Au moins 72 militaires marocains identifiés: «EL ESPAÑOL» dénude le plan secret de Rabat pour déstabiliser Cueta

0
72

Dans une enquête exclusive publiée par le journal espagnol « EL ESPAÑOL », signée par le journaliste Gustavo Molina, les services de renseignement de l’armée espagnole révèlent avoir identifié au moins 72 militaires marocains infiltrés à Ceuta. Selon trois rapports classifiés consultés par le média, cette structure d’infiltrés comprend 22 agents des services secrets de Rabat opérant comme cerveaux tactiques, accompagnés de 50 militaires d’active chargés de coordonner les actions sur le terrain au sein de la ville autonome.

Les documents d’investigation décrivent l’armée marocaine comme un véritable centre de gravité destiné à piloter, financer et structurer les implantations informelles créées lors des récentes vagues migratoires. Les services espagnols s’appuient notamment sur une cinquantaine de photographies de ces soldats pour documenter leur présence. Contrairement à la majorité des arrivants, ces hommes logent dans des appartements privés mis à leur disposition, suivent des routines physiques strictes, pratiquent le sport en groupe et reçoivent régulièrement des fonds ainsi que duravitaillement acheminés depuis l’autre côté de la frontière.

L’analyse du comportement de ces agents sur le territoire espagnol a rapidement éveillé les soupçons du Centre national pour l’immigration et les frontières. Alors que les flux initiaux de migrants présentaient des profils variés et désorganisés, les enquêteurs ont repéré un groupe distinct d’hommes âgés de 30 à 45 ans, à la condition physique développée, portant des vêtements neutres et adoptant une discipline militaire rigoureuse. Les rapports soulignent également que certains réservistes marocains se sont volontairement présentés aux autorités espagnoles, confirmant ainsi l’authenticité de leur identité.Sur le plan stratégique, le groupe des 22 agents du renseignement est chargé d’évaluer la capacité de réaction des forces espagnoles et d’identifier les vulnérabilités de la ville autonome. Leurs ordres sont transmis aux 50 soldats infiltrés, qui s’appuient ensuite sur des relais locaux et des réseaux de criminalité pour exécuter les directives sans s’exposer directement. Cette chaîne de commandement clandestine vise à orchestrer diverses actions de déstabilisation, allant d’attaques ciblées et d’incendies jusqu’à la diffusion de fausses informations concernant de futures invasions afin de maintenir un climat de tension permanente parmi la population locale.En parallèle de ces missions d’agitation, ces infiltrés mènent des activités de surveillance et de renseignement militaire. Ils observent, enregistrent et analysent les mouvements, les manœuvres ainsi que les méthodes de patrouille des troupes espagnoles déployées à Ceuta. Face à ce dispositif structuré, des responsables militaires espagnols expriment une vive inquiétude quant à la répétition de ces événements et déplorent l’absence de mesures fermes pour prévenir de nouvelles opérations d’infiltration à la frontière.

L’enquête menée par les agents espagnols a montré que « les vêtements ne correspondent pas à ceux de la plupart des personnes entrées à Ceuta. Elles portent des t-shirts ou des polos de couleurs neutres et discrètes », explique le CENIF.Dans le cadre de cette enquête, le journaliste Miguel Temprano , et le journal « EL ESPAÑOL »ont eu accès aux documents qui le prouvent.Temprano, quant à lui, affirme les avoir enquêtés pendant plusieurs jours et avoir fréquenté les lieux qu’ils avaient l’habitude de visiter. Il aurait ainsi photographié plusieurs des infiltrés présumés impliqués dans les activités suspectes. A ce « centre de gravité » s’ajoute un autre réseau : celui des infiltrés eux-mêmes, chargés de suivre et de surveiller les mouvements de l’armée espagnole.« Nous les avons vus nous suivre, enregistrant également nos manœuvres et nos mouvements. Notre façon de patrouiller. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En creusant un peu plus, nous découvrirons des détails plus complexes à comprendre », souligne-t-il.Pour l’instant, les informations disponibles indiquent que l’un des principaux objectifs du groupe de soldats marocains est de « créer l’ordre et de semer le chaos à Ceuta ».En réponse, le haut gradé militaire, s’exprimant à titre personnel, affirme : « Il y a une tendance claire. En 2021, on a testé les conséquences d’une invasion de Ceuta par un groupe important. Rien ne s’est produit. Aujourd’hui, la situation est la même, et rien n’a bougé. Alors, que se passera-t-il la prochaine fois ? Des mesures sont-elles prises pour l’empêcher ? La réponse est non », conclut-il.

Sarah Cheriet

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici