurs comme un investissement durable, estimant que l’investissement dans le capital humain constitue le fondement d’une économie performante, d’institutions plus compétitives et d’une société plus productive. Fruit d’une large concertation associant plusieurs secteurs, organismes nationaux, experts ainsi que partenaires sociaux et économiques, ce plan vise à adapter le système national de santé au travail aux mutations du monde professionnel, aux nouveaux risques et aux exigences du développement durable. Il repose sur cinq axes stratégiques : la modernisation du cadre juridique et de la gouvernance, le développement de la médecine du travail, le renforcement des ressources humaines et de la formation, la consolidation des dispositifs de prévention, de dépistage et de surveillance des risques professionnels, ainsi que la création d’un système national intégré d’information et de recherche scientifique dans le domaine de la santé au travail.

De son côté, la présidente de la Commission nationale des experts en médecine du travail au ministère, Nora Liani, a rappelé que la médecine du travail en Algérie s’appuie sur un cadre constitutionnel garantissant le droit à la santé en milieu professionnel ainsi que sur un dispositif juridique conforme aux conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ratifiées par l’Algérie. Elle a également souligné que l’intégration de la médecine du travail au sein du système national de santé constitue l’une des spécificités du modèle algérien. Par ailleurs, le ministre de la Santé a reçu le Directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, avec lequel il a examiné les perspectives de coopération entre l’Algérie et cette institution africaine, notamment dans les domaines de la prévention des maladies, de la gestion des urgences sanitaires, de la formation, du transfert d’expertise et du renforcement de la sécurité sanitaire sur le continent. Lors de cette rencontre, M. Kaseya a salué la place qu’occupe l’Algérie sur la scène sanitaire africaine, estimant que les réalisations du pays en font un modèle de soutien aux systèmes de santé et de renforcement de la sécurité sanitaire.

Il a également mis en avant la reconnaissance internationale dont bénéficie l’Institut Pasteur d’Algérie, désigné Centre régional d’excellence pour la biosûreté et la biosécurité en Afrique du Nord, y voyant la confirmation de la qualité des compétences scientifiques et techniques algériennes. Le responsable d’Africa CDC a plaidé pour une plus grande implication de l’expertise algérienne dans les programmes de l’organisation et s’est dit convaincu que l’Algérie poursuivra son rôle moteur dans le renforcement de la coopération sanitaire africaine. Présentant les réformes engagées dans le secteur, Mohamed Seddik Aït Messaoudene a rappelé qu’elles s’inscrivent dans les orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à faire de l’Algérie un pôle régional et africain de référence dans le domaine de la santé. Il a notamment mis en avant le projet stratégique de relance de la production nationale de vaccins porté par l’Institut Pasteur d’Algérie, dans le but de renforcer l’autosuffisance du pays et de consolider sa sécurité sanitaire. Le ministre a également annoncé la création d’une plateforme régionale spécialisée en vaccinologie, qui viendra compléter le futur Centre de Tamanrasset, destiné à devenir un espace régional de formation, de vaccination et de coopération sanitaire au profit des pays africains. Évoquant la modernisation du système de santé, il a cité les efforts engagés pour atteindre le niveau 3 de maturité réglementaire des produits de santé, la création de nouvelles structures spécialisées ainsi que la mise en place d’un système national unifié de normes et de procédures afin d’améliorer la qualité des prestations sanitaires.

Le ministre a également insisté sur l’accélération de la numérisation du secteur à travers la généralisation de la télémédecine, la mise en œuvre de l’identité numérique de santé (INS) du citoyen et le développement d’un système numérique intégré de gestion des stocks de médicaments afin d’assurer leur disponibilité et de renforcer la transparence. Concernant la coopération continentale, il a plaidé pour une approche africaine fondée sur l’intégration des capacités nationales, avec la création d’un marché africain commun des médicaments et des produits de santé ainsi que de plateformes continentales de production et de distribution, dans le but de renforcer l’autonomie sanitaire du continent. À l’issue de leur rencontre, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer et d’élargir leur partenariat afin de soutenir la sécurité sanitaire en Afrique, de développer les capacités africaines de prévention et de réponse aux urgences sanitaires et de promouvoir la production locale de médicaments et de vaccins.

Rym Hamzaoui

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