Des patients paralysés retrouvent l’usage de leurs mains grâce à la neurostimulation

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Brancher un chargeur de téléphone, saisir des ciseaux, porter une fourchette à la bouche ou mettre une clé dans une serrure… Ces gestes simples du quotidien sont redevenus possibles pour des personnes atteintes de lésions de la moelle épinière.

Ces résultats ont été obtenus grâce à leur participation à un programme de recherche basé sur un système de neurostimulation électrique développé par la société européenne Onward Medical, cofondée par Grégoire Courtine, neuroscientifique français basé à l’École polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse. Réalisée auprès de 65 patients tétraplégiques dans 14 centres de rééducation en Europe et en Amérique du Nord, l’étude publiée le lundi 20 mai dans la revue Nature Medicine montre que 90 % des participants ont bénéficié d’une amélioration significative de la force ou de la précision des mouvements de leurs mains. Les résultats d’Onward Medical dépassent les attentes. Pour le prouver, les scientifiques et les soignants ont analysé et comparé les résultats de tests moteurs – comme mettre des billes dans un pot ou déplacer des objets fins d’un point à un autre – obtenus avant puis après un programme de rééducation classique de 2 mois et à la fin d’un programme classique associé à des séances de stimulations électriques avec l’appareil mis au point par Onward Medical.

Le principe de cet appareil est assez simple. Un boîtier renferme des programmes de stimulations électriques correspondant à celles associées aux mouvements des mains. Il est relié à deux électrodes cutanées posées à l’arrière du cou du patient, au niveau de sa moelle épinière. Le boîtier envoie ses stimulations vers les électrodes qui les transmettent à travers la peau jusqu’aux fibres nerveuses de la moelle épinière lésée. À force d’entraînement, l’efficacité des messages nerveux – envoyés par le cerveau des patients jusqu’aux muscles de leurs mains lorsqu’ils effectuent des gestes précis – se trouve ainsi renforcée. À la fin de l’étude, 87 % des participants estiment que leur qualité de vie s’est améliorée grâce à cette rééducation assistée par l’appareil. Pour certains d’entre eux, les lésions de la moelle épinière provoquées par des accidents (voiture, vélo…) étaient déjà très anciennes. L’un des patients est paralysé partiellement depuis 34 ans. « Les résultats de l’essai ont largement dépassé notre hypothèse d’un taux de réponse de 50 % à la thérapie ARC-EX », a expliqué Chet Moritz, l’auteur principal de la publication, spécialiste de l’ingénierie médicale à l’université de Washington. Cette avancée est donc surtout le fruit de vingt ans de recherche acharnée de Grégoire Courtine, le neuroscientifique français qui est actuellement le directeur scientifique de Onward Medical. Après des tests réalisés sur des animaux, allant jusqu’à restaurer la marche chez des singes paralysés, le chercheur a acquis une réputation internationale. Il travaille en parallèle sur des systèmes de stimulation implantables dans la moelle épinière. En novembre 2023, son équipe a réussi à adapter ses travaux pour un patient atteint de la maladie de Parkinson, qui a retrouvé une marche fluide. Dans la course vers l’autorisation de mise sur le marché, la société européenne a franchi une étape ces derniers mois en déposant un dossier de validation auprès de la FDA, l’agence sanitaire américaine. Les nouveaux résultats publiés dans Nature Medicine devraient contribuer à obtenir l’approbation aux États-Unis avant la fin de l’année 2024, espèrent les représentants de Onward.

Neila M

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