Psychotropes au Volant: Une véritable menace pour la sécurité routière

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Le voyage peut se transformer en tragédie lorsque la conscience disparaît derrière une dose de drogue, le volant devient alors un outil pour mettre en danger la vie des autres, et la route n’offre pas de seconde chance.

Pendant très longtemps, les drames de la route ont été attribués de façon quasi exclusive au non-respect du code de la route, à la distraction, à l’excès de vitesse ou à la consommation de l’alcool. Aujourd’hui, un facteur encore plus insidieux et dévastateur s’impose dans le paysage statistique des accidents mortels. La consommation de drogues et de psychotropes au volant est devenue l’une des causes les plus graves menaçant la vie et la sécurité des usagers de la route.

L’enquête menée par le Parquet près la Cour de Boumerdès sur le récent drame routier a dressé un constat alarmant. L’association entre l’excès de vitesse, la conduite sous l’effet de substances psychotropes et le mépris des règles de circulation crée une combinaison mortelle sur nos axes routiers. Le véhicule peut dévier de sa trajectoire à cause d’un conducteur ayant perdu le contrôle en une fraction de seconde, mais les douleurs engendrées restent permanentes et inguérissables pour les familles frappées par le deuil.

Dr. Fakrache tire la sonnette d’alarme

Lors de son passage, hier, sur les ondes de la Radio nationale « El Bahdja », la psychologue Dr. Samira Fakrache s’est penchée sur un enjeu majeur de sécurité publique, le danger de la conduite sous l’effet de drogues et les risques méconnus de l’automédication. À travers ses explications, elle a mis en lumière la manière dont ces comportements altèrent profondément les capacités cognitives et motrices indispensables à une conduite en toute sécurité.

« La consommation de substances psychoactives perturbe directement le fonctionnement du système nerveux central. Un conducteur sous l’influence de drogues subit une dégradation importante de sa perception des distances et des vitesses, tout en voyant son champ visuel se rétrécir », a-t-elle affirmé.

Dr. Fakrache enchaîne les explications « le temps de réaction face à un obstacle imprévu s’en trouve considérablement allongé, augmentant de manière critique la probabilité d’accidents graves. » De plus, ces produits provoquent souvent un sentiment trompeur de surconfiance qui incite à des prises de risques inconsidérées sur la route, a-t-elle laissé entendre.

Parallèlement, le médecin a tiré la sonnette d’alarme sur l’usage de médicaments sans avis médical préalable. « Beaucoup d’usagers ignorent que de nombreux traitements courants, tels que les anxiolytiques, les antihistaminiques ou les antalgiques puissants, engagent des effets secondaires redoutables comme la somnolence, les vertiges ou la baisse de vigilance », a-t-elle expliqué. L’automédication, parfois combinée à d’autres substances, amplifie ces perturbations sans que le conducteur n’en prenne toujours conscience avant d’installer derrière le volant.

Qu’il s’agisse de drogues illicites ou de produits pharmaceutiques consommés sans encadrement médical, toute altération des facultés mentales transforme le véhicule en une menace directe pour la vie du conducteur et des autres usagers. La sensibilisation continue et la responsabilité individuelle demeurent les piliers essentiels pour prévenir ces drames routiers pourtant évitables.

La prévention est l’affaire de tous

De son côté, Nadira citoyenne établie dans la wilaya de Constantine souligne que « la lutte contre les drogues et les substances psychotropes ne peut être efficace que si elle repose sur une approche globale associant la prévention, la sensibilisation, le dépistage précoce, la prise en charge et la recherche scientifique. » Pour appuyer sur ses propos, elle a affirmé que cette dynamique a été engagée dans la wilaya d’Annaba, durant les années scolaires 2022-2023, en collaboration avec le Pr. Hocine, médecin-chef du Centre Intermédiaire de Soins en Addictologie (CISA), les équipes de santé scolaire (UDS), le CISA et les unités mobiles (UMP). » Et de poursuivre :« Chaque année, des journées de sensibilisation et de prévention sont organisées au profit des élèves, notamment des collèges (CEM), à travers des conférences, des ateliers éducatifs ainsi que des manifestations sportives et culturelles favorisant un mode de vie sain et la prévention des conduites addictives. » Nadira Ben souligne dans ce sens que « les activités organisées au cours de l’année scolaire 2024-2025 ont été honorées par la présence de.Tarek Kour, directeur général de l’Office National de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie, témoignant de l’intérêt accordé à ces actions de proximité et à l’engagement des acteurs locaux. »Les études épidémiologiques nationales annoncées aujourd’hui constitueront un outil scientifique essentiel pour mieux cerner l’ampleur du phénomène, orienter les stratégies de prévention et renforcer la protection de la jeunesse sur la base de données scientifiques fiables. Pour Nadira « la prévention est l’affaire de tous, famille, école, secteur de la santé, institutions, médias et société civile pour construire un environnement protecteur pour nos enfants et nos adolescents », a-t-elle conclu.

Appel au renforcement de l’arsenal juridique

Face à cette situation dramatique, les experts plaident pour une stratégie alliant prévention et dissuasion. Cela implique le durcissement du cadre juridique et la multiplication des contrôles routiers. Sur le terrain, la Sûreté nationale et la Gendarmerie nationale intensifient déjà leurs opérations pour faire respecter la loi. Ces barrages, organisés à la fois de manière imprévue et périodique, visent à réprimer sévèrement les contrevenants aux règles de sécurité routière tout en impliquant l’ensemble des composantes de la société dans cette lutte vitale. L’excès de vitesse et la conduite sous l’effet de psychotropes continuent de provoquer des accidents mortels au quotidien. Il est temps plus que jamais pour les autorités de frapper fort et d’appliquer une tolérance zéro afin d’endiguer définitivement une hécatombe routière devenue particulièrement alarmante dans le pays. La route doit retrouver sa vocation première d’espace de circulation sécurisé et non de scène de drames évitable.

Le signalement… un acte de citoyenneté

La sécurité routière est l’affaire de tous, et la lutte contre l’inconscience au volant ne repose pas uniquement sur la présence des forces de l’ordre. Chaque citoyen a un rôle à jouer pour préserver des vies et éviter de nouveaux drames sur nos routes.

 À cet égard, les équipes de la Gendarmerie nationale, opérant à travers leur page Facebook « Tariki », ont pu intervenir à maintes reprises grâce aux signalements des citoyens pour arrêter les conducteurs ne respectant pas le code de la route. À titre d’exemple, les éléments de la Gendarmerie nationale ont intercepté, avant-hier, au niveau d’un barrage fixe dans la wilaya de Chlef, un bus en provenance de Batna après avoir été alertés par un passager. Les mêmes services ont relevé plusieurs infractions, le chauffeur ne possédait pas les papiers originaux du véhicule, et le bus se trouvait dans un état déplorable, ne répondant pas aux normes de propreté et de sécurité. Ce geste de signalement est considéré comme un comportement civique remarquable que les services de la Gendarmerie apprécient et encouragent vivement afin de garantir la sécurité de chacun sur les axes routiers. En faisant preuve de vigilance et de responsabilité, les citoyens prouvent que la prévention porte ses fruits lorsque la collectivité se mobilise.

Mohamed B.

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