La visite du pape Léon XIV en Afrique, berceau de l’humanité du 13 au 23 avril 2026: Bienvenue en Afrique  afin de favoriser le dialogue des cultures et des civilisations

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Par le Professeur des universités, expert international  Dr Abderrahmane Mebtoul

Le pape Léon XIV effectuera du 13 au 23 avril une tournée en Afrique berceau de l’humanité, qui selon les prospectives, sous réserve d’une bonne gouvernance,  sera la locomotive de l’économie mondiale horizon 2040/2050, expliquant toutes les convoitises,  qui a abrité une multitude de civilisations anciennes et puissantes, bien avant la colonisation, de  l’Égypte antique au nord aux grands empires sahéliens (Ghana, Mali, Songhaï) et aux cités-États swahilies, ayant développé des cultures, des systèmes politiques, du commerce transsaharien et des arts raffinés.

Le pape visitera quatre pays d’Afrique, l’Algérie du 13 au 15 avril 2026, au Cameroun du 15 au 18 avril, l’Angola du 18 au 21 avril et en Guinée Equatoriale du 21 au 23 avril 2026 , ayant  confié vouloir s’y rendre notamment « pour poursuivre le dialogue et tisser des liens entre les mondes chrétien et musulman » Le dialogue des cultures et des civilisations est  nécessaire pour la coexistence pacifique ; A ce titre , pour l’Algérie le pape se recueillera  sur la tombe de  Saint Augustin  éminent théologien et évêque chrétien,  mort le 28 août 430 à l’âge de 75 ans à Hippone (actuelle Annaba) en Algérie, ayant  exercé son épiscopat dans cette ville côtière durant l’invasion des Vandales.

1.-Lors de cette importante visite  le Pape Léon XIV lancera certainement un appel aux  représentants de la société civile, des autorités locales, des gouvernements et des organisations internationales en faveur d’un engagement renouvelé en faveur de la coopération régionale et de la solidarité face aux nouveaux défis notamment  du changement climatique , des disparités socio-économiques et la sécurité tant régionale que mondiale ,l’objectif  étant   de jeter  les bases d’une nouvelle ère  de coopération, fondé sur les valeurs communes de paix, de stabilité et de prospérité  marquant  un engagement historique en faveur du multilatéralisme  afin  d’engager un dialogue sur la manière de construire collectivement un monde plus résilient et plus prospère. Cependant au sein d’un monde de l’audiovisuel et de la communication qui connaît un bouleversement sans précédent, super-médiatisé, avec le développement de l’intelligence artificielle, qui prendront de plus en plus d’importance,  des réseaux sociaux, qui parfois favorisent l’intolérance, les partis traditionnels et les sociétés civiles servent de moins en moins d’intermédiation sociale alors qu’une  profonde restructuration et adaptation  de la société s’impose face aux profondes transformations  où la culture tenant compte des anthropologies spécifiques des sociétés,  est de mon point de vue,  le socle .Le monde est en perpétuels mouvement car  n’existant pas de situation statique  et lorsqu’un État émet des règles qui ne correspondent pas à la réalité de la société, celle-ci émet ses propres règles avec le développement de la sphère informelle ( Voir  notre intervention  à l’ouverture du colloque sur le thème « la Méditerranée des Solutions » à l’invitation de l’Académie de Géopolitique et de l’Institut de recherche, d’innovation et de prospective méditerranéen à Paris le 04 novembre 2023).

2.- Contrairement aux discours extrémistes haineux, le conflit actuel tant bon nombre e contrées du monde qu’ au Moyen Orient , n’est pas une confrontation entre la vision judéo chrétienne et arabo –musulmane du monde. L’histoire millénaire a montré que la symbiose des apports du monde musulman et de l’Occident – Islam, Judaïsme et Christianisme et toutes les autres religions comme le Bouddhisme, pour ne citer que ces grandes religions ont favorisé le dialogue des cultures à travers la tolérance bien que paradoxe, pendant des périodes, nous avons assisté à des guerres de religion à travers l’inquisition la persécution des juifs et les conflits entre protestants et catholiques avec des milliers de morts au nom de la religion. Dans ce cadre, comment ne pas rappeler les actions de l’algérien l’Emir Abdelkader, l’une des plus grandes figures mystiques du XIXème siècle , qui lors des massacres massifs de chrétiens en 1860 en Syrie s’interposa par la force et sauva des milliers de chrétiens les abritant dans son domicile. Cela lui valut une reconnaissance mondiale dont celle du pape Pie IX, le grand cordon de la légion d’honneur de Napoléon III, de la reine d’Angleterre, et bien d ‘autres distinctions, Russie, Prusse et USA. Pour sa visite en Algérie  prévue du 13 au 15 avril ,  première étape ,  de Saint-Augustin à l’émir Abdelkader, les apports de des algériens  à la spiritualité, à la tolérance et à la culture universelle ne peuvent que les prédisposer à être attentifs aux fractures contemporaines.

