Le produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie a atteint 287,031 milliards de dollars à la fin de l’année 2025, enregistrant une croissance réelle de 3,7 %, pour s’établir à environ 317 milliards de dollars à partir de 2026, selon la fiche « Algérie 2026 » publiée par le Bureau économique et commercial de l’ambassade d’Espagne en Algérie, relevant de l’«ICEX España Exportación e Inversiones ».
Ce document officiel offre aux entreprises espagnoles une vue d’ensemble sur le marché d’une économie comptant plus de 47,4 millions d’habitants, dotée d’une base énergétique solide et de projets d’investissement qui ont renforcé l’intérêt de Madrid pour le commerce et l’investissement sur le marché algérien. La série statistique figurant dans le document indique une progression du PIB algérien, passant d’environ 247,6 milliards de dollars en 2023 à 269,2 milliards en 2024, puis à 287,031 milliards en 2025. Le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) est estimé à environ 882 milliards de dollars, tandis que le revenu par habitant calculé selon la PPA s’élève à environ 18,686 mille dollars. En 2025, la répartition du PIB s’est établie entre les services à hauteur de 45,4 %, les hydrocarbures à 16,8 %, l’agriculture à 13.8 %, le bâtiment et travaux publics à 13,3 %, en plus de l’industrie et des autres activités. Cette structure traduit le maintien du rôle central du secteur de l’énergie, parallèlement à une contribution significative de l’agriculture, de la construction et des services dans l’activité économique. Durant l’année 2025, l’Algérie a enregistré des exportations de marchandises d’environ 44,27 milliards de dollars, contre des importations avoisinant 48,79 milliards, amenant le volume global du commerce extérieur à plus de 93 milliards de dollars. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est stabilisé à 90,7 %, tandis que le taux d’ouverture commerciale a atteint 32,4 %.
Les hydrocarbures ont conservé la tête des exportations avec une valeur d’environ 39,42 milliards de dollars, soit près de 89 % du total. La fiche note également des exportations d’engrais d’une valeur de 1,47 milliard de dollars, d’aluminium pour environ 890 millions, de produits chimiques inorganiques pour 619 millions, aux côtés du cuivre, des fruits, des équipements et des produits en verre. Du côté des importations, les machines et équipements mécaniques arrivent en tête avec environ 7,8 milliards de dollars, suivis par les véhicules et leurs composants pour 5,92 milliards, puis les appareils électriques, les céréales, le plastique, le fer, l’acier et les médicaments. Cette structure fournit aux entreprises espagnoles une cartographie directe de la demande algérienne en équipements industriels, en transports, en intrants agricoles et en produits destinés à la production.
L’UE absorbe 68 % des exportations algériennes en 2025
L’Union européenne s’est positionnée comme la première destination des exportations algériennes avec une part de 53,7 %, tout en fournissant 36,6 % des importations du pays. L’Italie, la France et l’Espagne figurent aux premiers rangs des clients de l’Algérie, tandis que la Chine mène les fournisseurs du marché algérien avec une part de 20,8 %. Les données relatives aux relations bilatérales révèlent un net rebond des exportations espagnoles vers l’Algérie, passant d’environ 861 millions de dollars en 2024 à près de 2,39 milliards de dollars en 2025. En contrepartie, les achats espagnols auprès de l’Algérie ont dépassé 07 milliards de dollars, principalement portés par les approvisionnements énergétiques. Au cours du premier semestre 2026, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont atteint environ 1,47 milliard de dollars, contre des importations d’environ 3,61 milliards. Le taux de couverture des importations espagnoles par leurs exportations est passé de 12,9 % en 2024 à environ 34 % en 2025, puis à 40,5 % sur les six premiers mois de 2026, illustrant l’accélération de la reprise des flux commerciaux. La viande, les résidus des industries alimentaires, les véhicules, les machines et les appareils électriques ont constitué les principales exportations espagnoles vers l’Algérie en 2025. Quant aux importations espagnoles, elles sont restées très concentrées dans les combustibles et huiles minérales, représentant plus de 94 % de ses achats sur le marché algérien, suivies des produits chimiques inorganiques, des engrais, du fer et de l’acier. La balance commerciale a enregistré un excédent important en faveur de l’Algérie, s’élevant à environ 4,8 milliards de dollars en 2025, avant d’atteindre près de 2,15 milliards au cours du premier semestre 2026. Cela reflète le rôle clé que joue l’Algérie dans la sécurité énergétique de l’Espagne, en parallèle du retour des fournisseurs espagnols sur le marché algérien.
Des investissements directs en deçà des échanges commerciaux
En revanche, les flux d’investissements directs sont restés modestes au regard du volume des échanges. La fiche indique que les flux nets d’investissements directs espagnols vers l’Algérie se sont élevés à environ 0,63 million d’euros en 2024 et 0,35 million en 2025, affichant une valeur quasi nulle au cours de la période disponible de 2026. Le stock d’investissement direct espagnol en Algérie a atteint environ 1,38 milliard d’euros, contre 310,82 millions d’euros pour l’investissement algérien en Espagne, d’après les dernières données annuelles disponibles. Les investissements espagnols ont généré 2 200 emplois directs en Algérie, tandis que les investissements algériens en Espagne sont associés à environ 143 emplois. La fiche « Algérie 2026 » tire son importance de sa fonction d’outil officiel d’intelligence économique élaboré par l’organisme espagnol de promotion commerciale pour orienter les entreprises vers les opportunités en Algérie. L’ICEX qualifie l’Algérie de marché stratégique et de porte d’entrée vers le Maghreb et l’Afrique, en s’appuyant sur les projets d’infrastructures, de logement, d’industrie et d’agriculture qui génèrent une demande en équipements, technologies et services. Le document met en évidence une économie algérienne qui poursuit sa croissance en dépassant les 287 milliards de dollars, tandis que les échanges avec l’Espagne ont rapidement retrouvé leur dynamique. Le fossé principal réside toutefois entre un commerce bilatéral se chiffrant en milliards de dollars et des investissements directs limités, ce qui ouvre la voie au passage des entreprises de la simple exportation vers la production et le partenariat industriel au sein de l’Algérie.
Amel Driss






