L’Algérie et la République d’Afrique du Sud ont convenu d’accélérer la mise en œuvre des engagements découlant de leur partenariat stratégique et de passer à la concrétisation de projets tangibles dans les domaines du commerce, de l’investissement, de l’énergie, des mines, de l’industrie, des sciences et de la technologie, tout en adoptant des mécanismes de suivi et d’évaluation garantissant l’obtention de résultats mesurables.
Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion ministérielle coprésidée, ce jeudi à Alger, par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, et son homologue sud-africain, les deux ministres se sont félicités du parachèvement des procédures d’élaboration et de signature du protocole d’accord instituant le mécanisme de suivi ministériel pour l’examen mi-parcours. Ce dispositif sera chargé de veiller au suivi régulier de l’exécution des décisions de la commission bilatérale, ainsi qu’au règlement des questions en suspens convenues, de manière à renforcer l’efficacité de la coopération bilatérale.Les deux parties ont également convenu de lancer les préparatifs de la 8ᵉ session de la Commission mixte bilatérale, prévue à Pretoria sous la présidence conjointe des chefs d’État des deux pays, en mettant l’accent sur des projets prioritaires à même de générer des résultats concrets et mesurables.Les deux ministres ont affirmé leur détermination commune à franchir l’étape de la mise en place du cadre juridique et institutionnel de la coopération pour passer à celle de son exécution effective, conformément à un programme d’action fondé sur des priorités claires, des échéanciers précis et des mécanismes de suivi et d’évaluation.Dans le domaine économique, les deux ministres ont souligné que le commerce et l’investissement constituent la priorité majeure de la prochaine étape, au vu des potentialités disponibles et des complémentarités entre les économies des deux pays.Ils se sont félicités des progrès accomplis concernant la Commission mixte du commerce et de l’investissement et sont convenus de tenir sa première réunion dans les plus brefs délais, parallèlement à l’activation du Conseil d’affaires créé en 2023, à l’encouragement des missions d’affaires mutuelles, à l’organisation d’une exposition de produits algériens à Johannesburg et au renforcement des contacts directs entre opérateurs économiques et chambres de commerce.Les deux parties ont également convenu d’explorer les opportunités de partenariat dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture, des industries agroalimentaires et pharmaceutiques, des transports et de la logistique, des infrastructures, de l’économie numérique et des start-ups, tout en saluant les discussions à venir concernant le jumelage entre le port de DjenDjen et le port de Durban.Dans le même contexte, les deux ministres ont souligné l’importance de la ligne aérienne directe entre Alger et Johannesburg, et son rôle dans la facilitation des déplacements des hommes d’affaires, des investisseurs, des étudiants et des chercheurs, outre les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour développer les échanges commerciaux et les chaînes de valeur régionales.Sur le plan de la coopération énergétique et minière, les deux parties ont souligné l’importance de développer des partenariats pratiques englobant le gaz naturel, le gaz naturel liquide (GNL), les industries pétrochimiques et les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et l’hydrogène vert, ainsi que l’efficacité énergétique et le stockage de l’énergie.Les deux parties ont également exprimé un intérêt commun pour le renforcement de la coopération dans le domaine des ressources minérales, à travers l’exploration, la transformation et la fabrication locales, le transfert de technologie, le développement de la recherche géologique et la formation spécialisée, contribuant ainsi à l’édification de chaînes de valeur industrielles africaines et à une meilleure valorisation des richesses naturelles du continent.Les deux ministres ont invité les entreprises et les opérateurs économiques des deux pays à poursuivre les consultations et à intensifier les visites techniques mutuelles pour identifier des projets réalisables, en tirant profit des expertises et des capacités dont disposent les deux parties.Dans le domaine des sciences et de la technologie, les deux ministres se sont félicités des discussions en cours concernant la conclusion d’un protocole d’accord entre l’Académie algérienne des sciences et des technologies et l’Académie sud-africaine des sciences. Ils ont encouragé le développement de projets de recherche conjointe, l’échange d’étudiants et de chercheurs, ainsi que le renforcement des partenariats dans l’intelligence artificielle, les technologies numériques, la biotechnologie et l’innovation.Ils ont en outre réaffirmé l’importance du patrimoine historique commun issu de la lutte de libération, de l’anticolonialisme et de la lutte contre le régime d’apartheid, tout en encourageant les initiatives culturelles, intellectuelles et académiques visant à perpétuer cette mémoire partagée.
Sur les plans régional et international, les deux parties ont souligné leur attachement à la Charte des Nations Unies, au droit international et au multilatéralisme, tout en réitérant leur soutien à la réforme du système de gouvernance mondiale afin de garantir une représentation africaine équitable, notamment au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et des institutions de Bretton Woods.Elles ont également renouvelé leur soutien au droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement de son État indépendant et souverain, ainsi qu’au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions et principes pertinents de l’ONU et de l’Union africaine.
Les deux ministres ont affirmé que le succès du partenariat algéro-sud-africain se mesurera à sa capacité à traduire le rapprochement politique en projets pratiques et en résultats mesurables, en accordant la priorité aux projets stratégiques, en définissant des échéanciers clairs, en intensifiant la coordination entre les institutions concernées et en assurant la présentation de rapports réguliers aux ministères des Affaires étrangères des deux pays.
Sonia Stambouli