3..- Comme je l’ai souvent  rappelé dans plusieurs contributions nationales et internationales  depuis plus de deux décennies, dans point de vue partagée par bon nombre d’amis de toutes les tendances, épris de paix et de tolérance , musulmans, chrétiens, juifs, nous dévons combattre le racisme sous toutes ses formes que ce soit la religion, la race, le sexe, et tolérer ceux qui ne croient pas.  La diversité et l’humanisme contre le choc des civilisations  comme l’ ont montré  Amin Maalouf qui a exploré les rencontres entre l’Orient et l’Occident, notamment dans Les Échelles du Levant, mettant en scène des identités complexes et le dialogue interculturel , Charles de Foucauld qui a proposé une approche de l’autre basée sur la fraternité, l’apprentissage linguistique et la vie partagée (approche interreligieuse et interculturelle)  et Léopold Sédar Senghor  qui a promu un « dialogue des cultures » prônant la Civilisations de  l’Universel   par le métissage culturel et la complémentarité des valeurs. L’on devra éviter  devant éviter que   la mondialisation,  détruise les hiérarchies culturelles  nécessitant  d’accepter les différences  et de valoriser la diversité comme une richesse, plutôt que de chercher l’homogénéisation. Je souhaite   que notre monde grâce à une nouvelle gouvernance mondiale ,  en fonction  de son histoire mouvementée depuis des siècles et de ses potentialités actuelles,  trouvera  les ressources morales et psychologiques qui lui permettront, comme il l’a fait maintes fois face à l’adversité, de transcender avec dignité et honneur les rancunes et les haines tenaces.  C’est que l’histoire montre un cycle des civilisations et aucune civilisation n’est supérieure à l’autre, chaque pays devant concilier son authenticité et la modernité et chaque civilisation à travers l’histoire a apporté un plus à l’humanité d’où l’importance du dialogue des cultures. Avec les actuelles tensions géostratégiques , le poids économique croissant des BRICS  nous orientant vers une nouvelle reconfiguration des relations internationales et un monde multipolaire. L’enjeu majeur du XXème siècle sera le continent Afrique qui habitera entre 2030/2040 le quart de la population mondiale, d’où les rivalités des grandes puissances et de certains pays émergents y compris les pays de la Méditerranée pouvant être un pont entre l’Europe et l’Afrique. Il s’agit là de l’unique voie que doivent emprunter les dirigeants de ce monde  afin de transcender leurs différends, vaincre la haine et les peurs qui les habitent, et trouver les raisons de vivre harmonieusement ensemble et de construire, toujours ensemble, le monde de demain.

4 ;- La diversité et l’humanisme  sont les axes directeurs  contre le choc des civilisations devant  éviter  que   la mondialisation ,ne détruise les hiérarchies culturelles  nécessitant  d’accepter les différences  et de valoriser la diversité comme une richesse, plutôt que de chercher l’homogénéisation  et  ce  comme l’ ont montré  Amin Maalouf qui a exploré les rencontres entre l’Orient et l’Occident, notamment dans Les Échelles du Levant, mettant en scène des identités complexes et le dialogue interculturel , Charles de Foucauld qui a proposé une approche interreligieuse et interculturelle de l’autre basée sur  l’apprentissage linguistique et la vie partagé et Léopold Sédar Senghor  qui a promu le  « dialogue des cultures » prônant la Civilisations de  l’Universel   par le métissage culturel et la complémentarité des valeurs. Aussi , se pose cette question cruciale qui engage l’avenir de l’humanité au moment où ce sont les rapports de force qui tendent à façonner les relations internationales :  dans les prochaines années, assistera-t-on à l’intensification des conflits ou à plus de coopération via le dialogue culturel productif  au profit de toute l’humanité ?  Car dans ce monde turbulent et instable en perpétuel devenir, le dialogue des civilisations conditionne notre conscience commune  par  la tolérance, loin de la culture de la haine. C’est que l’ère des confrontations n’a eu cours pendant des siècles que parce que les extrémismes ont prévalu dans un environnement fait de suspicion et d’exclusion.   Or, connaître l’Autre, c’est aller vers lui, c’est le comprendre, mieux le connaître et ce afin de favoriser le dialogue des religions et des  civilisations.  Et c’est dans ce cadre  que s’inscrit la visite du pape  Léon XIV en Afrique.

En conclusion, méditons ces propos de sagesse formulée en 1906 par l’écrivaine britannique Evelyn Beatrice Hall (sous le pseudonyme S. G. Tallentyre) pour résumer la pensée tolérante de Voltaire dans son livre The Friends of Voltaire. « Monsieur je ne suis pas  d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai de toutes  mes forces pour que vous puissiez toujours le dire » La phrase originale en anglais est « I disapprove of what you say, but I will defend to the death your right to say it »

A.M

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