Deux marchés d’Afrique de l’Ouest retiennent l’attention des exportateurs algériens, à l’instar de la Côte d’Ivoire et le Sénégal. En effet, tous deux sont stratégiques, mais ils n’offrent ni le même volume d’activité commerciale, ni les mêmes capacités industrielles, ni les mêmes possibilités pour les produits algériens. Les comparer permet d’orienter une stratégie d’entrée plus fine.
Au premier trimestre 2022, les importations ivoiriennes ont atteint environ 2 747,9 milliards de francs CFA, contre 1 567,7 milliards pour le Sénégal sur la même période. La Côte d’Ivoire dépasse donc son voisin d’environ 75 %, signe d’un marché d’importation plus vaste. Ces chiffres datent toutefois de 2022.
Dans la construction, la Côte d’Ivoire dispose d’importantes capacités de production de ciment. Elle cherche en revanche à développer sa production locale de céramique, de verre, de peinture et d’équipements sanitaires. Ces segments de finition méritent une analyse précise de la demande et de la concurrence.Le Sénégal possède lui aussi une industrie cimentière, qui exporte vers les marchés voisins. Pour les produits de finition et les équipements industriels, il convient d’étudier les besoins d’importation avant de se positionner.La Côte d’Ivoire combine un vaste marché de consommation et un tissu agroalimentaire diversifié. Les produits algériens transformés, ainsi que les matériaux d’emballage, y représentent des pistes à examiner sous l’angle de la compétitivité.
Le Sénégal entretient déjà des relations commerciales avec l’Algérie, notamment autour du commerce des dattes. Il offre aussi un débouché pour les produits alimentaires transformés, ce qui constitue une base sur laquelle bâtir.La logistique pèse lourd dans la compétitivité. Le port d’Abidjan a traité environ 46,9 millions de tonnes de marchandises en 2025 et joue un rôle de relais commercial vers le Mali et le Burkina Faso. Le port de Dakar demeure la principale porte d’entrée du commerce sénégalais et un point de passage des marchandises en transit vers le Mali. Pour un exportateur, le choix du port influence directement les délais, les coûts et la portée géographique de la distribution.Le financement du commerce extérieur dépend de la présence de banques capables de suivre les opérations. Le Sénégal bénéficie ici d’une présence bancaire algérienne concrète, avec ABS Bank à Dakar. En Côte d’Ivoire, l’installation d’une succursale peut figurer parmi les projets d’expansion de la banque, mais son ouverture n’est pas confirmée à ce jour. Ce point peut peser sur la sécurisation des paiements et la fluidité des transactions.La Côte d’Ivoire l’emporte par le volume des importations et l’activité portuaire. Le Sénégal s’appuie sur des relations commerciales et bancaires algériennes déjà établies, qu’il est possible d’approfondir.Pour les exportateurs, une approche double paraît cohérente : étudier le marché ivoirien pour les matériaux de finition, l’agroalimentaire et l’emballage, tout en renforçant la présence commerciale au Sénégal. Les opportunités ne se mesurent toutefois pas à la seule taille d’un marché. Elles dépendent de la nature de la demande, des prix pratiqués, de l’intensité de la concurrence et du coût d’acheminement des produits jusqu’aux importateurs. Une étude de marché ciblée, produit par produit, reste donc indispensable avant de s’engager.
Rym Hamzaoui






