Une délégation de haut niveau conduite par le ministre fédéral autrichien de l’Économie, de l’Énergétique et du Tourisme, Wolfgang Hattmannsdorfer, entame demain un déplacement officiel de trois jours en Algérie. Accompagnée d’un important parterre d’opérateurs économiques, cette mission stratégique copilotée sur le plan d’affaires par Jochen Danninger, secrétaire général de la Chambre économique fédérale autrichienne ne commence pas en terrain inconnu. Elle vient au contraire consolider un partenariat déjà structuré, fort de conventions industrielles préexistantes et de chantiers d’envergure en phase de concrétisation.
Au total, 23 entités et sociétés autrichiennes font le voyage, couvrant un spectre d’activités névralgiques incluant le secteur énergétique, les infrastructures ferroviaires, la gestion des ressources hydriques, l’industrie lourde ainsi que l’ingénierie financière.Au cœur de cette visite figure le groupe Andritz, dont la présence est adossée à des engagements commerciaux majeurs. L’équipementier autrichien a en effet décroché en avril 2026 un contrat d’envergure, évalué dans la tranche inférieure de plusieurs centaines de millions d’euros, pour la fourniture d’une ligne de production intégrée de papier destinée à l’usine de Général Emballage dans la wilaya de Naâma. Ce projet industriel clé permettra de fabriquer du papier recyclé à partir de matières locales pour alimenter l’industrie nationale de l’emballage. Ce contrat s’ajoute à un accord préalable signé avec la société SNC Kherib et Cie pour l’installation d’une ligne de production de textiles non tissés à Bejaïa. La présence d’Andritz vise ainsi à assurer le suivi opérationnel de ces chantiers, la fourniture d’équipements de numérisation et de maintenance, tout en explorant de nouveaux débouchés dans le traitement de l’eau et l’énergie.Le volet énergétique occupe également une place prépondérante dans cette mission économique, portée notamment par le projet du corridor sud de l’hydrogène (SoutH2 Corridor). Long de 3 300 kilomètres et destiné à relier l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, ce réseau représente un investissement global estimé à 4 milliards d’euros par la Chambre économique autrichienne. Les entités autrichiennes engagées dans ce dossier, telles que VERBUND, VERBUND Green Hydrogen, Gas Connect Austria et TAG, œuvrent aux côtés de Sonatrach et Sonelgaz au sein du consortium ALTEH2A. Les discussions programmées à Alger visent à préciser les aspects techniques et commerciaux liés à la production d’hydrogène vert, à l’utilisation des infrastructures gazières existantes et aux modalités de certification pour le marché européen.Outre l’énergie propre, la délégation compte des acteurs majeurs du secteur pétrolier et industriel à l’image du groupe OMV et de HOT Energy Group, spécialisé dans l’optimisation des gisements et le stockage souterrain de gaz et d’hydrogène. Le secteur des infrastructures et de la mobilité est également représenté par Siemens Mobility Austria, qui capitalise sur son expérience dans la modernisation du réseau ferroviaire algérien, ainsi que par des leaders de la métallurgie, des matériaux de construction et des équipements de levage comme AMAG Austria Metall, RHI Magnesita, EVG et PALFINGER.Les problématiques environnementales et la gestion des ressources en eau constituent un autre axe de concertation, porté par les entreprises GIS Aqua Austria et fluvicon, qui proposent des solutions innovantes de dessalement et de traitement des eaux usées à faible consommation énergétique. Enfin, la gouvernance financière et le soutien au commerce extérieur sont soutenus par la présence de Raiffeisen Bank International, venue discuter des mécanismes de financement des biens d’équipement et des garanties à l’exportation pour accompagner cette dynamique industrielle bilatérale.Rym Hamzaoui






