À l’occasion du 72e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution de Novembre, la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a prononcé un discours solennel placé sous le thème évocateur de la mémoire environnementale. Ce rendez-vous institutionnel et scientifique a permis de mettre en lumière les répercussions destructrices de la colonisation sur le patrimoine naturel algérien et d’exposer les résultats intermédiaires des travaux de la Commission nationale mixte de la mémoire environnementale. Cette instance s’attelle à rassembler des preuves scientifiques irréfutables, appuyées par des témoignages historiques, afin d’établir la responsabilité pénale de l’occupant et de documenter un écocide méthodique mené au mépris des conventions internationales.
La colonisation française a laissé des stigmates profonds et durables sur la terre algérienne. À travers la politique de la terre brûlée, l’usage d’armes chimiques prohibées comme le napalm, l’immersion des sols sous des millions d’mines antipersonnel et la tenue d’essais nucléaires dévastateurs, le système colonial a délibérément altéré l’équilibre biologique et anéanti le couvert végétal et forestier. Ces actes constituent des violations flagrantes des traités mondiaux environnementaux, à l’instar des conventions de Stockholm, de Ramsar, de Bâle ou encore de la Convention sur la diversité biologique. Les analyses scientifiques menées actuellement visent précisément à caractériser et documenter ces infractions au droit international pour nourrir le dossier de la responsabilité pénale et morale de l’ancien colonisateur. Face à cet lourd héritage, l’Algérie a fait de la résorption de ces séquelles une priorité nationale absolue. Le discours a rendu un hommage appuyé à l’Armée nationale populaire pour son dévouement remarquable et son rôle déterminant dans la sécurisation et la réhabilitation du territoire. Les forces armées ont notamment accompli un travail colossal en déminant les lignes Challe et Morice, neutralisant plus de dix millions de mines et permettant la restitution de plus de soixante-deux mille hectares de terres dépolluées à la vie économique et agricole. De surcroît, des opérations complexes de décontamination des anciens sites d’essais nucléaires coloniaux et de prise en charge des déchets radioactifs sont engagées dans le Grand Sud, notamment dans les régions de Reggane et d’In Ekker à Tamanrasset. Ces efforts majeurs sont déployés malgré le refus persistant de la France coloniale de remettre les cartes officielles répertoriant les zones d’enfouissement de ces substances dangereuses.
Cet hommage aux martyrs et aux moudjahidines s’accompagne d’une réaffirmation de l’engagement national en faveur du développement durable et de la souveraineté territoriale, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a inscrit le renforcement de la mémoire nationale au centre des orientations stratégiques de l’État. En unissant la rigueur scientifique des experts, la compétence des chercheurs et la détermination des institutions nationales, le secteur de l’environnement entend apporter la preuve matérielle et irréfutable des crimes écologiques commis contre la nature, les écosystèmes et l’humanité. L’aboutissement des travaux de la commission mixte constitue ainsi une étape clé pour faire prévaloir le droit, préserver l’environnement et transmettre aux générations futures une terre assainie et protégée.
Amel Driss






