Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Mohamed Hattab, a pris part, hier à Dar es Salaam en République-Unie de Tanzanie, aux travaux de la deuxième session du « Dialogue de Doha sur la mobilité de la main-d’œuvre ». Organisée sous la présidence conjointe de l’État du Qatar et de l’Union africaine, cette rencontre de haut niveau rassemble des représentants des pays africains, des États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ainsi que divers partenaires régionaux et internationaux impliqués dans les questions de régulation du travail. L’objectif central de cette plateforme consiste à intensifier la concertation, à échanger des bonnes pratiques et à promouvoir des mécanismes de coopération capables de concilier les exigences des marchés de l’emploi avec le respect scrupuleux des droits et de la dignité des travailleurs.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre a transmis les salutations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et ses vœux de succès pour les travaux de cette session. Il a souligné l’intérêt stratégique que porte l’Algérie à cet espace de concertation bilatéral et régional, perçu comme un levier pour structurer un partenariat équilibré entre les pays d’origine et les pays d’accueil. L’Algérie plaide pour une gouvernance globale et équitable de la mobilité professionnelle, respectueuse de la souveraineté nationale et des législations internes de chaque État, tout en répondant avec souplesse aux besoins prioritaires du développement économique.
Dans cette optique, l’Algérie réaffirme que la promotion du travail décent et la protection sociale constituent des piliers indispensables de la justice sociale et de la stabilité durable. Le pays a consenti des efforts substantiels pour moderniser sa législation, renforcer la sécurité au travail et moderniser la gestion du marché de l’emploi. Le recours accru à la digitalisation et au développement de plateformes numériques dédiées permet aujourd’hui d’améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande de main-d’œuvre, tout en simplifiant les procédures administratives et en garantissant une plus grande transparence.
Au-delà de la simple gestion administrative des flux migratoires professionnels, l’approche algérienne préconise un investissement continu dans le capital humain. Cela implique le développement et la reconnaissance mutuelle des qualifications académiques et professionnelles entre États partenaires, facilitant ainsi le transfert de compétences, le partage d’expertises et l’intégration réussie des travailleurs. De plus, la sécurisation et la transparence des canaux de transfert de fonds apparaissent comme une dimension clé du dispositif, garantissant que les revenus générés contribuent directement au soutien des familles et au développement socio-économique des pays d’origine.
Face aux mutations rapides du monde du travail causées par la transition numérique, les défis climatiques et les fluctuations économiques globales, le ministre a lancé un appel pour le renforcement de la coopération internationale et l’adoption de solutions pragmatiques. L’Algérie ambitionne de faire du « Dialogue de Doha » une passerelle concrète vers des actions opérationnelles et des partenariats durables fondés sur la confiance réciproque. En mettant son expérience en matière de protection sociale et de régulation du marché du travail au service de la collectivité, le pays réaffirme son engagement en faveur d’une mobilité de la main-d’œuvre conçue avant tout comme un processus humain et un facteur de co-développement.
Hakima Halimi






