La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a inauguré lundi à Béchar un centre spécialisé dédié à la prise en charge des personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA), dans le cadre du renforcement des dispositifs d’accompagnement des enfants autistes à travers le pays.
Lors de cette visite, la ministre a rappelé l’intérêt accordé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à cette catégorie de la société, soulignant que l’État poursuit ses efforts pour développer des structures adaptées et améliorer les mécanismes de prise en charge. Elle a indiqué que la création d’un Centre national de l’autisme ainsi que de centres spécialisés dans plusieurs wilayas, notamment à Tipasa, Tébessa, Oran, Alger et Béchar, avait été décidée lors du Conseil des ministres du 1er juin 2025. Mme Mouloudji a annoncé que l’ensemble de ces structures entreront en service dès la rentrée scolaire 2026-2027, parallèlement à d’autres projets de centres et d’annexes actuellement en cours d’aménagement et d’équipement en coordination avec les autorités locales.
Elle a précisé que ces établissements auront pour mission d’assurer une prise en charge globale fondée sur de nouveaux programmes pédagogiques inspirés des références scientifiques internationales, intégrant également l’accompagnement familial ainsi que le soutien psychologique et social. La ministre a également expliqué que le Centre national de l’autisme, dont le décret de création a été promulgué en janvier 2026, jouera un rôle stratégique dans la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du plan national consacré à cette pathologie. Cette structure sera chargée des études, de la recherche, de la formation et de la coordination entre les différents secteurs concernés, notamment dans les domaines du dépistage et du diagnostic.
Dans ce cadre, un nouveau programme pédagogique et éducatif a été élaboré afin d’harmoniser les méthodes de prise en charge dans l’ensemble des établissements spécialisés relevant du secteur public, du mouvement associatif ou du secteur privé. Mme Mouloudji a insisté sur l’importance d’une approche multidimensionnelle associant les volets médical, psychologique, éducatif et social, affirmant que la qualité de la prise en charge dépend autant des infrastructures que de la formation spécialisée des intervenants. Depuis février 2026, plusieurs sessions de formation et ateliers régionaux et nationaux ont été organisés dans différentes wilayas au profit des professionnels du secteur, des enseignants, des associations et des parents d’enfants autistes. Ces formations ont bénéficié à 1.078 participants, tandis que d’autres sessions sont prévues durant les mois de mai et juin. S’étendant sur plus d’un hectare, dont 750 m² bâtis, le nouveau centre spécialisé de Béchar dispose d’une capacité d’accueil de 80 places, d’un internat de 60 lits et d’un encadrement assuré par 23 spécialistes.
En marge de cette visite, la ministre, accompagnée du wali de Béchar, Ahmed Benyoucef, a présidé une journée d’étude à l’Université Tahri-Mohamed de Béchar consacrée à la prise en charge institutionnelle des personnes atteintes d’autisme. Les participants ont débattu des mécanismes d’accompagnement adaptés à cette catégorie de personnes. Mme Mouloudji a également lancé une caravane sanitaire de solidarité destinée aux personnes âgées vivant dans les zones éloignées de la wilaya. Elle a visité le Salon des femmes productrices de Béchar et supervisé le lancement d’un atelier de formation au profit de 12 femmes au foyer sur les techniques de fabrication de savon cosmétique, avec remise d’attestations d’adhésion au programme « Famille productrice ». La ministre a rappelé que ce programme vise à promouvoir l’autonomisation économique des femmes et à les accompagner dans la création d’activités génératrices de revenus afin de renforcer leur rôle dans le développement local.
Dans la commune de Kenadsa, Mme Mouloudji s’est enfin enquise des projets réalisés dans le cadre du programme des Travaux d’utilité publique à haute intensité de main-d’œuvre (TUP-HIMO), supervisé par l’Agence de développement social (ADS). Elle a révélé qu’une enveloppe d’un milliard de dinars avait été mobilisée en 2026 pour financer 589 projets à travers le pays, permettant la création de 5.890 emplois. Une enveloppe supplémentaire de 600 millions de dinars a également été consacrée au financement de 166 nouveaux projets dans le cadre du programme de développement communautaire « DEVCOM ».
Rym Hamzaoui






